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À Paraître
Nos vies en flammes
Fabrice Pointeau (traduit par)
Date de parution : 19/01/2023
Éditeurs :
10/18
En savoir plus
8.50 €
Date de parution: 19/01/2023
À Paraître

Nos vies en flammes

Fabrice Pointeau (traduit par)
Date de parution : 19/01/2023
« L’un des écrivains les plus brillants de sa génération » François Busnel
 
Retraité depuis quelques années, Ray mène une vie solitaire dans sa ferme des Appalaches, où il espère que son fils, Ricky, vienne le rejoindre. Mais ce dernier est trop occupé... Retraité depuis quelques années, Ray mène une vie solitaire dans sa ferme des Appalaches, où il espère que son fils, Ricky, vienne le rejoindre. Mais ce dernier est trop occupé à essayer de se procurer sa dose quotidienne –et indispensable – de drogue pour s’occuper de son père. Autour de... Retraité depuis quelques années, Ray mène une vie solitaire dans sa ferme des Appalaches, où il espère que son fils, Ricky, vienne le rejoindre. Mais ce dernier est trop occupé à essayer de se procurer sa dose quotidienne –et indispensable – de drogue pour s’occuper de son père. Autour de Ray, le monde semble sombrer lentement : le chômage s’étend peu à peu dans la région, les petites villes se vident, la misère sociale et la drogue gagnent un peu plus de terrain chaque jour… Bref, l’Amérique d’aujourd’hui, que Ray contemple, amer, alors qu’un incendie fait rage dans les montagnes environnantes. Mais le jour où un dealer le contacte pour qu’il règle les dettes de son fils, Ray sort de sa torpeur et se dit qu’il plus que temps de prendre les choses en main. C’est le début d’un combat contre tout ce qui le révolte, avec au bout du chemin, qui sait, un nouvel espoir.
 
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EAN : 9782264081353
Code sériel : 5832
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 336
Format : 108 x 177 mm
10/18
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8.50 €
Date de parution: 19/01/2023
EAN : 9782264081353
Code sériel : 5832
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 336
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Cannetille 11/11/2022
    Dans ce coin des Appalaches - déjà ravagé par le chômage et l’exode - que les incendies de forêt menacent désormais de faire partir en fumée, Raymond Mathis, garde forestier retraité, s’accroche à sa ferme, où il vit seul depuis qu’un cancer a emporté sa femme et que son fils s’enfonce toujours un peu plus dans la drogue. Un jour qu’il se voit forcé par les dealers de régler les lourdes créances de son fils en échange de sa vie, il décide de prendre les choses en mains en lieu et place de la police. L’Amérique de David Joy est celle des oubliés et des défavorisés, ceux qui, rivés à une région économiquement moribonde, ne connaissent que la dureté d’une vie sans espoir, le combat quotidien pour, au mieux, une poignée de dollars qui n’assurera qu’à peine les besoins fondamentaux d’une vie dépourvue d’horizon. Cette Amérique est devenue le terreau des addictions en tout genre, alcool, médicaments et drogues, seules fenêtres ouvertes sur quelques instants d’oubli et de respiration. Des opioïdes bon marché prescrits sur ordonnance aux méthamphétamines et à l’héroïne, ces habitants sont de plus en plus nombreux à se muer en ombres squelettiques que l’on retrouve un jour sans... Dans ce coin des Appalaches - déjà ravagé par le chômage et l’exode - que les incendies de forêt menacent désormais de faire partir en fumée, Raymond Mathis, garde forestier retraité, s’accroche à sa ferme, où il vit seul depuis qu’un cancer a emporté sa femme et que son fils s’enfonce toujours un peu plus dans la drogue. Un jour qu’il se voit forcé par les dealers de régler les lourdes créances de son fils en échange de sa vie, il décide de prendre les choses en mains en lieu et place de la police. L’Amérique de David Joy est celle des oubliés et des défavorisés, ceux qui, rivés à une région économiquement moribonde, ne connaissent que la dureté d’une vie sans espoir, le combat quotidien pour, au mieux, une poignée de dollars qui n’assurera qu’à peine les besoins fondamentaux d’une vie dépourvue d’horizon. Cette Amérique est devenue le terreau des addictions en tout genre, alcool, médicaments et drogues, seules fenêtres ouvertes sur quelques instants d’oubli et de respiration. Des opioïdes bon marché prescrits sur ordonnance aux méthamphétamines et à l’héroïne, ces habitants sont de plus en plus nombreux à se muer en ombres squelettiques que l’on retrouve un jour sans vie au coin d’une rue, la seringue encore au bras, venant grossir les statistiques accablantes que le comté affiche sur des panneaux au bord des routes. Le fils de Ray est l’un d’entre eux, embarqué sur un toboggan vers l’enfer, au fur et à mesure que l’oubli temporaire exige toujours plus de doses, toujours plus d’argent, et que, pour entretenir la combustion intérieure qui le détruit progressivement, il se retrouve réduit aux pires extrémités. Impuissant, Ray assiste à la lente et irrépressible déchéance de son fils, qui, avant de le mener inévitablement vers la mort, le place à la merci de la violence de trafiquants tellement sûrs de leurs collusions au sein de la police et des autorités que rien ne semble pouvoir les arrêter. Faisant frissonner le lecteur d’effroi et de dégoût, la narration laisse monter le désespoir jusqu’au paroxysme qui déclenche la révolte de Ray, subitement las de trop subir. Classiquement nouée autour d’un trafic, de victimes et d’une vengeance, l’intrigue s’enroule de manière violente et accablante autour de personnages qui crèvent les pages. C’est qu’ils sont partiellement nourris par le propre vécu de l’auteur, issu d’une ces familles pauvres des Appalaches, jeune consommateur de comprimés en tout genre qui a su ensuite éviter les drogues dures, contrairement à un entourage aujourd’hui décimé. Sa révolte à lui, c’est dans son roman et ses articles qu’il l’exprime, tel celui qui figure en postface, où il dénonce la responsabilité de laboratoires pharmaceutiques dans le développement de la crise des opioïdes aux Etats-Unis depuis les années quatre-vingt-dix. Marketing à tout crin, sous-estimation intentionnelle des risques d’addiction : la cupidité a mené – et continue à mener – chaque année à la mort plusieurs centaines de milliers d’Américains, en tête desquels les plus pauvres et défavorisés. Peinture sociale en même temps que roman policier, un livre noir, dont les personnages, découpés sur le fond d’incendies menaçants et rampants, semblent les victimes d’un monde en perdition, sur la brèche d’un enfer prêt à l’engloutir.
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  • AnnaMMB 11/09/2022
    Un roman noir comme l'ébène qui m'a pourtant éblouie #x1f525 C'est avec une plume poignante, qui prend aux tripes, que l'auteur nous dresse un portrait d'une Amérique déchirée par les ravages de la crise des opioïdes. Au coeur des Appalaches, entre addictions, règlements de comptes, corruption, précarité, on navigue d'un personnage à un autre, d'une réserve Cherokee à un mobil-home en passant par un motel... Soumis à une tension implacable, on ressort de ce roman bouleversée !
  • dominolu 21/08/2022
    Dernière lecture : « Nos vies en flammes » de David Joy. Peut-être pas judicieux de lire ce roman en rentrant de vacances alors que la page de couverture et le titre me ramènent quelques semaines en arrière quand la forêt Testerine brûlait près de chez moi, mais dans ce roman c’est surtout de descente aux enfers des personnages dont il est ici question. La vie en flammes d’un père qui ne peut sauver son fils des griffes de la drogue et assiste impuissant à l’inéluctable avec en arrière fond les Appalaches qui brûlent. Un roman puissant dont l’écriture percutante décrit avec justesse la fuite en avant d’une population livrée à elle-même et gangrenée par l’habitude des opioïdes qui conduit les plus faibles à franchir la barrière vers les drogues dures. Mais il y a également dans ce livre, outre la description des paysages, la puissance des personnages qui font que je me suis complètement immergée dans ce roman noir. En postface du roman, un article de David Joy publié en 2020 témoigne des ravages que la prescription des opioïdes a engendrée depuis des années, 93331 morts par overdoses aux États Unis en 2020 dont 69710 liés directement à la consommation d’opioïdes. J’avais déjà... Dernière lecture : « Nos vies en flammes » de David Joy. Peut-être pas judicieux de lire ce roman en rentrant de vacances alors que la page de couverture et le titre me ramènent quelques semaines en arrière quand la forêt Testerine brûlait près de chez moi, mais dans ce roman c’est surtout de descente aux enfers des personnages dont il est ici question. La vie en flammes d’un père qui ne peut sauver son fils des griffes de la drogue et assiste impuissant à l’inéluctable avec en arrière fond les Appalaches qui brûlent. Un roman puissant dont l’écriture percutante décrit avec justesse la fuite en avant d’une population livrée à elle-même et gangrenée par l’habitude des opioïdes qui conduit les plus faibles à franchir la barrière vers les drogues dures. Mais il y a également dans ce livre, outre la description des paysages, la puissance des personnages qui font que je me suis complètement immergée dans ce roman noir. En postface du roman, un article de David Joy publié en 2020 témoigne des ravages que la prescription des opioïdes a engendrée depuis des années, 93331 morts par overdoses aux États Unis en 2020 dont 69710 liés directement à la consommation d’opioïdes. J’avais déjà beaucoup aimé le précédent roman de David Joy « Ce lien entre nous ».
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  • berni_29 28/07/2022
    Attention ! Livre inflammable, pour ne pas dire incandescent... Nous sommes dans les montagnes de la Caroline du Nord, à l'extrémité sud des Appalaches, là où vit, là où écrit David Joy dont j'ai eu le plaisir de découvrir l'univers romanesque dans le poids du monde. Son dernier roman, Nos vies en flammes, ne parle rien d'autre que du décor qu'il connaît si bien, des histoires qui parlent de drogue, de violence, de pauvreté, de déracinement, de déplacements, de promesses non tenues. Bref, la vie en Caroline du Nord, quoi ! David Joy convoque tout d'abord ce magnifique et attachant personnage qu'est Raymond Mathis, désormais veuf et retraité, dont le métier naguère était de s'occuper des forêts. Seul dans sa ferme des Appalaches, il survit tandis qu'autour de lui des incendies dévastent depuis quelques jours les chères forêts qu'il aime, par milliers d'hectares. Il attend son fils Ricky qui ne viendra pas ce soir... Raymond Mathis oscille entre le souvenir douloureux de sa femme qui n'est plus et son impuissance à aider son fils à s'en sortir, Ricky, aujourd'hui junky à bout de souffle qu'anime la quête quotidienne de l'argent nécessaire à sa prochaine dose. « Ce qu'il avait vraiment oublié, c'était la... Attention ! Livre inflammable, pour ne pas dire incandescent... Nous sommes dans les montagnes de la Caroline du Nord, à l'extrémité sud des Appalaches, là où vit, là où écrit David Joy dont j'ai eu le plaisir de découvrir l'univers romanesque dans le poids du monde. Son dernier roman, Nos vies en flammes, ne parle rien d'autre que du décor qu'il connaît si bien, des histoires qui parlent de drogue, de violence, de pauvreté, de déracinement, de déplacements, de promesses non tenues. Bref, la vie en Caroline du Nord, quoi ! David Joy convoque tout d'abord ce magnifique et attachant personnage qu'est Raymond Mathis, désormais veuf et retraité, dont le métier naguère était de s'occuper des forêts. Seul dans sa ferme des Appalaches, il survit tandis qu'autour de lui des incendies dévastent depuis quelques jours les chères forêts qu'il aime, par milliers d'hectares. Il attend son fils Ricky qui ne viendra pas ce soir... Raymond Mathis oscille entre le souvenir douloureux de sa femme qui n'est plus et son impuissance à aider son fils à s'en sortir, Ricky, aujourd'hui junky à bout de souffle qu'anime la quête quotidienne de l'argent nécessaire à sa prochaine dose. « Ce qu'il avait vraiment oublié, c'était la simplicité qui avait rendu si belle leur vie ensemble. » Parfois un sentiment de culpabilité étreint Ray. Il ne lui reste plus dans son existence que ce fils qui part en lambeaux comme les forêts autour de lui ainsi que les souvenirs de l'amour de sa femme. Un jour, Raymond décide de réagir lorsque son fils, devenu la proie des dealers, franchit un pas insoutenable, pour lui, pour son père, pour les autres... C'est le pas de trop et c'est le doigt qu'on met dans l'engrenage, le geste qu'il ne faut surtout pas commettre... C'est alors que l'intrigue prend le pas, mais rien ne nous empêche de continuer à effleurer les beaux personnages de ce roman, tandis que la police s'active et que Raymond est aux manettes... Un récit peut en cacher un autre. Derrière un polar aussi noir soit-il, aussi bien ficelé soit-il, moi ce qui m'intéresse, ce sont les histoires de femmes et d'hommes qui tirent ou tentent de tirer des ficelles qui leur échappent, cherchant un sens à tout cela. Pour peu qu'il y ait une réalité sociologique, culturelle, historique en arrière-plan, je jubile. Ici j'ai été davantage séduit par l'arrière-pays que pour l'intrigue, certes qui se tient et nous embarque, mais qui n'a rien d'exceptionnel. La beauté du roman est ailleurs, dans son désespoir et son humanité. Nous sommes sur les terres des Cherokees, qui brûlent aujourd'hui, et leurs descendants expriment comme ils peuvent des douleurs anciennes et actuelles, qu'on veut éteindre à coup de narcotiques. On pourrait dire : « Noir c'est noir il n'y a plus d'espoir ». Car l'univers de David Joy n'a rien d'une bluette. Sa prose est sombre, sa propre est noire, il n'écrit pas dans la dentelle mais avec ses tripes. Il y a cependant une part d'humanité dans cette lucidité crasse... Et c'est ce que j'aime chez David Joy, la petite lumière qui finit par se faufiler dans les profondeurs abyssales... Entre le noir des tréfonds de l'âme et le gris des cendres qui retombent du ciel dans un paysage crépusculaire, ce roman offre une magistrale palette de nuances, où la conclusion n'est pas forcément pessimiste, j'y reviendrai... Ici la forêt des Appalaches brûle et le hasard a voulu que je lise ce roman au moment où nos forêts brûlaient elles aussi, brûlent encore. Hasard ? Pas forcément, plutôt un rendez-vous avec la réalité mondiale à laquelle il faudra douloureusement s'habituer... Mais là c'est une autre histoire, quoique, pas tout à fait, je pense à cela lorsqu'un romancier tel que David Joy offre la parole à des descendants du peuple Cherokee pour lesquels la terre, la nature, les éléments, existent et ont un sens dans cette trajectoire qui les amène à aboutir à leur destin. Mais ce qui brûle ici est bien autre chose. Ici viennent les sans-grades, les laissés-pour-compte, l'Amérique qui a voté Trump. Cette Amérique oubliée sur laquelle on éteint des feux comme des canadairs, on balance du rêve à coup d'opioïdes. David Joy a cette manière impromptue d'inviter l'Amérique blanche et l'Amérique amérindienne dans un même récit, ces deux Amériques qui se regardent, qui se côtoient, qui se confrontent. Mais David Joy en fait un récit où ils agissent ensemble brusquement. Ici, dans ce désastre humain, parmi les personnages multiples et attachants, je me suis épris de Denny, ce junky ébouriffé, et sa soeur Carla qui découvre qu'elle a une grave maladie, tous deux descendants d'un peuple ayant tout perdu. Denny, brûlé par les soleils de son âme, qui a ce sursaut, non pas pour lui, lui et son corps percé par les seringues, ce corps imbibé d'héroïne et de meth, pour lui c'est fichu c'est déjà trop tard, mais ce sursaut, cette évasion de ses démons, c'est important, c'est essentiel, ne serait-ce que pour sa sœur Clara qui se bat elle aussi mais contre d'autres démons qui n'ont rien à voir... Les personnages de ce roman sont comme des lapins qui fuient dans la trajectoire des phares d'une voiture traversant le paysage à toute vitesse. On dirait des phalènes qui cognent leurs ailes dans les flammes d'une bougie. Ce roman dit un monde désespéré à la dérive, une perte de sens, la perte d'un endroit et d'un peuple, la mort annoncée d'une culture, tandis que des femmes et des hommes se consument à petits feux. Regarder vers ce qui reste de soleil, se dire qu'il y a encore de la lumière malgré le crépuscule qui vient, malgré des lambeaux de nuages qui filent derrière les étoiles. « Désormais, tout le monde était là à regarder les dernières lueurs danser comme un coucher de soleil, sans voir ni comprendre que quand la nuit finirait par tomber, la lumière ne reviendrait pas. La nature même des choses exigeait qu'arrive un moment dans l'histoire où l'espoir serait synonyme de naïveté, où la situation serait trop désespérée pour être sauvée. Raymond le savait, et c'était ça qui lui mettait le coeur en lambeaux. Mais il y avait toujours des gens disposés à unir leurs efforts pour défendre le bien commun. » Nos vies en flamme est un chant déchirant et presque désespéré. Presque. « La joie nécessitait bien souvent qu'on la cherche ».
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  • evergreen13 29/06/2022
    Dernières lueurs Raymond Mathis n’attend plus grand-chose de la vie. Sa femme est morte d’un cancer, trois ans plus tôt, il lui reste sa chienne Tommy-Two-Tons, presque aveugle, et « le garçon » son fils Ricky qui se drogue depuis si longtemps que Ray peine à se souvenir des moments où il était clean. Dans cette région des Appalaches, presque tout le monde a « un problème d’addiction »… Sur la route, un panneau affiche le nombre d’overdoses dans le comté, un nombre en constante évolution évidemment… Raymond vit dans la hantise que son fils finisse comme ça, une aiguille plantée dans le cou… Il a tenté mille fois de le sortir de l’héroïne mais Ricky a toujours replongé… Un jour, Ray reçoit un appel de son fils : il doit 10 000$ à un dealer. Et s’il ne paye pas, il sera tué, sans aucune pitié. Une dernière fois, Ray vient au secours de son fils, mais il prévient le dealer : s’il vend encore un seul gramme d’héroïne à Ricky, il saura le lui faire payer… Ce roman est bâti autour de deux personnages principaux, Ray et Denny Rattler, deux victimes, chacune à leur façon, du fléau de la... Dernières lueurs Raymond Mathis n’attend plus grand-chose de la vie. Sa femme est morte d’un cancer, trois ans plus tôt, il lui reste sa chienne Tommy-Two-Tons, presque aveugle, et « le garçon » son fils Ricky qui se drogue depuis si longtemps que Ray peine à se souvenir des moments où il était clean. Dans cette région des Appalaches, presque tout le monde a « un problème d’addiction »… Sur la route, un panneau affiche le nombre d’overdoses dans le comté, un nombre en constante évolution évidemment… Raymond vit dans la hantise que son fils finisse comme ça, une aiguille plantée dans le cou… Il a tenté mille fois de le sortir de l’héroïne mais Ricky a toujours replongé… Un jour, Ray reçoit un appel de son fils : il doit 10 000$ à un dealer. Et s’il ne paye pas, il sera tué, sans aucune pitié. Une dernière fois, Ray vient au secours de son fils, mais il prévient le dealer : s’il vend encore un seul gramme d’héroïne à Ricky, il saura le lui faire payer… Ce roman est bâti autour de deux personnages principaux, Ray et Denny Rattler, deux victimes, chacune à leur façon, du fléau de la drogue. Leur rencontre, improbable, dans une scène d’anthologie, laisse entrevoir une toute petite lueur d’espoir dans un univers crépusculaire, tout juste éclairé par les incendies qui dévastent les forêts des Blue Ridge Mountains et des Great Smoky Mountains. Avec son écriture simple et sincère David Joy emporte le lecteur dans une histoire poignante directement inspirée de sa vie personnelle. Il s’en explique d’ailleurs dans un article publié dans la revue America, intitulé « Génération Opioïdes », qui figure en postface de ce livre, où il met en parallèle l’appauvrissement de sa région et l’addiction aux drogues. J’ai lu tous les livres de David Joy que je considère comme un des meilleurs auteurs américains. Ainsi qu’il le dit lui-même, il n’écrit que sur ce et ceux qu’il connaît, notamment sur cette région des Blue Ridge Mountains et des Great Smoky Mountains, en Caroline du Nord, où il est né et où il vit. C’est pourquoi ses romans qui sont profondément ancrés dans ces (ses) racines respirent une telle authenticité. Je referme ce livre touchée en plein cœur. A voir, à écouter, à partager l’interview de David Joy sur You Tube : https://www.youtube.com/watch?v=9auYKohRoxo Ou encore le livre de Beth Macy, Dopesick (non traduit en français ?) dont a été tiré une série éponyme (https://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/dopesick-chronique-d-un-scandale-sanitaire-annonce_6c49dc3e-4173-11ec-8b88-48aa02225af4/).
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Voyagez hors des sentiers battus, loin d'une littérature conventionnelle et attendue…