Lisez! icon: Search engine
Cherche midi
EAN : 9782749165646
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

La Femme intérieure

Christophe CLARO (Traducteur)
Date de parution : 27/08/2020
La réalité est plus fragile qu'on ne croit. 
Molly participe à des fouilles dans une ancienne station-service. Elle déterre un jour des objets dont la nature perturbe sa conception d’un univers logique, comme cette Bible où Dieu est au féminin. Chez elle, Molly doit affronter une situation tout aussi perturbante : son mari a dû se rendre à l’étranger... Molly participe à des fouilles dans une ancienne station-service. Elle déterre un jour des objets dont la nature perturbe sa conception d’un univers logique, comme cette Bible où Dieu est au féminin. Chez elle, Molly doit affronter une situation tout aussi perturbante : son mari a dû se rendre à l’étranger pour donner un concert, la laissant seule avec leurs deux enfants en bas âge. Mais voilà qu’un soir elle entend des bruits de pas dans le salon…
 
Un intrus surgit alors dans sa vie, un intrus très particulier, puisqu’il s’agit… d’elle-même ! Une Molly identique, à une différence près : cette Molly-là a perdu ses deux enfants dans un attentat sur son lieu de travail. Débordée par son rôle de mère, Molly se retrouve confrontée à une femme qui veut récupérer ses enfants à tout prix. Les deux Molly sont-elles les deux facettes d’une même femme au bord de l’effondrement, ou la trame de l’Univers s’est-elle vraiment déchirée ? Deux mères presque semblables peuvent-elles cohabiter…

Avec ce roman palpitant, Helen Phillips réussit un tour de force : traiter le lien maternel dans ce qu’il a de plus concret tout en créant un climat haletant, ponctué de rebondissements aussi ingénieux que troublants.

« La Femme intérieure est un des romans les plus nécessaires de l’année : dérangeant, effroyablement lucide sur la maternité et l’amour, débordant d’inventivité. »
The Guardian
 
« La Femme intérieure est une profonde méditation sur la nature de la réalité, un examen intrépide du statut de parent, et avant tout un thriller, d’une incroyable originalité, par une de nos écrivaines les plus douées. »
Emily St. John Mandel

Rentrée littéraire 2020 
Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782749165646
Façonnage normé : EPUB3
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • ManouB Posté le 4 Juin 2021
    Voilà un livre que j'ai eu le plus grand mal à terminer, pourtant il démarrait bien, et le sujet de départ m'intéressait beaucoup. Molly est une jeune femme débordée par ses deux jeunes enfants, d'autant plus que son mari, musicien, part souvent à l'étranger pour des concerts, et pour plusieurs jours. Elle travaille comme paléobotaniste sur un chantier de fouilles qui se trouve sur l'aire d'une ancienne station-service. Elle vient de faire une découverte vraiment étonnante, qu'elle a au départ cru être la conséquence d'un canular. Elle a en effet mis au jour une Bible, dans laquelle Dieu est un personnage féminin, trouvée aux côtés d'objets plus récents, qui n'ont pas réellement de raison d'être sur le chantier à cet endroit. Molly est perturbée par ces découvertes. Depuis, les visiteurs se pressent, et les visites commentées deviennent de plus en plus épuisantes pour elle, qui doit répondre à de multiples questions, dont elle ne connait pas toujours les réponses, quand elle ne doit pas essuyer en plus, l'agressivité de personnes croyantes bien ou mal intentionnées. Elle ne va pas très bien en fait : elle a souvent des crises d'angoisse quand elle est seule, entend des bruits qui lui donnent... Voilà un livre que j'ai eu le plus grand mal à terminer, pourtant il démarrait bien, et le sujet de départ m'intéressait beaucoup. Molly est une jeune femme débordée par ses deux jeunes enfants, d'autant plus que son mari, musicien, part souvent à l'étranger pour des concerts, et pour plusieurs jours. Elle travaille comme paléobotaniste sur un chantier de fouilles qui se trouve sur l'aire d'une ancienne station-service. Elle vient de faire une découverte vraiment étonnante, qu'elle a au départ cru être la conséquence d'un canular. Elle a en effet mis au jour une Bible, dans laquelle Dieu est un personnage féminin, trouvée aux côtés d'objets plus récents, qui n'ont pas réellement de raison d'être sur le chantier à cet endroit. Molly est perturbée par ces découvertes. Depuis, les visiteurs se pressent, et les visites commentées deviennent de plus en plus épuisantes pour elle, qui doit répondre à de multiples questions, dont elle ne connait pas toujours les réponses, quand elle ne doit pas essuyer en plus, l'agressivité de personnes croyantes bien ou mal intentionnées. Elle ne va pas très bien en fait : elle a souvent des crises d'angoisse quand elle est seule, entend des bruits qui lui donnent l'impression qu'il y a quelqu'un d'autre avec elle et les enfants dans l'appartement, alors qu'elle sait bien, rationnellement, que ce n'est pas possible. Un soir, ces bruits se précisent, et elle se retrouve face à une jeune femme qui lui est en tous points, ou presque...identique. Une autre Molly qui est prête à prendre sa place, mais qui a vécu un drame dans son passé. Nage-t-elle en plein délire ? Est-ce un cauchemar ? A-t-elle des crises de schizophrénie ? Toutes deux vont devoir faire un bout de chemin ensemble. J'ai aimé le début du livre qui permet d'entrer dans la personnalité de Molly, de voir qu'elle ne va pas bien du tout, parce que la maternité lui pèse beaucoup trop, et cela, bien qu'elle aime énormément ses enfants. Je trouve que toutes les femmes peuvent se sentir concernées par son histoire. En tous les cas, c'est un livre qui aborde d'une manière originale, la maternité et le chamboulement profond, qu'elle apporte dans la vie. Les enfants de Molly ne lui laissent plus aucun espace pour elle-même, et elle ne reconnait plus son corps. Le dédoublement de sa personne aurait pu être tout à fait passionnant. Il est toutefois amené de manière très originale par l'auteur et, avec un suspense qui nous permet de rester suspendu au fil de l'histoire. Ne sommes-nous pas tous des êtres doubles, désirant parfois être à deux endroits à la fois, ou bien ne laissant paraitre aux autres, qu'une seule facette de notre personnalité, et étouffant très vite certaines idées, trop dérangeantes, afin d'assumer nos obligations ? Mais nous sommes des êtres de raison...et, au fond de lui, le lecteur n'a aucun mal à comprendre ce que ressent Molly. Hélas, arrivée au milieu du roman, j'ai trouvé que l'histoire ne tenait plus la route, ce dédoublement n'apportait plus rien et, au contraire, devenait ennuyeux car trop répétitif. Je me suis désintéressée du personnage de Molly, et de ce qui lui arrivait à elle, ou à son double. Toutes deux m'ont semblé avec besoin d'aide, mais aucune des deux n'étant en mesure d'aider l'autre, je ne comprenais pas où l'auteur voulait nous mener. J'ai fini de lire ce roman en espérant trouver des réponses, et voir une des personnes de son entourage, tendre la main à Molly pour l'aider à s'en sortir. Dommage, car il y avait quelques passages intéressants, et je m'étais même pris d'affection pour cette jeune femme qui vit des jours très difficiles et sombre dans la dépression. J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour elle mais, à un moment donné, je n'y ai plus cru et, ce double qui pouvait avoir au début une utilité, car il aurait pu l'aider à réagir face aux difficultés de son quotidien, devient trop lourd à porter. J'ai beaucoup réfléchi pour comprendre mon ressenti face à ce roman et je suis persuadée qu'il y a une explication que je n'ai pas décodée en le lisant. Le roman est divisé en cinq parties distinctes, qui correspondent chacune à une étape dans la vie de Molly, un chemin qu'elle doit suivre pour arriver à s'accepter telle qu'elle est devenue, maintenant qu'elle est maman. Mais, ce n'est pas parce que j'ai compris cela, que j'ai aimé la suivre sur ce chemin, qui n'est pas le mien. Peut-être que d'autres femmes s'identifieront davantage à son histoire, et auront du plaisir à la lire. J'apprends en terminant cette chronique que ce roman a été élu "Meilleur livre de l'année" par le New York Times et le Washington Post ! En tous les cas pour moi, c'est un rendez-vous manqué et j'ai donc un avis mitigé.
    Lire la suite
    En lire moins
  • IZZYVIVI Posté le 24 Janvier 2021
    Quelle histoire ! Un résumé alléchant, intriguant et au final, une aventure littéraire hors norme inclassable ( thriller ? , science-fiction ? essai sur la maternité ? réflexion sur le long cheminement d'un deuil à faire ?) mais surtout une lecture angoissante . J'ai parfois eu l'impression d'être plongée dans un épisode de X-Files. J'ai bataillé pour arriver à la lire jusqu'au bout ( un vrai combat avec moi-même ) Et je ne sais quoi vous dire : ai-je aimé cette lecture ? Ou pas ??? Je peux seulement vous certifier qu'elle est vraiment ... spéciale ! De même que le nom de cette collection : Vice caché 🤔😏
  • jlvlivres Posté le 17 Janvier 2021
    « La Femme Intérieure » de Helen Phillips, traduit par C. Claro, (2020, Cherche Midi, 416 p.), c’est tout d’abord une bonne nouvelle. Cette nouvelle collection intitulée « Vice Caché » doit reprendre la collection « Lot49 », dirigée par Christophe Claro et Arnaud Hofmarcher, avec un clin d’œil tout aussi évident à Thomas Pinchon. Non forcément pour faire l’apologie de cet auteur, quelque peu culte, mais pour avoir permis de faire connaître foule d’auteurs américains. Brian Evenson (Père des Mensonges, Contagion, La Conférence des Mutilés, Inversion) et ce n’était pas que du copinage avec Claro. Ou les différents tomes de William Tanner Vollmann (Les Fusils, La Tunique de Glace), de Paul Verhaeghen (Omega Mineur) sans compter les différents romans de William Howard Gass (Le Tunnel, Sonate Cartésienne) ou de Richard Powers (Le Temps où nous chantions, Trois Fermiers s’en vont au Bal, L’Ombre en Fuite) ou plus récemment Sergio de La Pava (Une Singularité Nue). Excellent travail de traduction et d’édition. Helen Phillips, tout d’abord, née il n’y a pas si longtemps dans le Colorado, puis études à Yale et MFA au Brooklyn College où elle obtient un poste avec son mari, l’artiste Adam Douglas. Un premier recueil intitulé «... « La Femme Intérieure » de Helen Phillips, traduit par C. Claro, (2020, Cherche Midi, 416 p.), c’est tout d’abord une bonne nouvelle. Cette nouvelle collection intitulée « Vice Caché » doit reprendre la collection « Lot49 », dirigée par Christophe Claro et Arnaud Hofmarcher, avec un clin d’œil tout aussi évident à Thomas Pinchon. Non forcément pour faire l’apologie de cet auteur, quelque peu culte, mais pour avoir permis de faire connaître foule d’auteurs américains. Brian Evenson (Père des Mensonges, Contagion, La Conférence des Mutilés, Inversion) et ce n’était pas que du copinage avec Claro. Ou les différents tomes de William Tanner Vollmann (Les Fusils, La Tunique de Glace), de Paul Verhaeghen (Omega Mineur) sans compter les différents romans de William Howard Gass (Le Tunnel, Sonate Cartésienne) ou de Richard Powers (Le Temps où nous chantions, Trois Fermiers s’en vont au Bal, L’Ombre en Fuite) ou plus récemment Sergio de La Pava (Une Singularité Nue). Excellent travail de traduction et d’édition. Helen Phillips, tout d’abord, née il n’y a pas si longtemps dans le Colorado, puis études à Yale et MFA au Brooklyn College où elle obtient un poste avec son mari, l’artiste Adam Douglas. Un premier recueil intitulé « And Yet They Were Happy », petites miniatures (2011, Leapfrog, 309 p.) déjà primé par « The Story Prize », puis un roman « The Beautiful Bureaucrat » (2015, Picador, 192 p.), distingué par The New York Times en 2015. « Some Possible Solutions » l’année suivante (2016, Henry Holt Company Inc , 240 p.). Et enfin un roman « The Need », traduit en « La Femme Intérieure ». Je l’avais entendue, tout à fait par hasard à la librairie « BookCourt », librairie indépendante à Brooklyn, hélas fermée depuis, lire des extraits de « And Yet They Were Happy », un vrai régal. Bien que de près de 300 pages, le livre est divisé en 19 sections, chacune comprenant une série d’articles d’environ 2 pages chaque fois. Chaque section est qualifiée par un son. On commence par « The Floods » dans lequel on retrouve un Noé vieillissant, qui se plaint de ce que « la pluie n’arrive pas. Il va être difficile de les [les animaux] rassembler deux par deux ». Puis ses cauchemars, toujours à propos de la pluie qui manque, et lui qui a construit une arche qui peut être ne servira pas. Adan et Eve, Noé et son arche, le tout revisité en quelques pages. Suit un chapitre « We ? » à propos des difficultés pour un jeune couple de se rencontrer, ou éventuellement se séparer, par un voyage ou par un décès. Ou comment sauver son oisellerie de salon lors de leur mort prochaine. Idem pour l’arche, mais dans ce cas, on utilise les techniques modernes, en les mettant au congélateur. Toujours dans la même section, on assiste au désespoir d’une femme « dont la tristesse était si grande car sachant qu’elle ne pourrait pas se concentrer dans un cube d’un centimètre de côté ». Comme quoi, l’existence est une lente expansion. Suit une sombre histoire de lavanderie dans laquelle il est interdit de faire sécher son linge. Et on en arrive dans « Regime » à instituer un « National Reproduction Day » pour augmenter la natalité. « Some Possible Solutions » pose la terrible question de savoir comment réagir si son double hermaphrodite existait réellement, fût-ce sur une autre planète. Et ce n’est qu’une possibilité dans « The Joined » parmi d’autres options. Est-il possible de connaître exactement le moment de sa mort dans « The Knowers ». Ou bien, est-il possible, lorsqu’on vient d’accoucher de voir que la ville est remplie d’autres femmes qui vous ressemblent. Cette question, heureusement ne s’adresse qu’aux femmes. Peut-on assister sans danger à des réunions et constater que le temps se fige pour tout le monde sauf soi ? Une autre question à résoudre dans « The Children », comment être sûre que ses enfants ne sont pas des monstres extra-terrestres ? Et il reste encore trois autres questions toutes aussi angoissantes dont celle de « Flesh and Blood ». Dans laquelle nouvelle, une femme voit à travers la peau des gens « c’était assez pénible de voir de la sorte des étrangers et des amis. Mais à voir aussi ses propres parents. Etre forcé de reconnaître l’architecture de leurs corps, le chaos de leurs vaisseaux sanguins, l’humilité de leur crâne. De savoir que cette vulnérabilité a été l’endroit d’où l’on a grandi ». Et que penser alors de cette question « Comment j’ai recommencé à saigner après six mois angoissants à ne plus le faire ». Donc « La Femme Intérieure », histoire assez étrange, dans laquelle des fouilles dans une ancienne station d’essence « Phillips 66 » ont ressurgir des objets totalement hors de notre logique, dont des douzaines de nouvelles espèces de plantes fossiles. Mais le plus extravagant reste certains objets usuels, mais totalement déformés. Telle cette vieille « bouteille de Coca-Cola du milieu des années1970 » au logo distordu, un « soldat en plastique des années 1960 », ou plus étrange encore, une « bible des années 1900 » dans laquelle Dieu est désigné simplement par « Elle ». Ceci dit Molly, qui a fait ces découvertes est seule avec ses deux enfants Viv et Ben. Et ces distorsions vont la poursuivre à la maison, lui faisant confondre les sirènes des ambulances avec « les plaintes nocturnes de Ben ». C’est à se demander si dans la traduction du titre, il n’y a pas eu de lapsus entre le f et le t dans l’épithète. Il y a bien une surprenantes traduction du titre original « The Need » en « La Femme Intérieure ». Ces recherches s’effectuent effectivement dans le sous-sol de l’ancienne station, un lieu appelé « La Fosse » que le Dr Roz Moto « après avoir achevé ses recherches doctorales dans une carrière de fossiles proche d’ici, avait soupçonné puis vérifié (après plusieurs visites nocturnes clandestines) que le champ adjacent à l’ancienne station essence était bien riche en fossiles […]. Elle avait réussi à racheter le terrain, en vente depuis des années ». Et régulièrement, il y a une réunion où l’on fait le point sur ces recherches dans ce site « qui fournit une importante quantité de fossiles – cinquante, soixante-dix jusqu’à une centaine par jour ». Où l’on expose aussi dans une vitrine « les fossiles les plus impressionnants et les plus énigmatiques jamais exhumés sur le site ». Il y a aussi la vie avec les enfants, Ben 2 ans que sa mère allaite, et Vivian (Viv) 4 ans qui se promène « en brandissant dans sa main droite un feutre violet sans capuchon telle la torche de la statue de la Liberté ». Cela permet d’égayer le mur blanc tout proche. Elle s’inquiète également à propos de son livre « Le Livre des Pourquoi ». Pendant ce temps-là, David le mari vole vers un concert à Buenos Aires. Mais un intrus est dans la maison. Il a un masque de cerf « fabriqué [par David] avec du papier mâché et peint à la bombe dorée. Le masque, qui recouvrait toute la tête, avait un museau fin, des yeux étroits, des bois pointus ». Il offre « Le Livre des Pourquoi » à Vic. Et quand Molly découvre son intrus, c’est Moll. « Les mêmes sourcils inégaux et les rides récentes au front. Les mêmes boucles d’oreille hexagonales qu’elle portait tous les jours depuis un mois. Les cheveux foncés et courts qui auraient bientôt besoin d’une nouvelle coupe. L’angle du nez : la position du grain de beauté sur le cou. La couleur des yeux, les capillaires visibles dans le blanc des yeux, les cernes discrets sous les yeux ». Les confrontations de Moll et Molly sont étonnantes. « Tu peux lire dans mes pensées ? demanda Moll. / Ce sont mes pensées ». Des phrases aussi étonnantes. « il existe une autre version de moi. Elle est venue par la Fosse. Ses enfants sont morts. Elle veut nos enfants ». En effet « Cette Molly-là a perdu ses deux enfants après un attentat sur son lieu de travail ». Livre somme toute assez étrange. « La maison avait glissé dans une réalité alternative, le calme sublime qui enveloppe une espace quand ses habitants non domestiqués sont, enfin, au repos » « Elle allait pousser la porte et s’avancer dans son autre vie, cette vie animale et secrète dans laquelle elle coupait des pommes, décongelait des petits pois, torchait des petits culs et laissait son corps se faire traire sans cesse et se remplir sans cesse. Cette vie où son nom était crié et réclamé des douzaines de fois par jour». Le livre est divisé en cinq parties très inégales. Les chapitres sont souvent courts, d’une seule page où deux. Ils sont entre-mêlés avec la vie familiale de Molly avec ses enfants. En particulier de ses montées fréquentes de lait qui humidifient son soutien-gorge. Les autres évènements sont les recherches à la Fosse, les intrusions dans la maison, qui rendent le récit asse dynamique, malgré des redites. « Elle allait pousser la porte et s'avancer dans son autre vie, cette vie animale et secrète dans laquelle elle coupait des pommes, décongelait des petits pois, torchait des petits culs et laissait son corps se faire traire sans cesse et se remplir sans cesse ».
    Lire la suite
    En lire moins
  • Flaubauski Posté le 29 Novembre 2020
    Quelle étrangeté que ce roman, mais d'une étrangeté bienvenue, qui m'a embarquée avec elle sans coup férir, après quelques chapitres, d'ailleurs encore plus percutants et représentatifs de la tension véhiculée par leur brièveté. Pour une fois, l'étrangeté qui m'a interpelée n'est pas stylistique, mais plutôt narrative : en effet, quant au style, il est somme toute classique, assez policé, et si rien n'avait été particulier quant à l'intrigue, je pense que j'aurai déjà oublié ma lecture. Car, en effet, l'intrigue est, au contraire, plus difficile à oublier : nous rencontrons dès les premières lignes Molly, trentenaire qui a deux enfants, l'une de 4 ans, l'autre de 2 ans environ, et qui doit gérer pendant plusieurs semaines l'absence de son mari, parti en tournée avec son groupe. Au départ, nous sommes purement et simplement embarqués dans son quotidien de mère seule, qui doit jongler entre travail et enfants, secondée par une baby-sitter, Erika, pour s'occuper du petit dernier qui ne va pas encore à l'école, et jongler par la même occasion entre les émotions contradictoires qui la malmènent alors qu'elle s'occupe de ses enfants. Quotidien somme toute banal de tout parent avec des enfants en bas âge, qui insiste ici avec beaucoup... Quelle étrangeté que ce roman, mais d'une étrangeté bienvenue, qui m'a embarquée avec elle sans coup férir, après quelques chapitres, d'ailleurs encore plus percutants et représentatifs de la tension véhiculée par leur brièveté. Pour une fois, l'étrangeté qui m'a interpelée n'est pas stylistique, mais plutôt narrative : en effet, quant au style, il est somme toute classique, assez policé, et si rien n'avait été particulier quant à l'intrigue, je pense que j'aurai déjà oublié ma lecture. Car, en effet, l'intrigue est, au contraire, plus difficile à oublier : nous rencontrons dès les premières lignes Molly, trentenaire qui a deux enfants, l'une de 4 ans, l'autre de 2 ans environ, et qui doit gérer pendant plusieurs semaines l'absence de son mari, parti en tournée avec son groupe. Au départ, nous sommes purement et simplement embarqués dans son quotidien de mère seule, qui doit jongler entre travail et enfants, secondée par une baby-sitter, Erika, pour s'occuper du petit dernier qui ne va pas encore à l'école, et jongler par la même occasion entre les émotions contradictoires qui la malmènent alors qu'elle s'occupe de ses enfants. Quotidien somme toute banal de tout parent avec des enfants en bas âge, qui insiste ici avec beaucoup de justesse sur la charge mentale dévolue souvent à la mère, qui entraîne épuisement, et parfois questionnement plus général sur la condition féminine et le regret après coup du choix de la maternité. Et au fil des pages, une part de mystère nous imprègne, part qui nous est progressivement dévoilée – pour une fois je suis contente de ne pas avoir lu la quatrième avant, elle en dit beaucoup trop -, part qui a un lien avec les fouilles effectuées par Molly, qui est paléobotaniste, dans le sol d'une station-service dans lequel a été retrouvée une Bible tout sauf banale. Cette part de mystère devient telle que l'on entre en plein fantastique, dans sa plus pure tradition – et cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman contemporain qui joue aussi magistralement avec le fantastique -, et que l'on oscillera, jusqu'au bout, entre un dénouement surnaturel, dans lequel l'Altérité de Molly est une vérité tangible et visible, ou un dénouement totalement rationnel, dans lequel Molly s'est laissé mentalement submerger par sa situation affective tendue ; dans tous les cas un dénouement totalement inattendu à la lecture des premières pages. Lu quasi d'une traite, La femme intérieure est un roman que j'ai donc particulièrement apprécié, d'une grande maîtrise narrative, et qui aurait pu même être un coup de coeur si j'avais trouvé le style moins attendu.
    Lire la suite
    En lire moins
  • LesMissChocolatinebouquinent Posté le 23 Octobre 2020
    LA FEMME INTERIEURE est sans contexte un roman à découvrir et à se faire sa propre idée. Un livre qui divise, qui bouleverse, qui subjugue, qui effraye, qui rebute. Pour ma part j’ai tout simplement adoré cet inconfort qui s’installe dès les premières pages et qui prolifère au fil des chapitres. Dès le départ il est difficile de savoir sur quel pied dansé. Je suis vite bourlinguée dans cette histoire qui semble aux premiers abords vraiment dingue. Et puis y ce qui clash, cette apparition. Fiction ou non ? Il me faut faire avec et apprendre à valser avec la plume captivante d’Helen Phillips. Un roman dérangeant, dangereux, douloureux mais tellement magnifique. Helen Phillips nous plonge dans les affres quotidiennes d’une femme, cette mère qui doit faire face à deux petits chenapans. La maternité, la relation maman-enfants et maman-papa n’échappent pas à l’œil acéré de l’auteure. Les petits détails qui font sourire, qui font grincer les dents, un tableau envoûtant et parfois répugnant. Une maman a ses faiblesses, elle n’est ni parfaite ni exceptionnelle. C’est une femme avant tout qui tente du mieux qu’elle peut d’élever ses enfants selon un modèle social et principes moraux. Helen Phillips y décrit avec candeur... LA FEMME INTERIEURE est sans contexte un roman à découvrir et à se faire sa propre idée. Un livre qui divise, qui bouleverse, qui subjugue, qui effraye, qui rebute. Pour ma part j’ai tout simplement adoré cet inconfort qui s’installe dès les premières pages et qui prolifère au fil des chapitres. Dès le départ il est difficile de savoir sur quel pied dansé. Je suis vite bourlinguée dans cette histoire qui semble aux premiers abords vraiment dingue. Et puis y ce qui clash, cette apparition. Fiction ou non ? Il me faut faire avec et apprendre à valser avec la plume captivante d’Helen Phillips. Un roman dérangeant, dangereux, douloureux mais tellement magnifique. Helen Phillips nous plonge dans les affres quotidiennes d’une femme, cette mère qui doit faire face à deux petits chenapans. La maternité, la relation maman-enfants et maman-papa n’échappent pas à l’œil acéré de l’auteure. Les petits détails qui font sourire, qui font grincer les dents, un tableau envoûtant et parfois répugnant. Une maman a ses faiblesses, elle n’est ni parfaite ni exceptionnelle. C’est une femme avant tout qui tente du mieux qu’elle peut d’élever ses enfants selon un modèle social et principes moraux. Helen Phillips y décrit avec candeur et une honnêteté sans faille les méandres de cette relation fusionnelle et éternelle. Cette histoire aurait pu être assez banale si la même femme si différente et si identique n’apparaissait pas. Et là il faut tout reconsidérer et être attentif à certains mots clefs qui fleurissent ici et là. Et si cette histoire n’était pas ce qu’elle paraît ? J’ai longtemps réfléchi après avoir refermé ce livre à ce qu’il se cachait sous ces métaphores, ces imbroglios, ces illusions, ces mots puissants. Après moult conjectures, je reste convaincue que cette histoire cache un sujet bien plus intense et qu’il ne faut pas s’arrêter à cette déstructuration voulue et plutôt bien imagée et réussie. La psychologie du personnage mérite toute attention et il faut aller au-delà des apparences. C’est ainsi qui m’est apparue comme une évidence la notion des cinq étapes du deuil : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation ; que j’ai associés aux cinq parties du roman. Évidence ? Une lecture de toute beauté qui ne m’a pas du tout laissé indifférente. Une lecture atypique par sa construction, par son audace et pas son thème. Une lecture qui fait encore battre mon cœur et qui y restera longtemps. Je terminerai par la dernière phrase du roman qui résume en ces quelques mots son intensité et son pouvoir.
    Lire la suite
    En lire moins

les contenus multimédias

Toute l'actualité du cherche midi éditeur
Découvrez, explorez, apprenez, riez, lisez !

Lisez maintenant, tout de suite !

  • Focus
    le cherche midi éditeur

    "La Femme intérieure" : une haletante rencontre avec soi-même

    Sous ses atours de science-fiction, le brillant roman de l’Américaine Helen Phillips transcende les affres du réel avec une acuité folle. S’y démène une paléobotaniste en proie avec un mystérieux double qui convoite ses enfants. La pleine attention que lui demandent ses deux progénitures l’emmène-t-elle dans une rêverie étrange ? Ou bien évoluons-t-elle à ses côtés dans un multivers ?

    Lire l'article
  • Sélection
    Lisez

    Rentrée littéraire : 12 premiers romans prometteurs à ne pas manquer

    Qui dit rentrée littéraire dit forcément premiers romans. Cette année, 12 primo-romanciers et romancières sont à l'honneur chez nos éditeurs. David Fortems, Capucine Delattre, Elizabeth Wetmore ou encore Damian Barr... retenez bien leurs noms, de belles et grandes découvertes vous attendent. 

    Lire l'article