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12-21
EAN : 9782266225304
Code sériel : 12363
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Le Dernier Jour d'un condamné

Murielle SZAC (Préface)
Date de parution : 25/10/2012

« Encore six heures et je serai mort. Est-il bien vrai que je serai mort avant la fin du jour ? » Bientôt, sa tête roulera dans la sciure. Jugé, emprisonné, enchaîné, il attend dans l’épouvante. Sa grâce lui a été refusée. « J’ai peur » – et notre peur...

« Encore six heures et je serai mort. Est-il bien vrai que je serai mort avant la fin du jour ? » Bientôt, sa tête roulera dans la sciure. Jugé, emprisonné, enchaîné, il attend dans l’épouvante. Sa grâce lui a été refusée. « J’ai peur » – et notre peur grandit avec la sienne. L’aumônier viendra, puis les assistants du bourreau. Il montera dans la charrette, traversera la foule hideuse buveuse de sang. Au bout de la marche au supplice, l’apparition de la guillotine, et l’échelle qui mène à l’échafaud. On dit qu’on ne souffre pas, que c’est une fin douce, mais qui le sait ?
On ne sait rien de cet homme que la justice va assassiner, sinon qu’il est trop jeune pour mourir. Avec lui, nous vivons ce cauchemar, cette absurdité horrifiante de la peine capitale que, personne avant Victor Hugo n’avait songé à dénoncer.

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EAN : 9782266225304
Code sériel : 12363
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • tiptop92 Posté le 10 Septembre 2020
    Victor Hugo - Le dernier jour d'un condamné -1831 : Une société civilisée doit-elle faire mourir un condamné ? La loi du talion peut-elle être la seule alternative pour répondre à un meurtre ? Le jeune Victor Hugo s'engageait dans cet ouvrage contre le système judiciaire français coupable à ses yeux d'encourager la mise à mort des prévenus par gout du spectacle et du sang. Quarante ans après Maximilien Robespierre qui fut un des plus fervent abolitionnistes de la peine de mort avant de faire lui-même de la guillotine l'outil principal de son régime de terreur, Victor Hugo s'inscrivait comme un des maillons prépondérant d'une chaine de volontés qui mènera jusqu'à la déchéance constitutionnelle de cette peine cruelle sous l'action combinée de Robert Badinter et de François Mitterrand. L'horreur que Victor Hugo ressentait pour ce châtiment transformait ces lignes éprouvantes en un indicible plaidoyer. L'impasse terrible dans laquelle était plongée le condamné était vécue de l'intérieur par le lecteur qui vibrait à l’unisson de sa terreur et de son désespoir. Victor Hugo ne disait rien du crime de son personnage, il n'en disait rien car il ne souhaitait pas justifier l'acte promulgué par une société barbare par un autre tout... Victor Hugo - Le dernier jour d'un condamné -1831 : Une société civilisée doit-elle faire mourir un condamné ? La loi du talion peut-elle être la seule alternative pour répondre à un meurtre ? Le jeune Victor Hugo s'engageait dans cet ouvrage contre le système judiciaire français coupable à ses yeux d'encourager la mise à mort des prévenus par gout du spectacle et du sang. Quarante ans après Maximilien Robespierre qui fut un des plus fervent abolitionnistes de la peine de mort avant de faire lui-même de la guillotine l'outil principal de son régime de terreur, Victor Hugo s'inscrivait comme un des maillons prépondérant d'une chaine de volontés qui mènera jusqu'à la déchéance constitutionnelle de cette peine cruelle sous l'action combinée de Robert Badinter et de François Mitterrand. L'horreur que Victor Hugo ressentait pour ce châtiment transformait ces lignes éprouvantes en un indicible plaidoyer. L'impasse terrible dans laquelle était plongée le condamné était vécue de l'intérieur par le lecteur qui vibrait à l’unisson de sa terreur et de son désespoir. Victor Hugo ne disait rien du crime de son personnage, il n'en disait rien car il ne souhaitait pas justifier l'acte promulgué par une société barbare par un autre tout aussi horrible. L'écriture de Victor Hugo était ici très simple et émouvante. Les sentiments du condamné lors de sa préparation à l'exécution, sa dernière rencontre avec sa petite fille, ses échanges avec l'aumônier chargé de l'assister, tout participait à un sentiment de claustrophobie effarée que ne contrebalançait même pas l'attente d'une grâce qu'on devinait dès le début impossible à obtenir. Bien sur certains nous diront que les affres des victimes valaient celles des meurtriers et que la pitié montrée dans ce livre pour l’assassin aurait dû surtout aller vers elles. Soit mais il est impossible de penser que le futur auteur des misérables ait pu manquer à ce point d'empathie envers des êtres ou des familles frappés par la violence. Quand on voyait le malheureux tenter de gagner du temps pour une minute de survie dérisoire jusque sur l’échafaud on ne pouvait qu’être révolté par l’ignominie de son supplice. C'était là tout le propos de ce manifeste qu'on pouvait considérer comme historique car il faisait figure de précurseur de toutes les pensées humaniste du 19ème et du 20ème siècle... édifiant
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  • Torticolis Posté le 19 Août 2020
    Juste avant de monter dans un train, à la recherche d’une lecture courte pour agrémenter le voyage, peu motivée pour un « classique » mais séduite par le (dé)raisonnable prix, je n’imaginais pas me retrouver admirative de chaque page, chaque phrase. J’ai le souvenir d’avoir adoré Notre Dame de Paris en 3ème, les années ont passé, j’ai égaré ma lecture parfois mais il est temps que je le lise non plus pour un professeur mais pour le plaisir d’allier le fond et la forme.
  • Tatiana1203 Posté le 11 Août 2020
    Cela faisait déjà quelques années que « Le dernier jour d’un condamné » me tentait, mais après avoir feuilleté quelques pages des « Misérables » et de « Notre-Dame de Paris », j’ai vite abandonné l’idée de lire un Victor Hugo. Et mal m’en a pris. Il est vrai que comparé aux énormes pavés littéraires du même auteur, ce livre est très court et le style est simple, mais l’idée qu’il défend est saisissante. On ne connait ni le nom du condamné, ni son histoire, ni son crime, hormis qu’il a « versé du sang ». Peut-être qu’il a commis un crime odieux et impardonnable, ou peut-être que ce n’est qu’une victime de plus d’une société injuste. Peu importe, car dans les deux cas, on suit les dernières pensées et paroles d’un homme qui n’a d’autre choix que d’affronter sa mort, et l’on sent son désespoir profond, son envie de vivre, le regret d’abandonner derrière lui son enfant et son envie de transmettre à d’autres, juge et bourreaux, son supplice : « Que ce que j’écris ici puisse être un jour utile à d’autres, que cela arrête le juge prêt à juger, que cela sauve des malheureux, innocents ou coupables,... Cela faisait déjà quelques années que « Le dernier jour d’un condamné » me tentait, mais après avoir feuilleté quelques pages des « Misérables » et de « Notre-Dame de Paris », j’ai vite abandonné l’idée de lire un Victor Hugo. Et mal m’en a pris. Il est vrai que comparé aux énormes pavés littéraires du même auteur, ce livre est très court et le style est simple, mais l’idée qu’il défend est saisissante. On ne connait ni le nom du condamné, ni son histoire, ni son crime, hormis qu’il a « versé du sang ». Peut-être qu’il a commis un crime odieux et impardonnable, ou peut-être que ce n’est qu’une victime de plus d’une société injuste. Peu importe, car dans les deux cas, on suit les dernières pensées et paroles d’un homme qui n’a d’autre choix que d’affronter sa mort, et l’on sent son désespoir profond, son envie de vivre, le regret d’abandonner derrière lui son enfant et son envie de transmettre à d’autres, juge et bourreaux, son supplice : « Que ce que j’écris ici puisse être un jour utile à d’autres, que cela arrête le juge prêt à juger, que cela sauve des malheureux, innocents ou coupables, de l’agonie dans laquelle je suis condamné (...) ». Car le plus dur n’est pas de mourir, mais d’attendre sa mort ! Ce flot d’émotions humaines d’un mourant est en contraste avec la société qui le juge, froide, austère, inhumaine, comme si la mort n’était qu’une diversion de plus. On peut alors se demander, de qui des deux est le plus coupable ? C’est avec ce texte que Victor Hugo tente de lutter contre la peine de mort, spectacle dont il est témoin plusieurs fois. Le fait de ne pas connaître le crime du condamné n’a pas plus à l’époque, et c’est pourtant dans cette idée que Hugo a voulu constituer son plaidoyer : on ne parle pas d’un crime d’un homme en particulier, mais du droit qu’ont les autres à lui ôter la vie. Car même si l’homme est coupable, il ne mérite pas de mourir.
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  • TiboLexie Posté le 27 Juin 2020
    Derniers instants de vie d'un homme condamné à mort. A quoi peut-il bien penser ? à la peine qu'il a créée ? à ses actes manqués ? aux siens qu'il quittera pour toujours ? Un peu de tout cela … Après moult tiraillements (évasion, pourvoi en cassation) l'homme accepte moralement son sort quand il entend sa propre fille, en face de lui, déclarer que son père (donc lui) est mort. Ainsi, l'espérance, cet ultime trait d'union entre le condamné et les hommes libres venait de s'évaporer. Il est sans doute là le supplice et non dans le coup fatal conçu dit-on pour "trancher" vite et bien. Victor Hugo dresse là un parallèle glaçant entre la "banalité" de la vie quotidienne que constate le condamné sur son chemin de croix, et la "normalité" de sa sentence. On s'interroge ainsi sur la finalité de cet arrêt de mort quand on comprend, tout au long du processus, que l'exécution ne vaut que pour le rituel et le spectacle qu'elle procure. Propos accessible et bien amené.
  • DianaAuzou Posté le 23 Juin 2020
    Cris de douleur d'un condamné à mort, cris de révolte de Victor Hugo contre cette monstruosité, plaidoyer fort pour l'abolition de la peine de mort, combat que l'écrivain a mené toute sa vie par ses écrits, ses discours, ses dessins, par tout son être. Le livre est un récit court, dense, pathétique et poignant des derniers moments d'un jeune homme condamné à la guillotine. Son nom est condamné, il n'a plus d'avenir juste un présent déchirant, impitoyable et barbare, et sa dernière volonté c'est grâce qu'il n'aura pas. Le cri pathétique devient cri de colère d'un jeune écrivain de vingt-sept ans dont la plume fait mouche et provoque le scandale. La peine de mort ne peut en aucun cas avoir un caractère exemplaire et Victor Hugo le redit dans son discours devant l'Assemblée, le 15 septembre 1848 :"Que voulez-vous enseigner avec votre exemple ? Qu'il ne faut pas tuer. Et comment enseignez-vous qu'il ne faut pas tuer ? En tuant." Humaniste, combattant pour les droits de l'homme, esprit éclairé, immense poète, Victor Hugo rend à ce court récit, le monologue intérieur du condamné, la force de l'universel, la voix du combat qui continue et qui est loin d'avoir gagné contre la... Cris de douleur d'un condamné à mort, cris de révolte de Victor Hugo contre cette monstruosité, plaidoyer fort pour l'abolition de la peine de mort, combat que l'écrivain a mené toute sa vie par ses écrits, ses discours, ses dessins, par tout son être. Le livre est un récit court, dense, pathétique et poignant des derniers moments d'un jeune homme condamné à la guillotine. Son nom est condamné, il n'a plus d'avenir juste un présent déchirant, impitoyable et barbare, et sa dernière volonté c'est grâce qu'il n'aura pas. Le cri pathétique devient cri de colère d'un jeune écrivain de vingt-sept ans dont la plume fait mouche et provoque le scandale. La peine de mort ne peut en aucun cas avoir un caractère exemplaire et Victor Hugo le redit dans son discours devant l'Assemblée, le 15 septembre 1848 :"Que voulez-vous enseigner avec votre exemple ? Qu'il ne faut pas tuer. Et comment enseignez-vous qu'il ne faut pas tuer ? En tuant." Humaniste, combattant pour les droits de l'homme, esprit éclairé, immense poète, Victor Hugo rend à ce court récit, le monologue intérieur du condamné, la force de l'universel, la voix du combat qui continue et qui est loin d'avoir gagné contre la société qui, en condamnant à mort, avoue implicitement son échec dans l'éducation. "Cette tête de l'homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, moralisez-la, utilisez-la ; vous n'aurez plus besoin de la couper", écrit Victor Hugo dans son roman Claude Gueux. Le dernier jour d'un condamné reste un coup de poing terrible, un manifeste gravé dans notre conscience, un acte accusateur qui n'a rien perdu de sa force dans l'idée et l'écriture magistrale pour l'exprimer. Il reste un devoir de lecture, de compréhension et de transmission.
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