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Robert Laffont
EAN : 9782221258156
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Six pieds sur terre

Collection : L'Incendie
Date de parution : 26/08/2021

Rentrée Littéraire 2021
« Sans même s'en rendre compte, on marche vers ce qui nous rend vivant. »
Le premier roman de littérature générale d’Antoine Dole, alias Mr Tan, auteur de la série jeunesse phénomène Mortelle Adèle.

Sans le savoir, Camille et Jérémy marchent l’un vers l’autre depuis leur naissance. Devenus adultes, ils s’aiment sans parvenir à être heureux ensemble, Jérémy s’efforçant de cacher à Camille les ombres qui le hantent. Le jour où Camille lui confie le désir de porter leur enfant, Jérémy ne parvient plus...

Sans le savoir, Camille et Jérémy marchent l’un vers l’autre depuis leur naissance. Devenus adultes, ils s’aiment sans parvenir à être heureux ensemble, Jérémy s’efforçant de cacher à Camille les ombres qui le hantent. Le jour où Camille lui confie le désir de porter leur enfant, Jérémy ne parvient plus à tenir debout face aux possibles sur le point de s’écrire. La perspective de devenir père convoque lentement toutes les morts, car comment donner la vie quand on peine soi-même à trouver sa place parmi les vivants ?

Retrouvez toute la Rentrée Littéraire Robert Laffont ici : http://rentreelitteraire.robertlaffont.com/
 

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EAN : 9782221258156
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Virginieriaute Posté le 11 Novembre 2021
    Roman noir, à ne pas lire un jour de vague à l’âme, la vague t’emporterait. La culpabilité… putain de cancer de l’âme. Les toubibs, les analyses sanguines, les IRM, personne ne voit rien. Toi, t’as même pas les mots pour expliquer le mal être. Qu’on t’ait éduqué sur ses bases ou qu’on n’ait pas trouvé les mots, petit, pour t’en débarrasser quand le drame te tombera dessus, la culpabilité s’imprègnera de toi, de ta volonte, elle bouffera ta joie morceau par morceau, gangrènera ton cœur et ton esprit, s’insinuera dans chaque pore de ta peau, et c’est si facile d’y revenir, dès qu’un soleil tentera d’éclairer et de réchauffer un peu ton cœur, tu fouilleras dans les plaies, tu gratteras et tout suintera, les blessures te brûleront et te consumeront et là, tout s’éteindra, tout deviendra terne et gris, mort, juste un cœur battant, le reste six pieds sous terre. Dépression. Quel nom bizarre. Comme si un organisme gonflé à son maximum d’un coup, se dépressurisait, se vidant de tout ce qui le maintient en vie : joie, bonheur, espoir, respect de soi… La dépression qui te rend si égoïste, tu souffres tellement qu’elle prend toute la place, seule ta... Roman noir, à ne pas lire un jour de vague à l’âme, la vague t’emporterait. La culpabilité… putain de cancer de l’âme. Les toubibs, les analyses sanguines, les IRM, personne ne voit rien. Toi, t’as même pas les mots pour expliquer le mal être. Qu’on t’ait éduqué sur ses bases ou qu’on n’ait pas trouvé les mots, petit, pour t’en débarrasser quand le drame te tombera dessus, la culpabilité s’imprègnera de toi, de ta volonte, elle bouffera ta joie morceau par morceau, gangrènera ton cœur et ton esprit, s’insinuera dans chaque pore de ta peau, et c’est si facile d’y revenir, dès qu’un soleil tentera d’éclairer et de réchauffer un peu ton cœur, tu fouilleras dans les plaies, tu gratteras et tout suintera, les blessures te brûleront et te consumeront et là, tout s’éteindra, tout deviendra terne et gris, mort, juste un cœur battant, le reste six pieds sous terre. Dépression. Quel nom bizarre. Comme si un organisme gonflé à son maximum d’un coup, se dépressurisait, se vidant de tout ce qui le maintient en vie : joie, bonheur, espoir, respect de soi… La dépression qui te rend si égoïste, tu souffres tellement qu’elle prend toute la place, seule ta souffrance compte, les autres, les proches, tu t’en tamponnes. Une écriture forte, douloureuse, si prégnante, si immersive qu’elle t’engloutit avec elle. T’es collé à cet état en fin de vie, et ça rabâche, ça te serine, tu te sens oppressé par ce mal être ambiant. Flashs sur tes propres démons, vibrations sur tes cordes sensibles, tu suffoques, tu étouffes. L’écriture est d’une rare sincérité , brute, courageuse et elle t’emporte, ah ça oui, elle t’emporte avec elle. Je me suis rappelé pourquoi à des moments de profonde détresse je n’ai jamais répondu aux appels des sirènes médicamenteuses. Peut-être avais je trop vu de Lexomil, Tranxene, et autres Stilnox comme des panacées sans pourtant voir celle qui les croquait jamais totalement heureuse. Je me suis posé la question par ailleurs : est ce le drame et la culpabilité qui ont provoqué ce mal de vie en Jeremy, ou n’était-il pas génétiquement programmé ? L’écriture est sublime, intense, violente, tout est pesé, posé, placé. Les métaphores se télescopent. Il y en a tant que parfois elles se sont diluées dans le récit. J’ai dû quelques fois y revenir et j’en ai probablement manqué certaines. C’est peut-être l’unique point faible de ce roman si fort. Mais qui peut le plus peut le moins, n’est-il pas ? Ouvrir des portes ouvertes et montrer, tout le monde sait le faire. Suggérer et magnifier, la liste des auteurs raccourcit sensiblement. Cette plume sombre et délicate, à fleur de peau, dont le style singulier n’est pour moi qu un filtre, une couverture de pudeur, une manière de poser une distance sur les maux, a remporté mon adhésion. J’ai accompagné les personnages jusqu’à la dernière lueur d’espoir. J’ai lu la série BD Un combat ordinaire de Manu Larcenet juste après, sans le faire exprès, je suis restée dans l’ambiance de cette lutte quotidienne, permanente, mais où renaît l’espoir. Résumé ( parce qu’on me le demande souvent ): Camille et Jeremy ont marché côte à côte depuis leur naissance. Ils s’aiment sans parvenir à être heureux ensemble. Camille s’est fait une place discrète dans la vie de Jeremy, parce qu’on lui a appris depuis toute petite à réparer les choses, à réparer les gens. C’est un caméléon, les sauts d’humeur de Jeremy l’ont façonnée, elle avance tout en prudence et en hésitation, discrète, mais ne faillit pas, ne faiblit pas. Il met de la distance, il tire sur l’élastique, Camille est un boomerang, elle retrouve sa main, amour inextinguible, une évidence. Camille désire porter leur enfant. La perspective de devenir père convoque lentement tous les morts. Comment donner la vie quand on peine soi-même à trouver sa place parmi les vivants ?
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  • diablotin0 Posté le 6 Novembre 2021
    Ce livre m'a bouleversée, tant par la beauté de l'écriture que par la vie de Camille et Jérémy. Ces deux jeunes gens ne sont pas légers, ils portent un fardeau, un lourd fardeau. Camille a toujours vécu seule avec sa maman bipolaire, son père est inexistant, c'est elle qui va devoir prendre le rôle de mère. Jérémy, quant à lui a eu une arrivée au monde très compliquée. Impossible pour sa mère de ressentir de la joie. Lorsqu'il a 15 ans, sa mère meurt ce qui plonge Jérémy dans un grand chagrin et renforce son mal de vivre. Ces deux êtres meurtris, fragilisés par des mères qui ne savent pas, n'arrivent pas à être mère vont se rencontrer et s'aimer. Alors oui, comme on peut s'y attendre, ce n'est pas la fête, ce n'est pas un amour exaltant, un amour heureux , il y a une lourdeur, la pesanteur est visible palpable. Que c'est bien écrit, c'est un vrai plaisir de découvrir cette plume. Lorsque Jérémy apprend ce qui est arrivé à sa mère et qu'il s'adresse à elle, j'ai eu des frissons par tant de beauté!!! c'est beau, profond. Chaque mot est choisi avec soin chaque mot a... Ce livre m'a bouleversée, tant par la beauté de l'écriture que par la vie de Camille et Jérémy. Ces deux jeunes gens ne sont pas légers, ils portent un fardeau, un lourd fardeau. Camille a toujours vécu seule avec sa maman bipolaire, son père est inexistant, c'est elle qui va devoir prendre le rôle de mère. Jérémy, quant à lui a eu une arrivée au monde très compliquée. Impossible pour sa mère de ressentir de la joie. Lorsqu'il a 15 ans, sa mère meurt ce qui plonge Jérémy dans un grand chagrin et renforce son mal de vivre. Ces deux êtres meurtris, fragilisés par des mères qui ne savent pas, n'arrivent pas à être mère vont se rencontrer et s'aimer. Alors oui, comme on peut s'y attendre, ce n'est pas la fête, ce n'est pas un amour exaltant, un amour heureux , il y a une lourdeur, la pesanteur est visible palpable. Que c'est bien écrit, c'est un vrai plaisir de découvrir cette plume. Lorsque Jérémy apprend ce qui est arrivé à sa mère et qu'il s'adresse à elle, j'ai eu des frissons par tant de beauté!!! c'est beau, profond. Chaque mot est choisi avec soin chaque mot a son poids et c'est tout simplement magnifique ! Ce livre nous offre un grand moment. Nous sommes pris dans un tourbillon d'émotions dans lequel je me suis sentie happée. Camille m'a touchée mais je dois dire que Jeremy m'a bouleversée. J'ai ressenti pour lui une grande envie d'être à ses côtés des sa première heure de vie. C'est le genre de roman pour lequel je n'arrive pas à exprimer tout ce que je ressens, je vais donc me contenter de dire que c'est un coup de coeur.
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  • Alexmotamots Posté le 1 Novembre 2021
    J’ai aimé suivre Camille et Jérémy depuis leur naissance ou presque : enfant, à 15 ans puis plus tard. J’ai été intriguée par cette tâche au plafond qui ne cesse de grandir. L’histoire de Jérémy m’a parlé, même si la mienne n’est pas totalement identique. Une lecture qui m’a mis des poisson d’eau dans les yeux et m’a un peu permis d’y voir plus claire. Des citations : Il a ce pouvoir, à force de nuits de larmes et de désespoir ami, de plonger dans les ténèbres et de savoir en ressortir. (p.189) On se faufile. On évite. On esquive. Oui, on fait ce que l’on peut avec ce que l’on a. On fait avec les autres, le mal qu’ils nous font, la peine qu’ils nous infligent, leur souvenir en nous. On garde leurs empreintes. Un jour ils font partie de nous. On n’en souffre plus. Ce n’est pas facile, ça ne le sera jamais. Mais ça vaut tout ce mal qu’on se donne. Se sentir plus vivant que mort. On mesure l’un et l’autre : cette part de ténèbres en nous et ce qui la soulage. Jusqu’à une certitude. Une infime et intime vérité qui transperce le voile obscur. La force qui traverse ce monde.... J’ai aimé suivre Camille et Jérémy depuis leur naissance ou presque : enfant, à 15 ans puis plus tard. J’ai été intriguée par cette tâche au plafond qui ne cesse de grandir. L’histoire de Jérémy m’a parlé, même si la mienne n’est pas totalement identique. Une lecture qui m’a mis des poisson d’eau dans les yeux et m’a un peu permis d’y voir plus claire. Des citations : Il a ce pouvoir, à force de nuits de larmes et de désespoir ami, de plonger dans les ténèbres et de savoir en ressortir. (p.189) On se faufile. On évite. On esquive. Oui, on fait ce que l’on peut avec ce que l’on a. On fait avec les autres, le mal qu’ils nous font, la peine qu’ils nous infligent, leur souvenir en nous. On garde leurs empreintes. Un jour ils font partie de nous. On n’en souffre plus. Ce n’est pas facile, ça ne le sera jamais. Mais ça vaut tout ce mal qu’on se donne. Se sentir plus vivant que mort. On mesure l’un et l’autre : cette part de ténèbres en nous et ce qui la soulage. Jusqu’à une certitude. Une infime et intime vérité qui transperce le voile obscur. La force qui traverse ce monde. L’énergie qui l’emporte, le secoue, le bouscule et l’agite. Et soudain le calme qui l’éclaire. (…) Et sans l’avoir vraiment voulu, sans y avoir pensé, sans savoir comment, on se teint debout, la main dans quelque chose de plus grand que sa douleur. (p.251-252) C’est dingue ce qu’une brèche peut infliger de dommages et d’avaries. Jusqu’à ce qu’on la trouve, qu’on la nomme, qu’on fasse le nécessaire. (p.254) L’image que je retiendrai : Celle de Camille toujours présente avec Jérémy, quelque soit ses rebuffades.
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  • audelagandre Posté le 25 Octobre 2021
    «#8201;Vue de loin, elle est séduisante cette vie, pleine de serments, d’envies et de désirs. Mais, si on plisse les yeux, et si on s’attarde sur les détails, si on se rapproche d’un peu trop près, on voit à quel point elle est moche et méchante. Des mensonges plein les jours qu’elle égrène. Des promesses qu’elle ne tiendra jamais. C’est vivre qui nous tue, oui. C’est vivre qui nous tue. Parce qu’on souffre et elle s’en fout, cette vie, que l’on s’accroche ou non.#8201;» Remontons aux sources, avant que Camille et Jérémy ne se rencontrent… L’une répare les vivants, l’autre vit dans l’ombre des morts. Jérémy perd sa mère brutalement. Dès le moment précis de sa mort, «#8201;Il pilote un corps dans lequel plus rien ne bat#8201;». Au moment de sa naissance, Odile sa mère ressentait aussi un phénomène singulier «#8201;Quelque chose s’est comme décroché, à l’instant même où ce bébé est né, pour ne laisser que la certitude qu’il était impossible de lui survivre.#8201;» Comme si, un lien invisible d’une incapacité à vivre s’était transmis de mère en fils. Jusqu’à ce jour où, Jérémy apprend effaré les véritables causes de la mort de sa mère. Commence alors une lente... «#8201;Vue de loin, elle est séduisante cette vie, pleine de serments, d’envies et de désirs. Mais, si on plisse les yeux, et si on s’attarde sur les détails, si on se rapproche d’un peu trop près, on voit à quel point elle est moche et méchante. Des mensonges plein les jours qu’elle égrène. Des promesses qu’elle ne tiendra jamais. C’est vivre qui nous tue, oui. C’est vivre qui nous tue. Parce qu’on souffre et elle s’en fout, cette vie, que l’on s’accroche ou non.#8201;» Remontons aux sources, avant que Camille et Jérémy ne se rencontrent… L’une répare les vivants, l’autre vit dans l’ombre des morts. Jérémy perd sa mère brutalement. Dès le moment précis de sa mort, «#8201;Il pilote un corps dans lequel plus rien ne bat#8201;». Au moment de sa naissance, Odile sa mère ressentait aussi un phénomène singulier «#8201;Quelque chose s’est comme décroché, à l’instant même où ce bébé est né, pour ne laisser que la certitude qu’il était impossible de lui survivre.#8201;» Comme si, un lien invisible d’une incapacité à vivre s’était transmis de mère en fils. Jusqu’à ce jour où, Jérémy apprend effaré les véritables causes de la mort de sa mère. Commence alors une lente descente aux enfers dans laquelle Jérémy ne cesse de se dire «#8201;(…) tu ne lui as pas donné envie de continuer à vivre#8201;».Camille est une petite fille qui vit dans l’anticipation, et dans l’action. «#8201;Elle est ce genre d’enfant qui s’épuise à ce que rien d’inévitable ne puisse arriver#8201;». Depuis sa naissance, elle est un «#8201;écran de douceur pour rendre la douleur acceptable.#8201;» Elle est celle qui sauve, celle qui remplit les vides, celle qui répare les choses cassées. Sans le savoir, ils marchaient l’un vers l’autre. La vie les a fait se percuter. Ils sont antinomiques, Camille est le négatif de Jérémy, «#8201;une anomalie#8201;» dans sa vie. Et pourtant… en son for intérieur, cette héroïne juchée sur une licorne imaginaire devait savoir que rien n’est irréparable, et qu’à force de patience, de silences, de faire comme si sans jamais élever la voix, elle parviendrait à réparer Jérémy, cette petite chose fragile toute cassée. Camille a servi de mère à sa propre mère, elle peut aussi servir de mère et de père à Jérémy. Grâce à ses super pouvoirs, elle peut même être mère d’un bébé à venir tout en étant mère de Jérémy. Ce moment devait arriver… celui où, une jeune femme en âge de devenir mère désire ardemment le devenir à son tour. Jérémy se retrouve alors devant un indicible dilemme : devenir père alors qu’il n’a eu ni père ni mère et qu’il n’a plus aucune envie de vivre… À l’image de son désarroi, une tâche d’abord minuscule grandit de façon effrayante et se propage sur le plafond de son appartement, comme elle se propage à l’intérieur de son esprit. Malgré cette dépression chronique dans laquelle il est enfermé depuis le décès d’Odile, il analyse avec clairvoyance sa relation avec Camille. «#8201;Il sait depuis leurs tous débuts qu’elle ne sortira pas indemne de lui, il croyait pouvoir amortir les chocs. Mais elle est le mannequin du crash test, lui le mécanisme qui propulse le véhicule contre le béton.#8201;» Comment envisager de donner la vie lorsque la vie pèse autant#8201;? Lorsque cette idée omniprésente d’y mettre fin prend toute la place#8201;? «#8201;Il aimerait disparaître, semer les sensations qui l’envahissent peu à peu, trouver refuge dans une fin discrète.#8201;» Commence alors pour Jérémy une lente descente en enfer, obnubilé par sa mort et la peine qu’il inflige à cette femme. Antoine Dole décrypte avec justesse et précision tous les mécanismes, les émotions et les conséquences de la dépression. Il scrute les sensations, les raisonnements, met en balance les tentatives de s’accrocher à une branche et les envies de se laisser aller. Il analyse avec finesse comment Jérémy déambule sur le chemin de la rancune envers sa mère, à la compréhension de son acte. Il explore les maigres possibilités de revivre après avoir été psychologiquement mort pendant trente ans. De six pieds sous terre, il creuse un tunnel vers la surface pour passer de sous à sur, par petites pelletées, jusqu’à ce que la lumière du jour finisse par jaillir. «#8201;On ne change pas un matin. Il n’y a pas de métamorphoses. On a ces matériaux en nous. On a la glaise, le bois, la pierre. La chair, le sang, la matière tendre. On est le fruit et le pépin, la branche autant que la racine.#8201;» La dépression de ne soigne pas avec des «#8201;bouge-toi#8201;», «#8201;pense à autre chose#8201;», «#8201;secoue-toi et arrête de geindre#8201;», la dépression est une maladie qui envahit tout, transpire par tous les pores de la peau, cannibalise le cerveau, annihile toute envie et toute action. L’écriture d’Antoine Dole est magnifique de justesse, profonde, parfois lyrique pour exprimer l’absence d’envie de vivre, une synthèse parfaite des aspects toxiques de la personne dépressive, incapable d’esquisser le moindre commencement de lutte pour que cela change, la paralysie, la douleur d’être ce que l’on est, le supplice de faire vivre à l’autre un enfer. J’ai été extrêmement touchée par ce texte, peut-être parce l’envie de vivre n’est pas toujours la plus forte et que ce sont les autres, souvent, qui vous tirent vers le haut. Camille, petite combattante du quotidien, sans armes et sans remèdes, se contente d’être là. Par cette seule présence, c’est par elle qu’arrive la lumière, elle qui était vouée à être quittée, chassée, enterrée. Antoine Dole écrit comme il plante une flèche en plein cœur : ça fait mal, mais ça fait aussi du bien. L’existence n’est pas linéaire, chacun y pénètre avec un bagage plus ou moins pesant et chacun s’y débat comme il peut. Parfois, l’autre est celui qui vous guérit. «#8201;Sans même s’en rendre compte, on marche vers ce qui a du sens. On marche vers ce qui nous rend vivant.#8201;»
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  • hashtagceline Posté le 18 Octobre 2021
    Antoine Dole... avec sa façon bien à lui d’écrire (des phrases courtes, percutantes), sa façon d’aborder des thèmes difficiles (le deuil, la dépression, le suicide,...)... Il nous livre ici, comme à son habitude, un texte à fleur de peau qui plonge au plus profond du mal-être et nous y installe pour nous faire comprendre toute la difficulté à y faire face et en sortir. Dans Six pieds sur terre, Antoine Dole décortique également l’histoire d’amour à deux vitesses d’un couple dont les passés respectifs les attirent autant qu’ils les éloignent. C’est extrêmement juste (comme toujours avec l’auteur) et c’est extrêmement émouvant. Le roman alterne entre Jérémy et Camille. L'un plonge, et l'autre tente de maintenir le cap. On sent la pression qui s'intensifie au fur et à mesure qu'on avance dans le récit. Un drame semble se profiler. Lequel ? Les trente dernières pages, je les ai lues dans la douleur et sous tension. J’avais vraiment peur du dénouement. J’ai même dû faire une pause. Avant tout cela, l’auteur nous entraîne dans les pensées les plus sombres de Jérémy, jeune homme qui s’est construit ou plutôt déconstruit sur un drame (la perte de sa mère et le mensonge autour) qui l’empêche aujourd’hui d’être... Antoine Dole... avec sa façon bien à lui d’écrire (des phrases courtes, percutantes), sa façon d’aborder des thèmes difficiles (le deuil, la dépression, le suicide,...)... Il nous livre ici, comme à son habitude, un texte à fleur de peau qui plonge au plus profond du mal-être et nous y installe pour nous faire comprendre toute la difficulté à y faire face et en sortir. Dans Six pieds sur terre, Antoine Dole décortique également l’histoire d’amour à deux vitesses d’un couple dont les passés respectifs les attirent autant qu’ils les éloignent. C’est extrêmement juste (comme toujours avec l’auteur) et c’est extrêmement émouvant. Le roman alterne entre Jérémy et Camille. L'un plonge, et l'autre tente de maintenir le cap. On sent la pression qui s'intensifie au fur et à mesure qu'on avance dans le récit. Un drame semble se profiler. Lequel ? Les trente dernières pages, je les ai lues dans la douleur et sous tension. J’avais vraiment peur du dénouement. J’ai même dû faire une pause. Avant tout cela, l’auteur nous entraîne dans les pensées les plus sombres de Jérémy, jeune homme qui s’est construit ou plutôt déconstruit sur un drame (la perte de sa mère et le mensonge autour) qui l’empêche aujourd’hui d’être heureux (peut-on l’être pleinement?), de s’épanouir dans son couple et parfois même juste de mettre un pied devant l'autre. Malgré tout, il entretient une relation amoureuse. Enfin, c’est peut-être plutôt Camille qui l’entretient pour eux deux. Jérémy ne sait plus trop parfois. Il est trop malheureux pour rendre quelqu’un d’autre heureux. Camille, elle, a grandi auprès d’une mère qui n’en était pas vraiment une. Une femme qui l’a étouffée autant qu’aimée. Mais Camille, à l’inverse de Jérémy, a décidé d’aller vers la lumière. Elle est un soleil Camille. Alors que Jérémy est l’ombre qui le surplombe. Sur le plafond de leur appartement, une tâche d’humidité est apparue. Jérémy l’observe et l’assimile au mal-être qu’il vit au jour le jour. Cette tâche d’abord petite, va s’étendre comme les idées noires de Jérémy qui vont être amplifiées par une annonce inattendue. Camille et Jérémy feront-ils face ensemble ou séparément? Antoine Dole écrit donc aujourd’hui son premier livre en “littérature générale”. Pour être honnête, je lisais déjà l’auteur pour ses romans ados donc j’ai lu Six pieds sur terre sans me poser de questions. Et je l’ai aimé, sans m’en poser beaucoup plus. C’est un très beau roman. Très difficile aussi car il appuie là où ça fait mal, posant des questions qui nous ont tous et toutes effleurés, touchés même de près ou de loin, quel que soit notre passé, nos drames personnels. C’est difficile de vivre parfois. Mais tout n’est pas noir, non. Il y a un peu de lumière dans ce roman. Timide. Mais précieuse. C’est un roman humain, sensible, douloureux et libérateur aussi. C’est un très grand roman de cette rentrée littéraire.
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