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Omnibus
EAN : 9782258096967
Façonnage normé : EPUB2
DRM : DRM Adobe

Le port des brumes

Maigret

Date de parution : 22/11/2012

Silence, brouillard et frères ennemis  - Disparu depuis six semaines, Yves Joris est retrouvé amnésique, errant dans Paris. La police constate qu'il a reçu récemment une balle dans le crâne, mais qu'il a été soigné...

Silence, brouillard et frères ennemis
Disparu depuis six semaines, Yves Joris est retrouvé amnésique, errant dans Paris. La police constate qu'il a reçu récemment une balle dans le crâne, mais qu'il a été soigné ; des indices montrent qu'il s'est rendu en Norvège. Maigret ramène Joris à Ouistreham, où il...

Silence, brouillard et frères ennemis
Disparu depuis six semaines, Yves Joris est retrouvé amnésique, errant dans Paris. La police constate qu'il a reçu récemment une balle dans le crâne, mais qu'il a été soigné ; des indices montrent qu'il s'est rendu en Norvège. Maigret ramène Joris à Ouistreham, où il vivait avec sa servante. A peine arrivé, Joris meurt empoisonné. Maigret enquête dans le port où les gens se taisent, qu'il s'agisse de marins, comme Grand-Louis, ou de bourgeois fortunés, comme Ernest Grandmaison : pourtant, ils savent à l’évidence bien des choses.
Adapté pour la télévision en 1972, dans une réalisation de Jean-Louis Muller, avec Jean Richard (Commissaire Maigret) et en 1996, sous le titre Maigret et le port des brumes, par Charles Nemes, avec Bruno Cremer (Commissaire Maigret).
Simenon chez Omnibus : les enquêtes du célèbre commissaire Maigret, et les très “noirs” Romans durs

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EAN : 9782258096967
Façonnage normé : EPUB2
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Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • KiriHara Posté le 26 Septembre 2019
    Étant en plein dans ma période de découverte de l’univers du commissaire Maigret, j’enchaîne les romans, toujours dans un ordre chronologique, mais pas forcément en lisant tous les épisodes. En fait, sachant que je ne lirai pas l’ensemble de la production de Simenon au sujet du personnage qui le rendit célèbre, je préfère ne choisir que des romans dont les quatrièmes me parlent plus ou bien sélectionner les romans les plus plébiscités. Aujourd’hui, donc, 12e enquête du Commissaire Maigret qui, une fois encore, va se rapprocher des ports, de la mer, des marins. Il semble évident à la lecture des romans de Simenon et en lisant quelques biographies de l’auteur, que celui-ci adorait tout particulièrement l’eau, la mer et qu’il écrivait beaucoup à l’abri de son propre bateau, l’Ostrogoth, du moins dans les premières années de rédaction des enquêtes de Maigret. Il est même fort probable que « Le port des brumes », ce fameux 12e titre, fut le dernier écrit à bord du bateau. Par la suite, Simenon, fort de l’argent récolté par la vente des adaptations de ses romans « La nuit du carrefour » et « Le chien jaune », préféra quitter le navire pour une demeure qui seyait mieux... Étant en plein dans ma période de découverte de l’univers du commissaire Maigret, j’enchaîne les romans, toujours dans un ordre chronologique, mais pas forcément en lisant tous les épisodes. En fait, sachant que je ne lirai pas l’ensemble de la production de Simenon au sujet du personnage qui le rendit célèbre, je préfère ne choisir que des romans dont les quatrièmes me parlent plus ou bien sélectionner les romans les plus plébiscités. Aujourd’hui, donc, 12e enquête du Commissaire Maigret qui, une fois encore, va se rapprocher des ports, de la mer, des marins. Il semble évident à la lecture des romans de Simenon et en lisant quelques biographies de l’auteur, que celui-ci adorait tout particulièrement l’eau, la mer et qu’il écrivait beaucoup à l’abri de son propre bateau, l’Ostrogoth, du moins dans les premières années de rédaction des enquêtes de Maigret. Il est même fort probable que « Le port des brumes », ce fameux 12e titre, fut le dernier écrit à bord du bateau. Par la suite, Simenon, fort de l’argent récolté par la vente des adaptations de ses romans « La nuit du carrefour » et « Le chien jaune », préféra quitter le navire pour une demeure qui seyait mieux à son nouveau standing. Inutile désormais de présenter l’auteur, Georges Simenon, ni le personnage, le Commissaire Maigret, aussi, intéressons-nous directement à l’enquête en question. Un amateur éclairé des enquêtes du commissaire Maigret disait que certains des meilleurs romans de la série se déroulent au bord de l’eau. N’ayant pas encore une culture en la matière assez développée, je ne pourrais confirmer cette assertion, mais, toujours est-il, qu’il est évident, dans les premières enquêtes du commissaire Maigret, qu’il se plaît et se complaît au bord de l’eau. On sent dans l’atmosphère des enquêtes, dans la plume de Simenon, dans le comportement de Maigret, qu’il est inspiré par la mer et attiré par les ports. Aussi, quand un homme retrouvé errant, le crâne récemment recousu après avoir reçu une balle dans la tête et qu’il est reconnu par sa servante comme étant le capitaine Joris, de Ouistreham, Maigret n’hésite pas à accompagner sur place l’homme et la femme venus le chercher. Mais, le soir même, le capitaine est empoisonné chez lui, ce qui amplifie le mystère autour de cette histoire. Qui a tiré sur l’homme ? Qui a chèrement payé l’opération pour lui sauver la vie ? D’où viennent les 300 000 francs déposés sur son compte ? Qui a empoisonné le capitaine et pourquoi ? Très rapidement Maigret est persuadé que le frère de la domestique, un ancien bagnard, est mêlé de près et de loin à l’histoire, mais il va se heurter au maire du village dont l’attitude va l’intriguer également. Maigret se rend à Ouistreham, un port dans lequel l’Ostrogoth de Simenon était amarré, c’est dire si Simenon s’inspire ici d’une ambiance, d’un village (village à l’époque) et d’une atmosphère et d’un monde qu’il connaît bien. Là, le policier va être confronté au mutisme du monde maritime, aux embruns, au brouillard, à l’atmosphère à la fois collante, saline, humide, des bords de mer. Simenon s’amuse à nouveau à confronter les mondes, les travailleurs et les nantis à travers les multiples personnages de marins et celui du maire du village, armateur et employeur de la plupart des ouvriers du coin. Tout comme il l’a fait dans « Le chien jaune », Simenon prendra parti pour le démuni face à cette caste plus favorisée à laquelle il appartient pourtant de plus en plus. S’il a déjà égratigné les castes plus huppées, il confronte cette fois-ci son personnage à celle, certes plus rustique, mais surtout plus mutique, des marins. Un monde où personne ne parle, pas même pour le bien de tous. Face à ce mutisme, Maigret, énervé, bougon, va devoir redoubler d’investissement intellectuel et physique, afin de faire la lumière sur cette complexe affaire qui, comme bien souvent, prend naissance dans les méandres de l’âme humaine. Il prendra fait et cause pour ces derniers malgré leur rudesse et ce qu’ils lui feront subir aussi bien mentalement que physiquement. On retrouve le talent inimitable de l’auteur pour instiller une atmosphère à grande économie de mots. En fait, Simenon instaure tous les ingrédients qui font le succès des bons épisodes précédents. Bref, pas grand-chose à dire d’autre que voilà un bon roman dans la lignée des précédents, notamment, pour l’ambiance, « Le chien jaune ». Au final, Georges Simenon nous livre là un bon petit roman policier à ambiance, très maîtrisé au niveau de l’atmosphère, du style et avec un personnage qui s’épaissit d’épisode en épisode...
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  • Polars_urbains Posté le 10 Mai 2018
    Un capitaine de la marine marchande est retrouvé errant dans Paris, frappé d’amnésie suite à une blessure à la tête. Chargé de l’enquête, Maigret le ramène chez lui, à Ouistreham, où il meurt empoisonné le soir de son arrivée. Après Chez les Flamands, pour une mission hors-Paris le commissaire retrouve le monde de la navigation, des armateurs et des marins. Une enquête délicate dans le froid, le brouillard et la tempête, au rythme des marées et des éclusées. L’affaire est complexe, voire rocambolesque et finalement tragique : sur fond d’anciennes rivalités familiales et amoureuses, il est question d’enfant naturel, de fuite à l’étranger, d’une tentative d’enlèvement qui tourne mal, d’assassinat… Mais l’intérêt est aussi dans le contraste antre les petites gens du port - du douanier aux aides-éclusiers -, et les bourgeois d’Ouistreham autour du maire et armateur (« …gros personnage du petit patelin qui se croit le centre du monde… »). Maigret, qui décidément n’aime pas les riches et les notables, choisit vite son camp (« On savait qu’il avait trinqué avec le groupe de la buvette et on le saluait avec un rien de familiarité. »), ce qui ne va pas faciliter son travail. Le port des brumes est... Un capitaine de la marine marchande est retrouvé errant dans Paris, frappé d’amnésie suite à une blessure à la tête. Chargé de l’enquête, Maigret le ramène chez lui, à Ouistreham, où il meurt empoisonné le soir de son arrivée. Après Chez les Flamands, pour une mission hors-Paris le commissaire retrouve le monde de la navigation, des armateurs et des marins. Une enquête délicate dans le froid, le brouillard et la tempête, au rythme des marées et des éclusées. L’affaire est complexe, voire rocambolesque et finalement tragique : sur fond d’anciennes rivalités familiales et amoureuses, il est question d’enfant naturel, de fuite à l’étranger, d’une tentative d’enlèvement qui tourne mal, d’assassinat… Mais l’intérêt est aussi dans le contraste antre les petites gens du port - du douanier aux aides-éclusiers -, et les bourgeois d’Ouistreham autour du maire et armateur (« …gros personnage du petit patelin qui se croit le centre du monde… »). Maigret, qui décidément n’aime pas les riches et les notables, choisit vite son camp (« On savait qu’il avait trinqué avec le groupe de la buvette et on le saluait avec un rien de familiarité. »), ce qui ne va pas faciliter son travail. Le port des brumes est une plongée dans une petite ville côtière où un évènement dramatique s’est déroulé mais où « ceux qui se mentent pas se taisent bien qu’ils sachent quelque chose ». Dans ce roman où il est bien difficile de savoir qui a le rôle principal - le maire, le capitaine Joris, un marin ancien bagnard, un étranger mystérieux - tous sont contre Maigret car personne ne souhaite que vérité soit faite. Mais il avance, lourd et lent dans son pardessus détrempé par la pluie, dans une ville multiforme, des beaux quartiers à la taverne du port près de l’écluse. Comme souvent, il ne donnera pas suite et quittera discrètement une ville dont il connait désormais tous les recoins, laissant du temps au temps.
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  • Ponna Posté le 30 Septembre 2015
    Maigret enquête à Ouistreham, au sujet d'un capitaine qui réapparait dans sa ville, quelques semaines après avoir disparu, blessé et amnésique. L'atmosphère est brumeuse à tel point que notre pauvre Maigret finit imbibé par l'humidité (et pas par l'alcool, quoique...). Les Normands y sont taiseux; un épisode honnête, sans plus!
  • Siladola Posté le 2 Septembre 2015
    Un Simenon pour l'été, dans un port qui pourrait être le vôtre, mais à la saison des tempêtes. Une couverture grise d'Arthème Fayard, usée comme une vieille DS, et le même plaisir à monter en voiture pour une enquête policière, ce véhicule confortable et poussiéreux qui vous emporte silencieusement...C'est le charme de la France d'autrefois, vue par un touriste belge : la Normandie presque trop vraie, les pêcheurs de documentaire, le bistrot de la capitainerie et les notables qui se donnent des airs de hobereaux...Maigret n'a pas encore d'épouse, ou bien on n'en parle pas, et, s'il vient de Paris, le célèbre Boulevard Richard Lenoir n'est pas mentionné. On s'ébahit à observer un coin de fenêtre éclairée entre des rideaux, aux côtés d'un brigadier transi, jugé sur des pierres. On stagne dans le brouillard, un peu trop cotonneux peut-être, mais baste, roman noir oblige. En de trop courtes heures, on se retrouve à l'épilogue, sans avoir molli plus que novembre sur le littoral, avec le plaisir tout simplement d'avoir été emporté dans la lecture. Gide écrivait à Simenon, paraît-il : « Je trouve que votre œuvre va très loin, sans en avoir l’air et comme sans le savoir. » J'ai... Un Simenon pour l'été, dans un port qui pourrait être le vôtre, mais à la saison des tempêtes. Une couverture grise d'Arthème Fayard, usée comme une vieille DS, et le même plaisir à monter en voiture pour une enquête policière, ce véhicule confortable et poussiéreux qui vous emporte silencieusement...C'est le charme de la France d'autrefois, vue par un touriste belge : la Normandie presque trop vraie, les pêcheurs de documentaire, le bistrot de la capitainerie et les notables qui se donnent des airs de hobereaux...Maigret n'a pas encore d'épouse, ou bien on n'en parle pas, et, s'il vient de Paris, le célèbre Boulevard Richard Lenoir n'est pas mentionné. On s'ébahit à observer un coin de fenêtre éclairée entre des rideaux, aux côtés d'un brigadier transi, jugé sur des pierres. On stagne dans le brouillard, un peu trop cotonneux peut-être, mais baste, roman noir oblige. En de trop courtes heures, on se retrouve à l'épilogue, sans avoir molli plus que novembre sur le littoral, avec le plaisir tout simplement d'avoir été emporté dans la lecture. Gide écrivait à Simenon, paraît-il : « Je trouve que votre œuvre va très loin, sans en avoir l’air et comme sans le savoir. » J'ai relu Les Faux Monnayeurs juste après : le chef de file de la NRF était de beaucoup plus cérébral. Du coup ses ouvrages paraissaient fabriqués. Pas sûr que Simenon allait très loin, lui, mais, sans en avoir l'air, il vous emmenait dans ses rêves de brume.
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  • Woland Posté le 7 Octobre 2014
    On ne le répètera jamais assez : quelques uns des meilleurs "Maigret" se déroulent au bord de l'eau, qu'il s'agisse de l'eau douce et ronronnante des grands fleuves ou de celle, plus âpre et plus souvent portée aux colères inattendues, de l'océan. Avec le capitaine Joris, échappant de peu à une balle qui voulait lui fracasser le crâne, puis soigné par un chirurgien anonyme mais des plus habiles qui ne parvient tout de même pas à lui rendre la mémoire ; avec cette silhouette, devenue amnésique et quasi muette, retrouvée errant dans un Paris où elle ne reconnaît rien et où il faudra attendre la sortie des journaux de province pour que Julie, la bonne à tout faire du malheureux, se précipite au Quai des Orfèvres ; avec ce personnage aimable, silencieux, que le lecteur devine bon, généreux, brave homme, quoi , qu'un parfait salaud trouve pourtant le moyen d'achever à la strychnine le lendemain-même de son retour chez lui, à Ouistreham, "Le Port des Brumes" fait partie de ces réussites de Simenon, que fouettent des embruns implacables, que bouscule dans tous les sens un vent incontrôlable, tour à tour joueur et impitoyable, qu'accable enfin une pluie lente, solennelle, toute-puissante,... On ne le répètera jamais assez : quelques uns des meilleurs "Maigret" se déroulent au bord de l'eau, qu'il s'agisse de l'eau douce et ronronnante des grands fleuves ou de celle, plus âpre et plus souvent portée aux colères inattendues, de l'océan. Avec le capitaine Joris, échappant de peu à une balle qui voulait lui fracasser le crâne, puis soigné par un chirurgien anonyme mais des plus habiles qui ne parvient tout de même pas à lui rendre la mémoire ; avec cette silhouette, devenue amnésique et quasi muette, retrouvée errant dans un Paris où elle ne reconnaît rien et où il faudra attendre la sortie des journaux de province pour que Julie, la bonne à tout faire du malheureux, se précipite au Quai des Orfèvres ; avec ce personnage aimable, silencieux, que le lecteur devine bon, généreux, brave homme, quoi , qu'un parfait salaud trouve pourtant le moyen d'achever à la strychnine le lendemain-même de son retour chez lui, à Ouistreham, "Le Port des Brumes" fait partie de ces réussites de Simenon, que fouettent des embruns implacables, que bouscule dans tous les sens un vent incontrôlable, tour à tour joueur et impitoyable, qu'accable enfin une pluie lente, solennelle, toute-puissante, qui a cessé d'être un phénomène climatique pour devenir un personnage à part entière et qui décevrait fort le lecteur si elle refusait de jouer son rôle. "Le Port des Brumes" se lit encore mieux la nuit, alors que la pluie justement tambourine sur votre toiture et que le vent ne cesse de tourner, sournois, bouffon, inquiétant - malveillant, qui sait ? - autour de votre maison, de votre appartement, de votre jardin - autour de vous. Hanté par une humidité aussi constante que résolue, par des brouillards ambigus où s'allument de temps à autre des feux, rouges ou verts, à peine nés qu'aussitôt renvoyés à leur néant, par les silhouette plus ou moins vagues des bateaux au port ou en partance - mais sont-ce bien tous des bateaux ? - et par les silhouettes, encore moins faciles à définir et surtout à ramener sous les feux de la rampe, des notables du coin, dont un maire aussi vaniteux qu'envahissant par son obstination à mener lui-même (enfin, c'est lui qui le dit ) son enquête personnelle sur un administré pour qui (c'est encore lui qui le dit ) on ne pouvait qu'avoir de la sympathie en dépit de la mollesse certaine de caractère dont il faisait preuve et de ses origines un peu ... comment dire ? ... oui, un peu humbles What the fuck ?!? , ce roman évoque malgré tout un coussin d'un moëlleux somptueux, dans lequel on s'enfonce et on s'enfonce encore, avide de savoir à tous prix - et peu importent les heures qui passent - qui a commis l'ignominie suprême d'achever à la strychnine un pauvre amnésique dont le seul tort avait été de s'être montré un véritable ami. Les scènes comiques, dont certaines à la limite du cocasse, mais un cocasse quand même un brin inquiétant, ne manquent pas. Il y a tout d'abord le maire, Grandmaison, épié par Maigret et Janvier et qui se fait rosser plusieurs fois, et de manière ma-gis-tra-le ! par Grand-Louis, le propre frère de Julie. Désireux avant tout de savoir pourquoi ce maire si hautain reçoit chez lui un simple matelot débraillé, à qui il offre à boire, à manger et avec qui il entame une partie d'échecs (!!!), les deux policiers n'interviennent pas. Grand-Louis est un costaud mais il sait où s'arrêter. Il y a aussi la scène où Maigret se retrouve piégé - entre autres par Grand-Louis - et ligoté comme un saucisson sur le quai, attendant une aube qui, en ramenant les premiers pêcheurs et employés des douanes, lui permettra de retrouver et son aplomb terrestre, et sa dignité de commissaire divisionnaire. Et pourtant, le drame est là. Présent plus que jamais, pourrait-on dire. Un drame intime, l'une de ces vieilles histoires familiales à laquelle le capitaine Joris avait simplement voulu aider à apporter un point final - et heureux. Un drame dont on a bien du mal à dévider l'écheveau tant Simenon nous emporte sur des fausses pistes tournant toutes plus ou moins autour du rachat du Saint-Michel, le bateau sur lequel navigue Grand-Louis et qui, même s'il est lié à l'affaire, n'en est pas le noeud central. Nous aussi secoués par les rafales et les gifles pluvieuses qui nous attaquent de tous côtés, glissant sur des pavés trop humides et dans des trous qu'on ne parvient pas à discerner tant ils sont noirs et tant est noir "Le Port des Brumes", tombant, nous relevant animés par le désir bientôt obsessionnel de connaître le nom de l'empoisonneur à la strychnine, serrant de plus en plus fort les dents non sur quelque pipe mais sur ce qui finit, parfois, par nous apparaître comme quelque impossible défi, que Maigret lui-même ne parviendra pas à relever, nous avançons, nous claudiquons, nous nous traînons même jusqu'au coup de feu final et libérateur. En voilà un, en tous cas, que nous ne pleurerons pas ... Amoureux de la pluie, du vent et des spectres du passé qui errent dans des brumes narquoises et souveraines, rejoignez-nous à Ouistreham ou plutôt au "Port de Brumes" de Georges Simenon. Vous verrez que l'étape y sera chaleureuse. ;o)
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