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Nil
EAN : 9782841119486
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 80
Format : 95 x 180 mm

A l'enfant que je n'aurais pas

Collection : Les Affranchis
Date de parution : 15/06/2017

« La mise au jour d’une fiction n’équivaut pas à l’éclosion en soi d’un germe de vie. »

EAN : 9782841119486
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 80
Format : 95 x 180 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • DucalmeLucette Posté le 10 Avril 2020
    À l’enfant que je n’aurai pas est une lettre que Linda Lê a écrite à l’enfant qu’elle a décidé de ne pas concevoir. Elle fait partie de la collection Les affranchis de NiL : Quand tout a été dit sans qu’il soit possible de tourner la page, écrire à l’autre devient la seule issue. Mais passer à l’acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa Lettre au père, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir. Écrire une lettre, une seule, c’est s’offrir le point final, s’affranchir d’une vieille histoire. La collection « Les Affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Écrivez la lettre que vous n’avez jamais écrite. » L’auteure nous offre son cheminement personnel, son enfance étouffée par une mère autoritaire, ses convictions intimes mises à mal par un homme, S., qui voulait avoir des enfants et qui a essayé de la convaincre très maladroitement, et parfois même avec agressivité et violence, lui jetant au visage qu’un thérapeute aurait pu la « purger de ses névroses » et qu’ainsi, elle aurait pu « triompher de ses infirmités », pour ensuite affirmer qu’elle était « un cas pathologique ». Alors elle explique à cet enfant qui ne... À l’enfant que je n’aurai pas est une lettre que Linda Lê a écrite à l’enfant qu’elle a décidé de ne pas concevoir. Elle fait partie de la collection Les affranchis de NiL : Quand tout a été dit sans qu’il soit possible de tourner la page, écrire à l’autre devient la seule issue. Mais passer à l’acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa Lettre au père, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir. Écrire une lettre, une seule, c’est s’offrir le point final, s’affranchir d’une vieille histoire. La collection « Les Affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Écrivez la lettre que vous n’avez jamais écrite. » L’auteure nous offre son cheminement personnel, son enfance étouffée par une mère autoritaire, ses convictions intimes mises à mal par un homme, S., qui voulait avoir des enfants et qui a essayé de la convaincre très maladroitement, et parfois même avec agressivité et violence, lui jetant au visage qu’un thérapeute aurait pu la « purger de ses névroses » et qu’ainsi, elle aurait pu « triompher de ses infirmités », pour ensuite affirmer qu’elle était « un cas pathologique ». Alors elle explique à cet enfant qui ne verra jamais le jour qu’elle n’aurait pas été capable de l’élever, de lui donner tout l’amour qu’il méritait puisque l’écriture prend toute la place. Elle écrit toute l’inattention à laquelle il a échappé. Et pourtant, à travers cette écriture, elle lui consacre du temps, elle le fait exister dans un imaginaire qui transpire la réalité. Elle a le courage de ne pas céder aux sirènes sociétales de la maternité. Elle a la liberté de décider ce qui est le mieux pour elle, et pour cet enfant, et elle s’y tient, malgré les bourrasques. Les injonctions du passé, le traumatisme d’autrefois sont trop présents, tout comme le besoin de s’exprimer par les mots. Mais ce refus d’enfant, cette introspection sur elle-même, lui permettent d’avancer, de s’analyser, de se transcender. « Tu m’éveilles à la pluralité des sensations, tu me libères de mes inhibitions ; je n’ai jamais eu la prudence de qui se ménage, et plus j’agis de manière que, si tu avais vu le jour, tu sois fier de moi, plus je déploie de l’opiniâtreté dans mes entreprises. » Dans une plume sensible et sublime, cette autobiographie radiographie la féminité dans une société dans laquelle les ventres ronds sont presque un passage obligé pour la femme, et par conséquent quand elle s’y refuse, doit faire face aux sommations troublant l’intime. Un court récit qui résonne et qui libère.
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  • Tandarica Posté le 8 Avril 2020
    Je suis une inconditionnelle de Linda Lê et je trouve enfin le temps d'écrire deux mots sur ce livre diversement apprécié ici. Je fais d'abord remarquer qu'il s'agit d'un texte de commande en quelque sorte puisqu'il est publié chez NiL, dans la collection « les affranchis ». C'est une des clés de ce beau texte. La collection conçue et dirigée par Claire Debru se présente en ces termes : «  Quand tout a été dit sans qu'il soit possible de tourner la page, écrire à l'autre devient la seule issue. Mais passer à l'acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa “Lettre au père”, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir. Écrire une lettre, une seule, c'est offrir le point final, s'affranchir d'une vieille histoire. La collection “Les Affranchis” fait donc cette demande à ses auteurs : “Écrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite”. » Il importe donc peu que Linda Lê ait elle-même des enfants ou pas. J'ai pour ma part trois enfants et partage largement les arguments de l'écrivaine à qui je voue une admiration presque sans bornes. C'est pourquoi je conseille la lecture de ce bref texte. Page 38 elle reprend l'assertion de Tolstoï, glanée dans son « Journal » : «  La maternité... Je suis une inconditionnelle de Linda Lê et je trouve enfin le temps d'écrire deux mots sur ce livre diversement apprécié ici. Je fais d'abord remarquer qu'il s'agit d'un texte de commande en quelque sorte puisqu'il est publié chez NiL, dans la collection « les affranchis ». C'est une des clés de ce beau texte. La collection conçue et dirigée par Claire Debru se présente en ces termes : «  Quand tout a été dit sans qu'il soit possible de tourner la page, écrire à l'autre devient la seule issue. Mais passer à l'acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa “Lettre au père”, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir. Écrire une lettre, une seule, c'est offrir le point final, s'affranchir d'une vieille histoire. La collection “Les Affranchis” fait donc cette demande à ses auteurs : “Écrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite”. » Il importe donc peu que Linda Lê ait elle-même des enfants ou pas. J'ai pour ma part trois enfants et partage largement les arguments de l'écrivaine à qui je voue une admiration presque sans bornes. C'est pourquoi je conseille la lecture de ce bref texte. Page 38 elle reprend l'assertion de Tolstoï, glanée dans son « Journal » : «  La maternité n'est pas la plus haute vocation d'une femme ». Si elle choisit de s'adresser directement à cet être qui n'existera que dans l'imaginaire de sa conceptrice c'est, à mon sens, pour mieux interpeller sur la condition féminine en général, par delà la maternité, car il ne faut pas l'occulter, dans le texte il y a un certain S., compagnon de la narratrice qui est également présent. Linda Lê a choisi de consacrer sa vie à l'écriture comme semble l'indiquer le quatrième de couverture : « La mise au jour d'une fiction n'équivaut pas à l'éclosion en soi d'un germe de vie ». La lettre est somme toute empreinte de tendresse comme l'attestent ses dernières lignes et le style très agréable d'écriture invite à découvrir d'autres livres de Linda Lê.
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  • Medulla Posté le 17 Janvier 2018
    Une longue missive à un être qui n'existe pas si ce n'est dans la projection mentale voire affective. Avec acuité, sensibilité et intelligence Linda Lê parle à l'enfant qui ne nait pas et n'est pas, à l'enfant qu'elle ne veut pas et n'aura pas. Une lecture qui m'a profondément bouleversé au point d'arrêter en plein milieu. Les phrases m'ont tellement prise de plein fouet que j'en ai perdu mon livre.
  • Elyria Posté le 6 Décembre 2017
    Un très beau principe pour un écrit original. Le style est un peu monolithique et j'avoue m'être un peu ennuyée au fil d'énumérations qui se répètent avec le même schéma d'opposition. Toutefois le récit est original tant par le sujet que par la forme choisie. On peut regretter juste que ce soit le "cliché" de la femme qui n'a pas d'enfant car elle a été elle-même traumatisée lors de son enfance mais il s'agit d'un récit de vie, preuve que parfois la réalité nous rattrape durement.
  • titelle2005 Posté le 3 Janvier 2017
    Il est audacieux et courageux de dire haut et fort qu'on ne souhaite pas être mère dans une société comme la notre; société dans laquelle les femmes sont sommées d'entendre le tic tac de leur horloge biologique, sont regardées de travers quand elles sont sans progéniture après 35 ans..... Sous forme de lettre à un enfant non né, l'auteur se dévoile en toute sincérité et sans pudeur. Sans jugement, moi qui suis mère, j'ai aimé.
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