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Robert Laffont
EAN : 9782221128077
Façonnage normé : EPUB2
DRM : DRM Adobe

Le désert des tartares

Michel ARNAUD (Traducteur)
Collection : Pavillons
Date de parution : 20/12/2012

Un chef-d'œuvre de Dino Buzzati.

«Le monde de Buzzati, comme celui de Kafka, est plein de détours, à la manière des labyrinthes: ce carrefour d'espace et de temps où l'homme est placé et qu'il déplace avec lui, sans pouvoir le laisser derrière lui, univers mobile dont les dimensions sont celles d'une cellule de prison dont...

«Le monde de Buzzati, comme celui de Kafka, est plein de détours, à la manière des labyrinthes: ce carrefour d'espace et de temps où l'homme est placé et qu'il déplace avec lui, sans pouvoir le laisser derrière lui, univers mobile dont les dimensions sont celles d'une cellule de prison dont on barbouille les murs aux couleurs de l'infini, c'est le bastion où l'on guette jour après jour l'invasion des Tartares, sans savoir s'il existe réellement des Tartares, ni s'il y en a eu autrefois, ni si le danger existe de les voir surgir, au galop, de ce désert où l'on use ses yeux et sa vie à scruter l'horizon.»Marcel Brion

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EAN : 9782221128077
Façonnage normé : EPUB2
DRM : DRM Adobe

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • gaelpoezevara Posté le 12 Novembre 2020
    J'ai lu ce livre à l'âge de 16 ans environ et il m'avait déjà profondément marqué à l'époque. Mais à trente ans de distance, on le perçoit forcément autrement. Le temps a passé, la vie aussi et l'on comprend mieux les enjeux profonds de cette histoire en forme de parabole magistrale sur la condition humaine. L'inexorable fuite du temps, les rassurantes habitudes, la certitude d'avoir un destin, le sens à donner à la vie... En a-telle un d'ailleurs ? Le lieutenant Drogo s'apercevra que non. Confiné trente années durant dans ce fort inutile et isolé, il a d'abord rêvé des bruissements de la ville, des jolies filles, de sa chère maison maternelle, avant de se reclure dans les rituels militaires vides de sens. L'ironie du sort est féroce. Tandis que la gloire militaire qu'il attendait vainement depuis si longtemps est aux portes du Fort Bastiani, il est contraint de le quitter, vieux et malade. La seule vraie bataille qu'il aura à mener, perdue d'avance, se jouera seul à seul contre la mort, dans une banale chambre d'hôtel. Drogo comprend trop tard les illusions perdues de sa jeunesse, ses belles années gâchées pour un mirage. Et ce faisant, m'est revenu en mémoire et comme... J'ai lu ce livre à l'âge de 16 ans environ et il m'avait déjà profondément marqué à l'époque. Mais à trente ans de distance, on le perçoit forcément autrement. Le temps a passé, la vie aussi et l'on comprend mieux les enjeux profonds de cette histoire en forme de parabole magistrale sur la condition humaine. L'inexorable fuite du temps, les rassurantes habitudes, la certitude d'avoir un destin, le sens à donner à la vie... En a-telle un d'ailleurs ? Le lieutenant Drogo s'apercevra que non. Confiné trente années durant dans ce fort inutile et isolé, il a d'abord rêvé des bruissements de la ville, des jolies filles, de sa chère maison maternelle, avant de se reclure dans les rituels militaires vides de sens. L'ironie du sort est féroce. Tandis que la gloire militaire qu'il attendait vainement depuis si longtemps est aux portes du Fort Bastiani, il est contraint de le quitter, vieux et malade. La seule vraie bataille qu'il aura à mener, perdue d'avance, se jouera seul à seul contre la mort, dans une banale chambre d'hôtel. Drogo comprend trop tard les illusions perdues de sa jeunesse, ses belles années gâchées pour un mirage. Et ce faisant, m'est revenu en mémoire et comme en écho, un passage de la nouvelle de Maupassant, Les Sœurs Rondoli : « C’est en ces heures d’abandon, de noir isolement dans les cités lointaines qu’on pense largement, clairement et profondément. C’est alors qu’on voit bien toute la vie d’un seul coup d’œil en dehors de l’optique d’espérance éternelle, en dehors de la tromperie des habitudes prises et de l’attente du bonheur toujours rêvé. C’est en allant loin qu’on comprend bien comme tout est proche et court et vide ; c’est en cherchant l’inconnu qu’on s’aperçoit bien comme tout est médiocre et vite fini ; c’est en parcourant la terre qu’on voit bien comme elle est petite et sans cesse à peu près pareille. »
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  • ValdeMontparnasse Posté le 4 Novembre 2020
    Ce livre est un monument, un chef d’œuvre. Le ton est lent, pesant, lourd. C’est très bien écrit. Les descriptions sont saisissantes. Mais je me rends compte que compte-rendu du contexte actuel j’ai besoin de livres plus légers, dans tous les cas plus positifs. Je l’ai abandonné, il me pesait trop.
  • Floccus Posté le 13 Octobre 2020
    "Le fort lui paraissait un de ces univers inconnus auxquels il n'avait jamais sérieusement pensé pouvoir appartenir non point parce qu'ils lui semblaient haïssables mais parce qu'infiniment loin de sa vie habituelle." (24) J'ai enfin plongé dans ce livre abandonné au début du confinement à l'occasion d'un séjour à la mer longtemps repoussé lui aussi. le no man's land du camping, à l'abri et l'oubli de toutes préoccupations contextuelles habituelles s'est fondu avec celui du fort - étendues libres des landes d'arrière saison, horizon maritime, des formes humaines, ici et là. Deux bouts du monde. Mais là s'arrête la comparaison, car tandis que je m'adonnais au relâchement des saisies du mental, Drogo s'enferrrait dans l'illusion et "l'inexprimable sentiment de choses à venir". La force d'inertie, la fuite du temps, le vide de l'ennui qui aspire les hommes et les pousse à l'absurdité, puissamment mis en scène par Dino Buzzati, m'ont rappelé la vision de Jean Giono dans "Un roi sans divertissement". Tuer pour s'occuper... Gros sentiment de déprime en refermant le livre. Puis, la réflexion reprenant ses fonctions sur l'émotion, j'ai trouvé que la fin était certes une jolie pirouette littéraire, mais finalement peu convaincante. La mort vue comme un ultime... "Le fort lui paraissait un de ces univers inconnus auxquels il n'avait jamais sérieusement pensé pouvoir appartenir non point parce qu'ils lui semblaient haïssables mais parce qu'infiniment loin de sa vie habituelle." (24) J'ai enfin plongé dans ce livre abandonné au début du confinement à l'occasion d'un séjour à la mer longtemps repoussé lui aussi. le no man's land du camping, à l'abri et l'oubli de toutes préoccupations contextuelles habituelles s'est fondu avec celui du fort - étendues libres des landes d'arrière saison, horizon maritime, des formes humaines, ici et là. Deux bouts du monde. Mais là s'arrête la comparaison, car tandis que je m'adonnais au relâchement des saisies du mental, Drogo s'enferrrait dans l'illusion et "l'inexprimable sentiment de choses à venir". La force d'inertie, la fuite du temps, le vide de l'ennui qui aspire les hommes et les pousse à l'absurdité, puissamment mis en scène par Dino Buzzati, m'ont rappelé la vision de Jean Giono dans "Un roi sans divertissement". Tuer pour s'occuper... Gros sentiment de déprime en refermant le livre. Puis, la réflexion reprenant ses fonctions sur l'émotion, j'ai trouvé que la fin était certes une jolie pirouette littéraire, mais finalement peu convaincante. La mort vue comme un ultime combat au sens militaire, bof. Un combat contre qui, contre quoi ? Et pour quelle victoire ? Et pourquoi seulement au terme de cette vie passagère ? Je prends plutôt le partie de faire de la Bougrinette une amie de tous les jours - certes un peu effrayante, mais partie intégrante de la manifestation et donc de notre essence -, comme l'est la solitude... "Juste à cette époque Drogo s'aperçut à quel point les hommes restent toujours séparés l'un de l'autre malgré l'affection qu'ils peuvent se porter; il s'aperçut que, si quelqu'un souffre autrui ne souffre pas pour cela, même si son amour est grand, et c'est cela qui fait la solitude de la vie." (223)
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  • Myriam3 Posté le 8 Septembre 2020
    Fort Bastiani, citadelle au coeur d'un désert de pierre. Drogo Giovanni, alors dans la fleur de l'âge, y est affecté d'office. Décidé à partir le plus tôt possible afin de se rapprocher de la ville et des jeunes filles, il se laisse malgré lui entraîner dans l'attente d'ennemis potentiels, les Tartares, supposés apparaître un beau jour à l'horizon de ce désert infini. Les jours, puis les semaines, passent animés par les imperceptibles mouvements perçus un jour entre les pierres. Comment quitter le fort alors que l'heure de gloire pourrait être si proche? Peu à peu, Drogo perd contact avec sa ville natale et ses amis d'enfance qui ont continué leur vie de leur côté. On retrouve dans ce roman ce qui faisait la richesse du recueil de nouvelles Le K, dont notamment l'absurdité de la vie et l'ironie qui s'en dégage. Tout ça en fait un récit profondément déprimant mais intriguant également. L'écriture est magnifique, les paysages envoûtants... la philosophie qui s'en dégage donne à méditer sur notre manière d'imprimer la vie en nous.
  • oliviersavignat Posté le 23 Juillet 2020
    Comment un roman dont le personnage principal est le temps qui passe et l'ennui qui s'en dégage, pourrait susciter la ferveur des lecteurs ? Mystère de la littérature. Il n'en reste pas moins que le désert des Tartares demeure une oeuvre immense dont les influences, qui vont de Zangra de Brel au Trône de fer, tissent des ramifications sans fins. Au cours du roman, on est aspiré par cette vacuité qui peuple le récit et qui paradoxalement lui donne son sens. L'existence est vaine et pourtant sans cette vanité elle ne serait rien. Et quand on s'en rend compte, quand le personnage s'en rend compte, sa réaction est autant inattendue que sublime. Un chef d’œuvre impérissable, oui mais qui ne doit pas faire oublier les nouvelles de Buzzati, peut-être moins puissantes, mais tout aussi saisissantes, comme autant de variations sur un thème, ce thème obsédant de la fuite du temps et de son (non)sens.
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