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            L'écluse n°1

            Omnibus
            EAN : 9782258097254
            Façonnage normé : EPUB2
            DRM : DRM Adobe
            L'écluse n°1
            Maigret

            Date de parution : 22/11/2012

            Question de paternité  - Après une soirée trop arrosée, le vieux Gassin, en regagnant son bateau, tombe à l'eau et est aussitôt agrippé par un deuxième homme en passe de se noyer.

            Question de paternité
            Après une soirée trop arrosée, le vieux Gassin, en regagnant son bateau, tombe à l'eau et est aussitôt agrippé par un deuxième homme en passe de se noyer. Ce dernier n'est autre que Ducrau, le patron de Gassin. On les repêche et on s'aperçoit que Ducrau a...

            Question de paternité
            Après une soirée trop arrosée, le vieux Gassin, en regagnant son bateau, tombe à l'eau et est aussitôt agrippé par un deuxième homme en passe de se noyer. Ce dernier n'est autre que Ducrau, le patron de Gassin. On les repêche et on s'aperçoit que Ducrau a reçu un coup de couteau dans le dos avant de se retrouver dans le canal. On parvient à le sauver et il demande l'intervention de la police, ce qui déclenche l'enquête de Maigret…
            Adapté pour la télévision en 1970, par Claude Barma, avec Jean Richard (Commissaire Maigret) et en 1994, sous le titre Maigret et l’écluse n°1 dans une réalisation d’Olivier Schatzky, avec Bruno Cremer (Commissaire Maigret), Jean Yanne (Emile Ducrau).
            Simenon chez Omnibus : les enquêtes du célèbre commissaire Maigret, et les très “noirs” Romans durs

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            EAN : 9782258097254
            Façonnage normé : EPUB2
            DRM : DRM Adobe

            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • Davjo Posté le 25 Septembre 2018
              L’ÉCLUSE N°1 de Georges Simenon (1903-1989) écrit en avril 1933 . Maigret n°17. On est à Charenton-le-Pont, à l’écluse n°1. Un homme îvre, Gassin, sort d’un bistrot et tombe à l’eau alors qu’il regagne son bateau. Il est retenu par quelque chose sous l’eau. Un corps ! A l’aide d’une gaffe, on retire le corps du noyé, qui a pris un coup de couteau, et on reconnaît Mimile, c’est-à-dire Emile Ducrau, l’armateur tout-puissant qui règne sur le canal, de Charenton jusqu’à la Belgique. Ducrau, une force de la nature, entêté, est ranimé et ramené chez lui. Gassin, lui, va poursuivre sa "neuvaine" d'alcoolique, d'estaminet en estaminet. Le lendemain, le commissaire Maigret descend du tramway n°13 Bastille Créteil pour mener son enquête. Qui a essayé de tuer Ducrau et pourquoi ? Le commissaire n’a plus que quelques jours à faire dans la police avant de prendre sa retraite anticipée et de s’installer dans sa « bicoque » des bords de la Loire. Sa femme part d’ailleurs là-bas, par la gare d'Orsay, pour installer les meubles. Il découvre donc ce petit monde dominé par la personnalité écrasante de Ducrau avec lequel se noue une relation équilibrée et un jeu du chat et de... L’ÉCLUSE N°1 de Georges Simenon (1903-1989) écrit en avril 1933 . Maigret n°17. On est à Charenton-le-Pont, à l’écluse n°1. Un homme îvre, Gassin, sort d’un bistrot et tombe à l’eau alors qu’il regagne son bateau. Il est retenu par quelque chose sous l’eau. Un corps ! A l’aide d’une gaffe, on retire le corps du noyé, qui a pris un coup de couteau, et on reconnaît Mimile, c’est-à-dire Emile Ducrau, l’armateur tout-puissant qui règne sur le canal, de Charenton jusqu’à la Belgique. Ducrau, une force de la nature, entêté, est ranimé et ramené chez lui. Gassin, lui, va poursuivre sa "neuvaine" d'alcoolique, d'estaminet en estaminet. Le lendemain, le commissaire Maigret descend du tramway n°13 Bastille Créteil pour mener son enquête. Qui a essayé de tuer Ducrau et pourquoi ? Le commissaire n’a plus que quelques jours à faire dans la police avant de prendre sa retraite anticipée et de s’installer dans sa « bicoque » des bords de la Loire. Sa femme part d’ailleurs là-bas, par la gare d'Orsay, pour installer les meubles. Il découvre donc ce petit monde dominé par la personnalité écrasante de Ducrau avec lequel se noue une relation équilibrée et un jeu du chat et de la souris. Bon roman d’atmosphère, beau portrait d’un homme puissant en affaire, ancien marinier qui s’est hissé hors de sa classe sociale à la force du poignet mais qui souffre de ne jamais ressembler à ces bourgeois qu’il côtoie dans sa propriété des bords de Seine à Samois. Simenon décrit un homme obligé de tomber l’armure, et qui montre toutes ses fêlures. Il y a des personnages aussi, tout d’abord Aline, la fille de Gassin, qui a un esprit de fillette de neuf ans, apparition angélique qui ne manque pas d’émouvoir Maigret. Gassin, le vieil ami de Ducrau, qui entre dans une neuvaine d’alcool. Jean, le fils fragile de Ducrau. Et Bébert, l’aide-éclusier, pourquoi va-t-il commettre cet acte insensé au-milieu du roman ? Personnages: Jules Maigret, commissaire de police « Le commissaire, cependant, avalait une grande gorgée de bière fraîche, s'essuyait les lèvres et bourrait une nouvelle pipe. » Emile Ducrau, dit Mimile, armateur « Il avait une physionomie étrange, une tête large, charnue, aux traits épais, et pourtant on sentait que c'était dur, d'une solidité exceptionnelle. Son regard, quand il guettait un réflexe de Maigret, rappelait celui des vieux paysans qui font un marché à la foire, mais, la seconde d'après, les yeux bleus révélaient une naïveté déroutante. » Gassin, vieil ami de Ducrau « Le vieux Gassin était là, tout seul, hargneux comme un chien malade, les yeux plus bordés de rouge que jamais » Aline, fille de Gassin « ...Maigret avait eu le sentiment de l'étrangeté d'Aline, qui, de loin, avait quelque chose d'aérien. Or, elle n'était ni mince ni frêle. Et même, quand on la voyait de près, on constatait qu'elle avait une chair saine et ferme, pleinement vivante. Ses traits étaient réguliers, et son teint coloré contrastait avec la blondeur de ses cheveux. » Lucas, inspecteur de police Jeanne Ducrau, femme de Ducrau Berthe Ducrau, fille de Ducrau Decharme, gendre de Ducrau Bébert, aide-éclusier Jean Ducrau, fils de Ducrau « Rien sur ce Jean Ducrau, rien de rien ! Il y a comme cela des êtres sur qui les gens n'ont rien à dire. » Mme Maigret Lieux: Charenton, autour de l’écluse n°1 : - La Toison d’or, le bâteau de Gassin, où il vit avec Aline, sa fille. - La Maison haute, où vivent les Ducrau et la maîtresse de Ducrau. Paris - Le Tabac Henri IV au-milieu du Pont Neuf - Le Quai des Orfèvres - Le Bureau de Ducrau, 33, quai des Célestins - L’appartement de Maigret, boulevard Edgar-Quinet, vidé de ses meubles. Samois-sur-Seine, la propriété de Ducrau en Seine-et-Marne, le long du chemin de halage. « La maison de campagne de Ducrau, à Samois, séparée de la Seine par le chemin de halage, était une grande construction à trois ailes précédée d'une cour d'honneur »
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            • Polars_urbains Posté le 23 Août 2017
              L'écluse n°1 est parmi les romans les plus noirs de Simenon. Car l'histoire d'Emile Ducrau, simple marinier devenu armateur, est celle d'un homme que ni la réussite ni la fortune n'auront finalement satisfait. Même sa double vie cachée - thème courant chez Simenon (Maigret et le clochard, Maigret et l'homme du banc) - ne le conduira qu'à reconnaitre l'échec d'une vie qui n'aura été finalement qu'une vaste tromperie. L'intrigue est simple mais bien menée (une tentative de meurtre, un meurtre), le milieu social bien dépeint. L'évocation saisissante de précision du monde des canaux et des mariniers ne surprendra pas les lecteurs de Simenon (Le charretier de la Providence, Chez les Flamands…). Les plus attentifs noteront toutefois que l'auteur n'a pas encore très bien défini les traits et la manière d'être de Maigret, pourtant présenté ici comme étant à quelques jours de la retraite, et que la chronologie n'était pas le principal souci de Simenon. Mais ils découvriront un commissaire attentif aux autres, à leur histoire, prêt à comprendre si ce n'est à pardonner.
            • Nikoz Posté le 8 Août 2015
              Une étrange enquête... Pour un étrange coupable
            • Woland Posté le 19 Octobre 2014
              Au fil de ses aventures dans un monde qui a tout d'un kaléidoscope de brumes et de lumières, le commissaire Maigret a rencontré toutes sortes de personnages et fait face à toutes sortes de situations. Parlons d'abord des femmes car, pour ceux qui connaissent les relations de Simenon avec la gent féminine et plus encore ce lien d'amour-haine qu'il entretint jusqu'au bout avec sa mère, il y a là quelque chose de très étonnant. Cet homme à femmes, ce mari volage, ce père ambigu qui inventa le personnage de Maigret, est aussi l'auteur de quelques uns des plus beaux portraits de femmes de la littérature. Certaines de ses héroïnes, même quand on les sait coupables, sont tout bonnement extraordinaires de vérité et de dignité. Crime ou pas, on a envie de les aimer : elles sont si fortes, si rassurantes ... Simenon a aussi magnifiquement recréé les gorgones de l'Antiquité, les réincarnant les unes en femmes fatales, les autres en impeccable mères de famille dissimulant, sous leurs beaux atours à la messe du dimanche, une folie qui rampe et s'insinue ... Les jeunes filles ne sont pas à négliger: innocentes mais résolues, incompréhensibles, superficielles, découpées en silhouettes ou brodées en... Au fil de ses aventures dans un monde qui a tout d'un kaléidoscope de brumes et de lumières, le commissaire Maigret a rencontré toutes sortes de personnages et fait face à toutes sortes de situations. Parlons d'abord des femmes car, pour ceux qui connaissent les relations de Simenon avec la gent féminine et plus encore ce lien d'amour-haine qu'il entretint jusqu'au bout avec sa mère, il y a là quelque chose de très étonnant. Cet homme à femmes, ce mari volage, ce père ambigu qui inventa le personnage de Maigret, est aussi l'auteur de quelques uns des plus beaux portraits de femmes de la littérature. Certaines de ses héroïnes, même quand on les sait coupables, sont tout bonnement extraordinaires de vérité et de dignité. Crime ou pas, on a envie de les aimer : elles sont si fortes, si rassurantes ... Simenon a aussi magnifiquement recréé les gorgones de l'Antiquité, les réincarnant les unes en femmes fatales, les autres en impeccable mères de famille dissimulant, sous leurs beaux atours à la messe du dimanche, une folie qui rampe et s'insinue ... Les jeunes filles ne sont pas à négliger: innocentes mais résolues, incompréhensibles, superficielles, découpées en silhouettes ou brodées en poupées, prêtes à tout par amour ou solidarité, excentriques aussi et, bien sûr, ce qu'on appelait encore à cette époque les "vieilles filles" comme la Julie du "Port des Brumes" ou la "Félicie" de "Félicie est là." Mais par le nombre, les hommes conservent la partie belle. On évoquera, non sans quelque tendresse, les demi-sels qui, sortis des obligations du "métier", ne demandent pas mieux que de prendre une bière avec un Maigret que, dans le fond, ils admirent et respectent ; la masse des notables, petits ou grands bourgeois, presque tous insupportables, en tous cas au premier regard, snobinards ou faussement joviaux, toujours prêts à citer le procureur ou le préfet qui est "de leurs amis", alcooliques ou d'une sobriété trop donneuse de leçons pour être honnête, toujours prêts à courir le jupon, sans honte pour les célibataires, dans l'ombre et avec mille précautions pour les hommes mariés, parfois foncièrement honnêtes mais acculés au crime parce qu'une imprudence les a projetés entre le marteau du chantage et l'enclume de la révélation d'une erreur passée ; leurs domestiques, impassibles ou révoltés, qui cachent tous quelque chose ou alors mènent délibérément Maigret sur une fausse piste pour le bénéfice de leurs maîtres ; les "petits métiers", à savoir cabaretiers rubiconds, aubergistes maussades, bateliers à demi mutiques, marins eux aussi taiseux par nature mais qui, lorsqu'ils ont bu n'importe quoi, se mettent à bramer bien haut tout ce qu'on ne voudrait pas entendre, et puis, par-ci, par-là, quelques paysans, dont on ne peut guère dire qu'ils se montrent plus bavards ; la lie de la pègre, qui, en général, ne fait que passer mais qui occupe bien la scène quand on lui laisse carte blanche ; un ou deux enfants de choeur, qui se glissent dans les rues des petites villes pour réveiller les nostalgies d'enfance du commissaire ... ; sans oublier les policiers, les honnêtes et les ripoux, et, tout à fait à part, le célèbre inspecteur Lognon, mieux connu de la P. J. et des lecteurs de Simenon sous son surnom ô combien évocateur de "l'Inspecteur Malgracieux." Et pourtant, il faut bien l'admettre, rares sont, dans cette foule virile, ceux qui se sentent assez forts pour affronter le défi Maigret. Pietr-le-Letton est de ceux-là et le Dr Michoux, qui ne consulte jamais, est confondant de froideur. Autre exception, sidérante parce que comme toute faite de la glace la plus pure : Grandmaison, le maire du "Port des Brumes." Et puis, dans "L'Ecluse N°1", apparaît Emile Ducrau, patron-marinier qui traîne sur les quais de la Seine une silhouette qui se veut invincible et un caractère qui n'a pratiquement rien à exprimer pour que le plus idiot comprenne que mieux vaut ne pas s'y frotter. Dès le début, Ducrau et Maigret se reconnaissent comme nés sinon du même moule, en tous cas de moules voisins : ambitieux tous les deux, habitués à penser et à raisonner de telle sorte qu'ils déroutent leur adversaire, lequel s'imagine, bien à tort, qu'ils ne pensent ni ne raisonnent, ne lâchant jamais l'un la piste qu'il suit, l'autre l'affaire qu'il a flairée, tous deux monstres de volonté et aussi d'entêtement, tous deux lourds de cette "pesanteur" dont Simenon qualifie souvent Maigret tout en précisant qu'il est bien difficile de définir correctement la nature du phénomène. Mais attention ! Il y a pourtant de subtiles, d'essentielles différences entre Ducrau et Maigret. La plus importante peut-être, c'est que Maigret a un foyer où se resourcer, une Mme Maigret sur qui il peut toujours compter - et qu'il aime, à sa manière bourrue et taquine même si, comme l'affirma un jour Simenon dans une interview, il pensait pour sa part que Maigret trompait sa femme de temps à autre mais que, lui, Simenon, n'était pas attiré par l'idée d'en faire un livre.. Pour Ducrau, ce n'est pas du tout la même chose - et c'est là, d'ailleurs, que réside le drame qui viendra à bout de lui : oui, il est marié et, contrairement au couple Maigret, resté sans enfants après la mort d'une petite fille, il a deux enfants, un fils et une fille. On peut même y adjoindre un beau-fils, qui est dans l'armée. Mais cette famille est une coquille vide ou presque et Ducrau ne l'aime pas. Le lecteur finirait par s'en apercevoir très vite si le patron-batelier qui, autre différence avec Maigret, est plutôt du genre bavard, ne l'en prévenait largement à l'avance. "L'Ecluse N°1" peut se résumer à un affrontement entre deux fortes personnalités, là encore dans un décor fluvial, avec écluses, péniches et brumes venues de l'eau. Mais la profondeur psychologique des personnages, l'habileté avec laquelle l'auteur amène l'intrigue centrale, une intrigue que le théâtre grec n'aurait pas reniée, dans un univers moderne et somme toute assez banal, dote ce duel d'une épaisseur et d'une puissance qu'on n'oublie pas. ;o)
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            • GribouilleChat Posté le 3 Février 2013
              Retour aux fondamentaux : L’écluse n°1 de Simenon. Les organisateurs de l’opération « Masse critique » sur Babelio m’ont offert un livre au format numérique réalisé par les éditions Omnibus, un bon vieux Maigret de derrière les fagots et je les en remercie ! Un grand malentendu m’a longtemps éloignée de Simenon. J’étais adolescente et, pour moi, c’était un auteur de polars, écrits vite. Je sortais d’Agatha Christie et j’attendais des énigmes, des rebondissements, une lecture facile et rapide. Je croyais que Maigret, c’était Gabin dans L’Affaire Saint-Fiacre, ou Jean Richard – dont je ne connaissais pas la carrière comique. Grosse déception donc ! Me voici donc plongée dans ce roman court mais terriblement dense. Un soir, à l’écluse n°1 de Charenton, le vieil ivrogne Gassin tombe à l’eau et se croit happé par un noyé ; l’homme – Ducrau le « patron » d’une véritable flotte de péniches – et de divers chantiers n’est pas mort : poignardé, il est tombé à l’eau mais sa blessure n’est que légère. Maigret, qui se prépare à tirer sa révérence de la PJ, est chargé de l’enquête. Selon ses bonnes vieilles habitudes, il flâne au bord de l’eau, rencontre la fille de Gassin, un... Retour aux fondamentaux : L’écluse n°1 de Simenon. Les organisateurs de l’opération « Masse critique » sur Babelio m’ont offert un livre au format numérique réalisé par les éditions Omnibus, un bon vieux Maigret de derrière les fagots et je les en remercie ! Un grand malentendu m’a longtemps éloignée de Simenon. J’étais adolescente et, pour moi, c’était un auteur de polars, écrits vite. Je sortais d’Agatha Christie et j’attendais des énigmes, des rebondissements, une lecture facile et rapide. Je croyais que Maigret, c’était Gabin dans L’Affaire Saint-Fiacre, ou Jean Richard – dont je ne connaissais pas la carrière comique. Grosse déception donc ! Me voici donc plongée dans ce roman court mais terriblement dense. Un soir, à l’écluse n°1 de Charenton, le vieil ivrogne Gassin tombe à l’eau et se croit happé par un noyé ; l’homme – Ducrau le « patron » d’une véritable flotte de péniches – et de divers chantiers n’est pas mort : poignardé, il est tombé à l’eau mais sa blessure n’est que légère. Maigret, qui se prépare à tirer sa révérence de la PJ, est chargé de l’enquête. Selon ses bonnes vieilles habitudes, il flâne au bord de l’eau, rencontre la fille de Gassin, un peu simplette qui élève seule le bébé qu’elle a eu d’on ne sait qui ; il visite Ducrau, un vrai nabab qui parle haut, qui entretient sa maîtresse dans la maison familiale, qui méprise ses enfants... mais qui cache aussi bien des fêlures. Le personnage intrigue le commissaire au point qu’il se met à l’accompagner ici et là, tout en découvrant un monde et un mode de vie nouveaux pour lui… Comme souvent dans les Maigret, l’histoire policière n’est qu’un prétexte à une plongée dans un milieu – ici celui des bateliers – et dans un univers mental, bien plus complexes qu’on n’aurait pu le croire à première vue. Ce qui distingue les romans policiers de Simenon – mais dire cela c’est enfoncer des portes ouvertes – c’est la manière dont Maigret s’imprègne des atmosphères. Finalement, il arrive trop souvent quand arrive à la fin d’un polar qu’on se sente frustré par la solution, par son côté boiteux, par cette impression que la fin a été bricolée à la dernière minute. Rien de tout cela chez Simenon : la construction est impeccable, la logique implacable et Maigret joue toujours ce rôle de Deus ex macchina qui décidé finalement ce qu’on fera du coupable. Mais qu’importe, même si on n’adhérait pas à la solution qu’il nous propose comme le fait Bayard dans plusieurs de ses essais, on ne serait pas tenté de contredire l’auteur parce que culpabilité ou innocence importent peu : c’est l’humanité qui compte. Quant à l’écriture, là aussi quel travail ! J’ai vu les enveloppes de Simenon sur lesquelles il griffonnait ses notes dans les deux expositions que sa ville de Liège lui a consacrées et pourtant rien n’est bâclé ni laissé au hasard. Du grand art vraiment !
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