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Archipoche
EAN : 9782377351350
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 713
Format : 114 x 180 mm

Villette

Gaston Baccara (traduit par), Isabelle Vieville Degeorges (préface de)
Collection : Collectors
Date de parution : 11/04/2018
Charlotte Brontë a transposé dans son dernier roman, de façon à peine voilée, son expérience de préceptrice à Bruxelles, dans la pension de Mme Heger.
Un classique de la littérature anglaise en édition collectorLucy Snowe, 14 ans, a développé une profonde affection pour le jeune Graham Bretton, fils de sa marraine. Leur attachement est mutuel, mais le père de Graham vient bientôt récupérer son fils...Peu de temps après leurs adieux, Lucy doit quitter la maison.... Un classique de la littérature anglaise en édition collectorLucy Snowe, 14 ans, a développé une profonde affection pour le jeune Graham Bretton, fils de sa marraine. Leur attachement est mutuel, mais le père de Graham vient bientôt récupérer son fils...Peu de temps après leurs adieux, Lucy doit quitter la maison. Après quelques hésitations, elle est engagée comme aide par Miss Marchmont, une dame handicapée. À la mort de celle-ci, pleine d'attentes et d'espoirs, Lucy prend un navire pour le royaume de Labassecour et sa capitale, Villette, où elle est employée comme institutrice à l'internat pour jeunes filles de Mme Beck.Dans cette école, un certain Dr John rend souvent visite à la coquette Ginevra, dont il est amoureux. Mais on apprend que le Dr John n'est autre que Graham Bretton. Bientôt, Lucy et lui renouent...Charlotte Brontë a transposé dans son dernier roman, de façon à peine voilée, son expérience de préceptrice à Bruxelles, dans la pension de M. Heger.
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EAN : 9782377351350
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 713
Format : 114 x 180 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Bill_Veuzay Posté le 7 Août 2021
    Jane Eyre est définitivement un de mes romans préférés de tous les temps et il me comblait tellement à lui seul que j'ai mis du temps à avoir la curiosité de lire les autres œuvres de Charlotte Brontë. Je commence avec Villette et je referme ce livre charmée et impressionnée par la puissance d'évocation de l'auteure, sa sagesse, sa force tranquille qui en impose réellement. Et ce, malgré le léger mépris qu'elle affiche pour les francophones, ces individus mal dégrossis, vulgaires et débauchés inconséquents, par opposition à l'Anglais distingué par essence, paré d'une gracieuse modestie et d'une retenue à toute épreuve. Allez, mieux vaut en rire ! Si on ne s'arrête pas à cela, ni aux noms propres qui dénotent là encore le peu de considération de l'auteure pour les continentaux, on découvre un roman puissant et touchant, oscillant entre réalisme et onirisme, et surtout on la découvre, elle, Charlotte Brontë. Elle est partout dans Villette, sous les traits flous de Lucy Snowe, dans toute la force de son caractère, de sa religion, dans ses tourments et ses élans romanesques. On se sent proche d'elle et c'est très émouvant. Je lui pardonne donc son œil réprobateur et les petites longueurs... Jane Eyre est définitivement un de mes romans préférés de tous les temps et il me comblait tellement à lui seul que j'ai mis du temps à avoir la curiosité de lire les autres œuvres de Charlotte Brontë. Je commence avec Villette et je referme ce livre charmée et impressionnée par la puissance d'évocation de l'auteure, sa sagesse, sa force tranquille qui en impose réellement. Et ce, malgré le léger mépris qu'elle affiche pour les francophones, ces individus mal dégrossis, vulgaires et débauchés inconséquents, par opposition à l'Anglais distingué par essence, paré d'une gracieuse modestie et d'une retenue à toute épreuve. Allez, mieux vaut en rire ! Si on ne s'arrête pas à cela, ni aux noms propres qui dénotent là encore le peu de considération de l'auteure pour les continentaux, on découvre un roman puissant et touchant, oscillant entre réalisme et onirisme, et surtout on la découvre, elle, Charlotte Brontë. Elle est partout dans Villette, sous les traits flous de Lucy Snowe, dans toute la force de son caractère, de sa religion, dans ses tourments et ses élans romanesques. On se sent proche d'elle et c'est très émouvant. Je lui pardonne donc son œil réprobateur et les petites longueurs dans lesquelles j'ai pu m'abîmer, ces quelques défauts n'entament pas la qualité de cette œuvre.
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  • PrinceEndymion Posté le 26 Juillet 2021
    Publié en 1853, Villette est un roman qui fait écho au séjour de Charlotte Brontë à Bruxelles en 1842, à la pension de Mme Héger. Dans cet ouvrage qui se caractérise par une forte influence gothique, nous découvrons la narratrice, Lucy Snowe, jeune femme orpheline faisant face aux aléas du destin. « Le topos de la jeune fille pauvre abandonnée s'échouant au gré des envies du destin ? Mais nous sommes dans Jane Eyre ! » diront certains lecteurs. Il est vrai que les similitudes avec Jane Eyre sont nombreuses, mais le schéma de l'intrigue est tout à fait différent. Lucy Snowe, notre héroïne, est une femme dotée d'une personnalité rare, nerveuse et craintive. On pourrait même lui attribuer l'épithète « paranoïaque ». Elle peut nous rappeler Jane Eyre avec laquelle elle partage un regard acerbe et inexorable sur le monde qui l'entoure, et des rapports maladroits avec la gent masculine, mais la ressemblance ne va pas au-delà de ces caractéristiques. Bientôt confrontée à des revers de fortune, et ne pouvant compter que sur elle-même, Miss Snow prend la dure décision de quitter l'Angleterre pour gagner le royaume de Labassecour (nom fort peu révérencieux qui traduit l'amertume de l'auteur), dans l'espoir de tenter sa chance. Après... Publié en 1853, Villette est un roman qui fait écho au séjour de Charlotte Brontë à Bruxelles en 1842, à la pension de Mme Héger. Dans cet ouvrage qui se caractérise par une forte influence gothique, nous découvrons la narratrice, Lucy Snowe, jeune femme orpheline faisant face aux aléas du destin. « Le topos de la jeune fille pauvre abandonnée s'échouant au gré des envies du destin ? Mais nous sommes dans Jane Eyre ! » diront certains lecteurs. Il est vrai que les similitudes avec Jane Eyre sont nombreuses, mais le schéma de l'intrigue est tout à fait différent. Lucy Snowe, notre héroïne, est une femme dotée d'une personnalité rare, nerveuse et craintive. On pourrait même lui attribuer l'épithète « paranoïaque ». Elle peut nous rappeler Jane Eyre avec laquelle elle partage un regard acerbe et inexorable sur le monde qui l'entoure, et des rapports maladroits avec la gent masculine, mais la ressemblance ne va pas au-delà de ces caractéristiques. Bientôt confrontée à des revers de fortune, et ne pouvant compter que sur elle-même, Miss Snow prend la dure décision de quitter l'Angleterre pour gagner le royaume de Labassecour (nom fort peu révérencieux qui traduit l'amertume de l'auteur), dans l'espoir de tenter sa chance. Après une traversée houleuse, la narratrice découvre le continent et débarque à Villette où elle parvient à se faire engager comme professeur à la pension de la froide et impassible Madame Beck, sorte d'Argus inexorable au visage inexpressif. Villette se démarque par le profond désenchantement qui domine la plume de l'auteur qui a probablement rédigé ce roman pour exorciser les mauvais souvenirs de son expérience à Bruxelles ; en effet, Charlotte Brontë était tombée amoureuse de Monsieur Héger qui dirigeait avec son épouse la pension du même nom. Ainsi, il y a fort à parier que le personnage de Madame Beck est le pendant romanesque de Madame Héger. Lucy Snowe, tout comme Jane Eyre, est un être singulier par son attitude qui frappe ceux qui l'entourent. Plusieurs fois au cours de l'œuvre, les personnages s'effraient de sa conduite froide et flegmatique et lui collent les plus mauvais clichés qui circulent sur les Anglais. L'aspect gothique du roman repose beaucoup sur la personnalité tourmentée de l'héroïne qui se sent comme une étrangère à Villette : les passages qui expriment ses angoisses sont nombreux. D'autre part, Lucy est bientôt confrontée à une apparition troublante et menaçante qui vient hanter ses journées. Le récit présente également un autre aspect saisissant, à savoir le regard de l'auteur sur la religion catholique ; Charlotte Brontë était fille de pasteur, rien d'étonnant si le rigorisme qui animait sa foi se retrouve dans ce roman, et explique ses réserves envers le catholicisme. L'austère narratrice est d'ailleurs bientôt amenée à faire face à un prêtre bigot intrusif et pernicieux qui viole sans aucun scrupule les préceptes de sa religion. J'ai d'ailleurs été particulièrement frappé par le chapitre XXXVI, dans lequel l'hostilité de la narratrice se mue en une véritable inimitié : « Dieu n'est pas avec Rome et, si les douleurs de l'humanité étaient encore réservées aux Fils de Dieu, ne pleurerait-il pas sur les cruautés de Rome et ses ambitions, comme il pleurait jadis sur les crimes et les peines de Jérusalem condamnée ? » Villette est une œuvre superbement rédigée dont la lecture vous procure de vrais frissons tant le suspense et les frayeurs de Lucy sont bien distillées. Le lecteur ne sait jamais à quoi s'attendre. Dans sa façon de présenter ses personnages, Charlotte Brontë dresse des portraits qui rappellent beaucoup ceux de Jane Austen.
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  • AgatheDumaurier Posté le 16 Mai 2021
    L'écriture magique des Brontë...Elles étaient trois, elles auraient pu nous inonder de romans...Mais voilà la tuberculose a rendu le trésor rare et précieux...Six textes à lire et relire. Villette est un des moins connus en France, mais, pour certains auteurs dont Virginia Woolf, c'est le plus accompli de Charlotte. Plus que Jane Eyre. Et c'est vrai que la narratrice s'analyse, se fouille et se met à l'epreuve dans un grand cri de rage contenue qui met la lectrice à l'épreuve. Lucy Snow est Charlotte sans masque, épurée, revenant sur les grandes aventures de sa vie hors du Yorkshire, seule, intensément seule après la mort des siens ( suggérée et non évoquée dans le roman). Lucy doit avancer avec le peu qui lui a été donné, ni beauté ni argent ni nom, juste sa volonté intraitable et le don d'enseigner. le don de se faire des amis, aussi. Elle avance en aveugle d'Angleterre au royaume de Labassecour, la Belgique, où se jouera son destin. Engagée dans un pensionnat, elle retrouve des amis d'autrefois et se lie avec quelques uns de ceux qui l entourent, dont l'étrange, colérique et charmant M. Paul Emmanuel, mélange de Rochester et de son grand amour réel... L'écriture magique des Brontë...Elles étaient trois, elles auraient pu nous inonder de romans...Mais voilà la tuberculose a rendu le trésor rare et précieux...Six textes à lire et relire. Villette est un des moins connus en France, mais, pour certains auteurs dont Virginia Woolf, c'est le plus accompli de Charlotte. Plus que Jane Eyre. Et c'est vrai que la narratrice s'analyse, se fouille et se met à l'epreuve dans un grand cri de rage contenue qui met la lectrice à l'épreuve. Lucy Snow est Charlotte sans masque, épurée, revenant sur les grandes aventures de sa vie hors du Yorkshire, seule, intensément seule après la mort des siens ( suggérée et non évoquée dans le roman). Lucy doit avancer avec le peu qui lui a été donné, ni beauté ni argent ni nom, juste sa volonté intraitable et le don d'enseigner. le don de se faire des amis, aussi. Elle avance en aveugle d'Angleterre au royaume de Labassecour, la Belgique, où se jouera son destin. Engagée dans un pensionnat, elle retrouve des amis d'autrefois et se lie avec quelques uns de ceux qui l entourent, dont l'étrange, colérique et charmant M. Paul Emmanuel, mélange de Rochester et de son grand amour réel Constantin Héger. L'ambiance est comme d'habitude sombre, gothique. Lucy frôle la folie et son imagination extraordinaire nous offre des scènes quasi hallucinatoires, mêlées de réflexions psychologiques poussées sur tous les personnages. Quand Charlotte lâche la bride à ses grands cris de fureur et d'angoisse, elle est d'une puissance redoutable, comme sa soeur Emily. Où peut-on trouver ailleurs des écrivains et ecrivaines de cette envergure ? Je n oublie pas Anne et son génial " La locataire de Wildfeld Hall"...Je cherche, je cherche...damnée tuberculose !
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  • ElBaathory Posté le 20 Avril 2021
    Alors que j’avais adoré Jane Eyre et beaucoup apprécié Le Professeur, je m’attendais au même constat avec cette nouvelle parution sauf que malheureusement, je ressors quelque peu déçu de cette délicate lecture. En effet et même si de nombreux parallèles peuvent être fait entre Villette et Jane Eyre, je dois bien admettre qu’on est loin du compte et que je me suis parfois ennuyé. Pourtant, l’histoire commençait très bien mais plus l’intrigue prenait place, moins j’avais l’impression qu’elle avançait. La faute a de nombreuses longueurs qui sont venues parasiter mon rythme de lecture. Ainsi, nous suivons les traces de Lucy, une jeune orpheline que personne ne remarque débarquée en terre inconnue, la Belgique, dans laquelle celle-ci fera ses premiers pas dans le monde en tant qu’enseignante dans un pensionnat. J’attendais énormément de ce roman initiatique et je pensais être autant heurté et saisi que par mes précédentes lectures sauf qu’il n’en a pas été ainsi. Pour autant, j’ai aimé retrouver le style si beau et la plume si poétique de Charlotte Brontë. Une nouvelle fois, cette dernière démontre toute l’étendue de son talent et parvient à faire passer de nombreuses émotions à travers son style si pur et complet et parfaitement... Alors que j’avais adoré Jane Eyre et beaucoup apprécié Le Professeur, je m’attendais au même constat avec cette nouvelle parution sauf que malheureusement, je ressors quelque peu déçu de cette délicate lecture. En effet et même si de nombreux parallèles peuvent être fait entre Villette et Jane Eyre, je dois bien admettre qu’on est loin du compte et que je me suis parfois ennuyé. Pourtant, l’histoire commençait très bien mais plus l’intrigue prenait place, moins j’avais l’impression qu’elle avançait. La faute a de nombreuses longueurs qui sont venues parasiter mon rythme de lecture. Ainsi, nous suivons les traces de Lucy, une jeune orpheline que personne ne remarque débarquée en terre inconnue, la Belgique, dans laquelle celle-ci fera ses premiers pas dans le monde en tant qu’enseignante dans un pensionnat. J’attendais énormément de ce roman initiatique et je pensais être autant heurté et saisi que par mes précédentes lectures sauf qu’il n’en a pas été ainsi. Pour autant, j’ai aimé retrouver le style si beau et la plume si poétique de Charlotte Brontë. Une nouvelle fois, cette dernière démontre toute l’étendue de son talent et parvient à faire passer de nombreuses émotions à travers son style si pur et complet et parfaitement maitrisé. J’ai même été agréablement surpris par l’inspiration gothique et surtout par sa mise en situation, octroyant à ce roman une dimension parfois fantastique plaisante et mystérieuse à lire. D’autant plus que comme à l’accoutumée, l’auteure s’inspire de son vécu et apporte une très large dimension autobiographique à Villette. C’est pourquoi, j’ai aimé les sujets abordés tels que les différences sociales et religieuses et le sentiment d’inappartenance dont souffre Lucy. Celui-ci la poursuivra jusqu’à la fin du roman, qui reste très largement ouverte et interprétable de milles manières, faisant de ce personnage, un personnage attachant et captivant. C’est une héroïne tout en lucidité et en sensibilité qu’il nous est dévoilé. D’autant plus que Charlotte Brontë explore le moindre détail de la psychologie de Lucy, la mettant complètement à nu. Malgré tout, je dois reconnaître que malgré son tempérament pondéré et mesuré, j’aurais apprécié que cette dernière se dévoile un peu plus tourmentée et beaucoup plus active. En effet, cette dernière subit plus qu’elle impose et cela peut parfois paraître assez irritant. Néanmoins et en remettant le contexte autobiographique de ses œuvres, je pense que Charlotte Brontë exorcisait ses propres démons à travers ses écrits. Malheureusement, je n’ai pas apprécié plus que cela le personnage de Mr Paul. On est loin des gentlemans charismatiques et emblématiques dignes des romans victoriens. En ce sens, je n’ai pas spécialement apprécié la trame romantique de cette intrigue. Heureusement que nous rencontrons d’autres personnages et que certains, comme Polly et le Dr John, parviennent à se démarquer. En somme, je ressors mitigé de cette lecture en dent de scie et même si j’ai aimé retrouver la plume si sensible et poétique de Charlotte Brontë, je ne suis pas parvenu à être totalement transcendé par cette dernière. La faute à une héroïne un poil trop résignée et a quelques longueurs présentes et cassant mon rythme de lecture. Je pense néanmoins qu’il doit être lu par tous les amateurs de l’auteure.
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  • JanisJoplinInWonderland Posté le 10 Avril 2021
    Entrer dans l’histoire fut très compliqué pour moi. Le personnage principal et la narratrice de ce récit, Lucy Snowe, est très énigmatique. Pendant les soixante premières pages, on ne sait rien d’elle ni de ce qu’elle ressent. Elle ne nous livre que la description de ce qu’elle voit, des personnes avec qui elle vit. Il arrive d’ailleurs fréquemment qu’elle parle d’elle à la troisième personne. Par la suite, passé le côté déroutant de cette narration détachée, j’ai pu m’immerger pleinement dans cette vie de jeune professeure recluse et morne. Au fil des pages, on parvient à accéder aux émotions de la narratrice et la lecture n’en devient que plus agréable. Celles-ci se font de plus en plus intenses, prennent de plus en plus de place. A tel point que certains sentiments ou concepts sont personnifiés par la narratrice, comme s’ils devenaient des personnages à part entière, « Reason » ou « Despair » par exemple. Il y a un autre élément qui m’a dérangée : les nombreuses coïncidences. Je me suis dit à plusieurs reprises que cela manquait de crédibilité. Malgré cela, au final, j’ai beaucoup apprécié cette lecture. J’ai eu envie de savoir quelle fin Charlotte Brontë avait décidé... Entrer dans l’histoire fut très compliqué pour moi. Le personnage principal et la narratrice de ce récit, Lucy Snowe, est très énigmatique. Pendant les soixante premières pages, on ne sait rien d’elle ni de ce qu’elle ressent. Elle ne nous livre que la description de ce qu’elle voit, des personnes avec qui elle vit. Il arrive d’ailleurs fréquemment qu’elle parle d’elle à la troisième personne. Par la suite, passé le côté déroutant de cette narration détachée, j’ai pu m’immerger pleinement dans cette vie de jeune professeure recluse et morne. Au fil des pages, on parvient à accéder aux émotions de la narratrice et la lecture n’en devient que plus agréable. Celles-ci se font de plus en plus intenses, prennent de plus en plus de place. A tel point que certains sentiments ou concepts sont personnifiés par la narratrice, comme s’ils devenaient des personnages à part entière, « Reason » ou « Despair » par exemple. Il y a un autre élément qui m’a dérangée : les nombreuses coïncidences. Je me suis dit à plusieurs reprises que cela manquait de crédibilité. Malgré cela, au final, j’ai beaucoup apprécié cette lecture. J’ai eu envie de savoir quelle fin Charlotte Brontë avait décidé pour son héroïne. Ou anti-héroïne plutôt, je crois que c’est ce qui m’a particulièrement plu. Lucy Snowe semble souvent être assez effacée, ne répond pas aux canons de beauté de l’époque, est sans fortune ni titre de noblesse. En ce sens, Charlotte Brontë fait réellement figure de féministe avant-gardiste en exposant les limitations d’une femme à cette époque.
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