Lisez! icon: Search engine
La Découverte
EAN : 9782707131171
Code sériel : 76
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 378
Format : 125 x 190 mm

L'An 2440

Rêve s'il en fut jamais

Christophe CAVE (Introduction)
Date de parution : 21/10/1999
L'auteur du célèbre Tableau de Paris s'endort un soir à minuit et se réveille sept cents ans plus tard, en 2440, dans un Paris totalement nouveau. Sorte de Persan dans la capitale, il s'étonne de tout, est lui-même objet de curiosité et tire de sa vision de profondes réflexions, politiques, sociales, économiques. À la fois premier roman d'anticipation et critique acerbe de son temps, L'An 2440 est réédité à l'occasion du bicentenaire de L.-S. Mercier (1740-1814). Seule édition disponible.

Publié en 1771, L’An 2440, un rêve s’il en fut jamais nous entraîne dans un voyage inédit : Louis-Sébastien Mercier, l’auteur du célèbre Tableau de Paris, s’endort un soir à minuit et se réveille quelque sept cents ans plus tard, dans un Paris totalement nouveau. Sorte de Persan dans la...

Publié en 1771, L’An 2440, un rêve s’il en fut jamais nous entraîne dans un voyage inédit : Louis-Sébastien Mercier, l’auteur du célèbre Tableau de Paris, s’endort un soir à minuit et se réveille quelque sept cents ans plus tard, dans un Paris totalement nouveau. Sorte de Persan dans la capitale, il s’étonne de tout, est lui-même objet de curiosité et tire de sa vision de profondes réflexions tant politiques que sociales et économiques. Le Paris de 2440, « auguste et respectable année », apparaît au lecteur à la fois comme un songe merveilleux et la description d’une société idéale. Louis-Sébastien Mercier, nourri des Lumières, croit en effet en la mission prophétique des philosophes et écrivains et délivre, avec L’An 2440, sa vision d’un monde meilleur.
À la fois premier roman d’anticipation, lançant une mode qui s’étendit rapidement à toute l’Europe, et peinture réaliste d’un univers quotidien, ce récit étonnant mêle une critique acerbe du XVIIIe siècle et une description du « Monde comme il va », selon l’expression  de Voltaire. Le Paris futur décrit par Mercier peut nous sembler déjà dépassé en l’an 2000. Mais il est un témoignage politique, littéraire et moral essentiel sur les rêves d’une génération qui a voulu et fait la Révolution française, et espéré construire un monde meilleur.

Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782707131171
Code sériel : 76
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 378
Format : 125 x 190 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • gloubik Posté le 23 Août 2020
    Je ne sais par quel heureux hasard je me suis retrouvé à découvrir 2440, Rêve s’il en fût jamais, mais je suis très satisfait de ma lecture. En effet, même si on est là très loin de la science-fiction moderne, il est plaisant de découvrir ce qu’un homme du XVIIIe siècle espérait comme évolution à la société de son époque. C’est du coup, plus un pamphlet politique qu’un roman. Surtout au vu de l’importance des notes de bas de page dont le volume atteint près des 1/5 du roman proprement-dit. Qu’on ne s’y trompe pas, ici aucun voyage fabuleux, ni dans l’espace, ni dans le temps. Aucune découverte d’une civilisation avancée. Non. Juste un rêve. Le narrateur s’endort un soir et se réveille (se rêve) 700 ans plus tard. Il découvre alors la société française de l’an 2440 avec toutes ses qualités. Car pour Mercier, il semble ne pas y avoir grand chose à garder de cette deuxième moitié du siècle des lumières. Même pas les livres, puisqu’il les image victimes d’un monumental autodafé (Hé non : Ray Bradbury na pas la primeur du concept). Quasiment aucun écrivain n’est sauvé et pour les autres, c’est une œuvre édulcorée qui perdure. La justice sociale... Je ne sais par quel heureux hasard je me suis retrouvé à découvrir 2440, Rêve s’il en fût jamais, mais je suis très satisfait de ma lecture. En effet, même si on est là très loin de la science-fiction moderne, il est plaisant de découvrir ce qu’un homme du XVIIIe siècle espérait comme évolution à la société de son époque. C’est du coup, plus un pamphlet politique qu’un roman. Surtout au vu de l’importance des notes de bas de page dont le volume atteint près des 1/5 du roman proprement-dit. Qu’on ne s’y trompe pas, ici aucun voyage fabuleux, ni dans l’espace, ni dans le temps. Aucune découverte d’une civilisation avancée. Non. Juste un rêve. Le narrateur s’endort un soir et se réveille (se rêve) 700 ans plus tard. Il découvre alors la société française de l’an 2440 avec toutes ses qualités. Car pour Mercier, il semble ne pas y avoir grand chose à garder de cette deuxième moitié du siècle des lumières. Même pas les livres, puisqu’il les image victimes d’un monumental autodafé (Hé non : Ray Bradbury na pas la primeur du concept). Quasiment aucun écrivain n’est sauvé et pour les autres, c’est une œuvre édulcorée qui perdure. La justice sociale règne. La France est toujours une monarchie, mais dont le suzerain est éclairé et bienveillant. Il ne demande rien qu’il ne ferait lui-même. La guerre est bannie, le vol et le meurtre aussi. Un rêve quoi ! Un rêve qui est l’occasion de quelques beaux passages et de commentaires acerbes de l’auteur sur la société de son époque. En bref : À lire pour deux raisons : Pour découvrir un roman qui est un ancêtre de la science-fiction et s’informer sur la société française pré-révolutionnaire. quelques passages nous éclairent d’ailleurs assez bien sur les déclencheurs de celle-ci.
    Lire la suite
    En lire moins
  • fanculo Posté le 30 Janvier 2019
    Livre de 1771. J'ai lu ce livre dans l'édition originale de la BNF Gallica malgré qu'il soit écrit en ancien français du 18eme il se lit assez facilement. Livre d'anticipation que j'ai pris par curiosité comme un des premiers romans de science fiction et je nen ai pas regretté la lecture. Jean Sébastien Mercier nous livre ses idées et impressions qui sont celles d'un homme rempli de jugements, de critiques. Il donne son avis sur à peu près tout les sujets qu'il divise en chapitres par exemples:les voitures, , le nouveau Paris, théologie, le gouvernement, les impôts. ......il souhaite un monde meilleur respectueux de l'humanité venant du coeur, mais aussi vers l'esprit public il fait référence à la Chine et à Confucius. On sent dans son récit se profiler les prémices de la révolution et s'interroge sur les différentes modifications à apporter à la société. C'est un visionnaire subtil, moralisateur au détriment d'autres avis possibles. J
  • Horizon_du_plomb Posté le 9 Octobre 2017
    « La politique est l'art de bien observer le jour, l'heure et la minute; si au lieu d'être variable comme les évènements de ce monde, elle est opiniâtre, elle devient mesquine et manque son but. » « Nous avons été obligés de faire une réparation expiatoire à leurs mânes outragés. Nous avons dressé leurs bustes dans la place publique où ils reçoivent notre hommage et celui de l'étranger. Leur pied foule la face ignoble de leur Zoïle ou de leur tyran : par exemple la tête de Richelieu est sous le cothurne de Corneille. (…) En disant ces mots, il me conduit vers une place, où étaient les bustes des grands hommes. J'y vis Corneille, Molière, La fontaine, Montesquieu, Rousseau, Buffon, Voltaire, Mirabeau, etc » Le roman qui a prophétisé la Révolution française selon son auteur qui en a été lui même un acteur. Voilà une lecture que j'ai abordée curieux mais mitigé au départ mais dont je me suis félicité de la lire à plusieurs reprises. Le livre fait partie de ces lectures du passé dont la portée peut même avoir une incidence sur notre présent. Attention, je n'ai pas lu l'édition récente de la Découverte mais j'ai lu ce livre dans l'édition France Adel de la... « La politique est l'art de bien observer le jour, l'heure et la minute; si au lieu d'être variable comme les évènements de ce monde, elle est opiniâtre, elle devient mesquine et manque son but. » « Nous avons été obligés de faire une réparation expiatoire à leurs mânes outragés. Nous avons dressé leurs bustes dans la place publique où ils reçoivent notre hommage et celui de l'étranger. Leur pied foule la face ignoble de leur Zoïle ou de leur tyran : par exemple la tête de Richelieu est sous le cothurne de Corneille. (…) En disant ces mots, il me conduit vers une place, où étaient les bustes des grands hommes. J'y vis Corneille, Molière, La fontaine, Montesquieu, Rousseau, Buffon, Voltaire, Mirabeau, etc » Le roman qui a prophétisé la Révolution française selon son auteur qui en a été lui même un acteur. Voilà une lecture que j'ai abordée curieux mais mitigé au départ mais dont je me suis félicité de la lire à plusieurs reprises. Le livre fait partie de ces lectures du passé dont la portée peut même avoir une incidence sur notre présent. Attention, je n'ai pas lu l'édition récente de la Découverte mais j'ai lu ce livre dans l'édition France Adel de la bibliothèque des utopies ( https://www.noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?numlivre=2146558435 ) avec la préface d'Alain Pons (http://data.bnf.fr/11920252/alain_pons/) que je ne peux que vous recommander, cette préface est un véritable bijou de pertinence en soi. « C'est avant tout un « publiciste », un homme qui a des idées sur tous les sujets et qui dispense la menue monnaie d'un héritage accepté en bloc, celui des « philosophes », de Montesquieu, des Encyclopédistes, de Beccaria, de Voltaire (avec des réserves) , de Rousseau surtout. Un tel éclectisme nuit souvent à la cohérence de sa pensée, mais ce mélange de raison militante et de sentimentalisme, d'anticléricalisme et de déisme, de critique et d'effusion, appartient en propre à la génération qui va faire la Révolution. » Le propos central du livre est un homme meilleur au sens des valeurs poursuivies activement dans la vie de tous les jours, la morale émerge naturellement des lois de l'univers pour qui sait les écouter selon Mercier, il en est de même pour l'art par exemple. La société humaine doit devenir un écho d'ordonnance de ce grand architecte auquel il croit, réinvestir le publique en regard du champs temporel des générations. Le livre est rempli de notes de bas de page qui sont souvent très intéressantes, elles sont parfois plus incisives que le texte et étoffent la pensée de l'homme. « Un sage parmi nous cultive son esprit, rejette les préjugés, acquière les sciences utiles et agréables. Tous les arts qui peuvent étendre son esprit et le rendre plus juste ont perfectionné son âme: cette tâche finie, il n'écoute plus que la Nature soumise aux lois de la raison, et la raison lui prescrit le bonheur.  » Il manque évidemment au livre une trame épaisse, des péripéties et autres tragédies romanesques mais on ne lit pas ce livre en soi pour cela ou plutôt la vraie tragédie est celle de ce présent trop injuste qui est trop souvent nargué par ce futur plus sûr, plus respectueux et ouvert. Il est un rappel qu'on n'est jamais plus aveugle qu'à son siècle, que le progrès commence avant tout par les aspirations faites actes, le rêve les yeux grands ouverts. Malgré le fond qui présente une vaste perspective, le style est très fleuri et je n'ai été qu'à moitié surpris de savoir que l'auteur est un précurseur du romantisme et qu'il a influencé Schiller et Goethe. « Hélas ! L'emblème n'était pas difficile à pénétrer : c'étaient les nations figurées qui demandaient pardon à l'humanité des plaies cruelles qu'elles lui avaient causées pendant plus de vingt siècles. » Si l'on y regarde de plus près toutefois, le livre est rempli de jugements et de culpabilité. L'auteur critique le fanatisme sans se rendre compte que quelque part il est devenu le fanatique du progrès (ce mieux à toujours rechercher insatisfait), de l'utilité publique (ce leurre du contrôle qui n'est qu'une peur déguisée dirait un anarchiste ainsi par exemple son avis qui s'étend même à la mauvaise image donnée par des voltigeurs, acrobates de cirque).[En même temps Mercier dit que la morale doit venir du coeur et pas de règlements donc utilité publique oui mais pas vraiment régentée] Il faut le dire aussi Mercier, entièrement tourné vers l'esprit publique (pas étonnant qu'il évoque la Chine et Confucius à un moment) voire l'utilité, aurait eu beaucoup de mal avec l'art abstrait, le surréalisme, le psychédélisme, … voire même l'inconscient … collectif. Le livre de Mercier m'a fait penser à cette société du tout en ligne décrite dans « The Circle » où tout se sait du public/que et où finalement on agit parfois juste à cause de son image morale. Si on peut prendre l'opinion de l'auteur sur Dieu (et les athées par voie de conséquence) comme une forme de naturalisme déiste déguisé, il n'est aucun doute que l'homme a des opinions traditionnelles, régressistes sur les femmes alors qu'il est pour l'émancipation des noirs ou des africains. Pauvre homme qui a eu par après trois filles de la même douce concubine mais qu'il n'a dieu merci épousé que quelques jours avant sa mort (humour inside mesdames). Pareil pour les juifs dont il reconnait les souffrances mais qui sont à surveiller car fidèles à aucune nation et avec des intérêts trop propres. « Elle (la législation) s'était trompée évidemment, en voulant que la femme, dépendante par la nature, par son sexe, par sa faiblesse, rivalisât pour ainsi dire avec l'homme. » (Alors que par après il va dire son admiration pour Catherine la grande mais l'homme n'est pas à une contradiction près. Il est paradoxal de penser que Mercier a critiqué la physique de Newton alors qu'il se déclarait contre une physique qui multipliait les études de bric-à-brac dans ce livre. Pareil pour la loterie décriée mais que Mercier plus tard gérera. On comprend que la pensée de l'homme était agile au point de justifier ses errements vers cet idéal d'une humanité libérée des jougs. ) « (…) Et dans ces instants, sentez-vous avec quelle énergie, avec quelle vérité il adore l'Être des êtres ? Comme il se remplit de sa présence ! comme ce télescope étend, agrandit ses idées, les rend dignes d'un habitant de cet étonnant univers ! Il guérit de l'ambition terrestre et des petites haines qu'elle enfante ; il chérit tous les hommes animés du souffle égal de la vie ; il est le frère de tout ce que le Créateur a touché. » Une erreur de Mercier est aussi d'avoir crû en une monarchie éclairée décisive dans ses choix (et que par conséquent une révolution pacifique pourrait plus facilement se faire) alors qu'en fait, le roi était pris dans un système général de castes: il n'a pas suffi de guillotiner Louis XVI et sa femme pour faire la Révolution (Mercier était contre justement pour ne pas trouver/placer un remplaçant). Dans son écrit, Mercier justifie sa crainte de la république sans chefs par un manque de renouvellement de la vitalité d'entreprendre politique, une habitude du pouvoir. Sans doute n'a-t-il pas bien vu le jeu des partis et des élections (malheureusement parfois trop fréquentes à notre époque). Par contre, son leader en exemple fait évidemment penser à des gens comme les Dalaï-lama, Gandhi, Mandela ou Aung San Suu Kyi. « Les opinions d'un seul homme sont devenues celles de l'univers. » Mercier peut être vu comme un précurseur du Keynésianisme, il suffit de voir son opinion sur le luxe en tant que PNB global ou les travaux pour le bien collectif avec l'impôt volontaire. Il ne suffit aussi que d'un pas pour voir Mercier comme le théoricien de la révolution au service des bourgeois face au système de privilèges rigides (malgré son propos d'équité de droits). La fin du livre de la première édition (1771) est abrupte mais elle se marque de l'enterrement d' « une main au volume double sous l'exercice journalier de la bêche mais invulnérable aux ronces et aux tranchants des cailloux ». L'édition de 1786 laisse tomber le voile, elle est plus une suite d'essais qu'une histoire dans un futur incertain. Je l'ai trouvée moins intéressante, pareil quand l'auteur aborde les autres pays même s'il y aborde aussi les prémices d'un droit international. Je ne vais pas m'étendre indéfiniment. Le succès de ce livre n'a été que le reflet d'une vérité élevée vers le possible. C'est une oeuvre complexe, aux multiples sujets (donc inévitablement avec des erreurs de jugements, des partis pris) et dont il y aurait bien des analyses à faire (rien que sur l'interprétation du retour au bio et à la vraie agriculture par exemple). Outre le style qui s'allie au fond, cela prouve l'intérêt de la lire. D'un point de vue personnel, Mercier m'a impressionné en tant que réformateur volontaire (bien que réactionnaire caché par un retour à la « Nature ») ou visionnaire subtil au style alerte mais il m'a souvent ennuyé en tant que moralisateur trop excessif au détriment parfois même de la vérité d'autres possibles. Plutôt que « "Le tableau de Paris" », possible que je lise « L'homme de fer » du même auteur un jour. « (…) parce que le préjugé de l'éducation ayant la grande force de l'habitude (celle que Pascal nommait une seconde nature), il faut reconnaître ses erreurs, et rire le premier du ridicule de leurs usages ; ce qui ne manque point d'arriver, quand on rencontre des usages non moins extravagants, ou doués de plus de sagesse… » « Les hommes seraient visiblement dégradés s'il n'y avait pas un combat intérieur et toujours subsistant entre la liberté et l'autorité. » « La liberté et le bonheur appartiennent à qui sait les saisir. » « Notre siècle, tout supérieur qu'il est à ceux qui l'ont précédé, sera surpassé sans doute. » (Propos d'un homme du XXVème siècle)
    Lire la suite
    En lire moins
ABONNEZ-VOUS À LA LETTRE D'INFORMATION DE LA DÉCOUVERTE
Nouveautés, extraits, agenda des auteurs et toutes les semaines les sorties en librairie !

Lisez maintenant, tout de suite !