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            Une histoire des abeilles

            Presses de la cité
            EAN : 9782258146839
            Façonnage normé : EPUB3
            DRM : DRM Adobe
            Une histoire des abeilles

            Loup-Maëlle BESANÇON (Traducteur)
            Date de parution : 17/08/2017
            Un triptyque écologiste qui raconte l'amour filial à travers le destin des abeilles. 
            Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l’apiculture réveille son orgueil déchu : pour impressionner son fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire. 
            Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son...
            Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l’apiculture réveille son orgueil déchu : pour impressionner son fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire. 
            Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils, converti au végétarisme, rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d’une exploitation menacée par l’inquiétante disparition des abeilles ? 
            Chine, 2098. Les insectes ont disparu. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon, elle rêve d’un avenir meilleur. Mais, lorsque ce dernier est victime d’un accident, Tao doit se plonger dans les origines du plus grand désastre de l’humanité.
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            EAN : 9782258146839
            Façonnage normé : EPUB3
            DRM : DRM Adobe
            Presses de la cité
            12.99 €
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            Ils en parlent

            ~Maja Lunde nous offre des problématiques familiales qui reflètent les différentes époques et étoffent considérablement le récit. À cela s’ajoute un style franc qui ne s’embarasse pas de superflu et va droit au but sans être moralisateur. On y trouve également un certain suspens qui permet de passer les chapitres avec une étonnante fluidité.
            Sous couvert de roman militant et écologiste, l’auteur nous fait donc apercevoir l’un des nombreux futurs possibles de notre monde. S’il est loin d’être tout rose, un soupçon d’espoir persiste à travers les lignes de cette histoire laissant le lecteur sur une note optimiste qui appelle quand même à la réflexion.
            Kevane Bouchart / La Librerit 1227 Carouge Suisse
            ~Un rythme bien mené - un roman qui se lit tout seul
            Alors oui, cela peut prêter à confusion d’alterner systématiquement trois univers/narrateurs/époques différents par le biais de petits chapitres, mais très honnêtement, une fois les différents décors plantés, on s’y fait avec une simplicité déconcertante.
            Il faut dire que le rythme de ce roman est parfaitement dosé et n’est pas usé. Servi par une écriture légère, douce et précise, le scénario tryptique est maîtrisé, réfléchi, efficace. On ne s’ennuie pas, on dévore !
             
            Violaine Combe / Cultura Bègles 33130 Bordeaux
            "Scénarios, littérature jeunesse, et puis soudain ce premier roman comme une nécessité vitale : la Norvégienne Maja Lunde prouve qu'un plaidoyer écolo gagne à être sauvagement romanesque."
             
            Air France Madame

            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • Apikrus Posté le 8 Août 2019
              Les histoires de trois familles alternent : celle de William Savage en Angleterre en 1852, celle de George dans l'Ohio en 2007, et celle de Tao en Chine en 2098. Les abeilles constituent leur point commun : elles brillent par leur présence en 1852, commencent à mourir en 2007, et ont disparu en 2098. William Savage concilie difficilement la gérance de son magasin de graines, son rôle de père de famille, et la recherche scientifique. La profonde dépression qu'il traverse rend les choses encore plus compliquées pour lui et pour sa famille. Sa passion pour l'apiculture saura-t-elle réveiller sa joie de vivre ? En 2007, l'apiculteur George rêve de céder son exploitation à son fils unique. C'est compter sans le souhait du jeune homme de vivre de sa plume, et sans le syndrome d'effondrement des colonies (Colony Collapse Disorder en anglais, ou CDD). Il s'agit d'un phénomène de mortalité anormale et récurrent de colonies d'abeilles domestiques, apparu en Europe à la fin des années 1980, puis aux Etats-Unis à partir de fin 2006. En 2098, en Chine, Tao travaille dans un verger. Outillée d'un petit pinceau, elle pollinise des fleurs manuellement, remplaçant des insectes disparus depuis des décennies. Mon intérêt à cette lecture... Les histoires de trois familles alternent : celle de William Savage en Angleterre en 1852, celle de George dans l'Ohio en 2007, et celle de Tao en Chine en 2098. Les abeilles constituent leur point commun : elles brillent par leur présence en 1852, commencent à mourir en 2007, et ont disparu en 2098. William Savage concilie difficilement la gérance de son magasin de graines, son rôle de père de famille, et la recherche scientifique. La profonde dépression qu'il traverse rend les choses encore plus compliquées pour lui et pour sa famille. Sa passion pour l'apiculture saura-t-elle réveiller sa joie de vivre ? En 2007, l'apiculteur George rêve de céder son exploitation à son fils unique. C'est compter sans le souhait du jeune homme de vivre de sa plume, et sans le syndrome d'effondrement des colonies (Colony Collapse Disorder en anglais, ou CDD). Il s'agit d'un phénomène de mortalité anormale et récurrent de colonies d'abeilles domestiques, apparu en Europe à la fin des années 1980, puis aux Etats-Unis à partir de fin 2006. En 2098, en Chine, Tao travaille dans un verger. Outillée d'un petit pinceau, elle pollinise des fleurs manuellement, remplaçant des insectes disparus depuis des décennies. Mon intérêt à cette lecture a cru au fur et à mesure que je l'avançais, et que des liens entre ces trois histoires se formaient. Les personnages principaux et leurs profils psychologiques sont très crédibles, avec une analyse fine des relations familiales. Les abeilles occupent une place importante, et leur biologie est mise en évidence, avec les découvertes les concernant. L'état du monde en 2098 présenté ici n'est pas enviable mais le récit s'achève par une touche finale d'espoir (dernier mot du roman). Merci à L. ! 🙂
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            • samaudruz Posté le 2 Août 2019
              Ouf, je suis arrivée au bout, ai-j envie de dire. Pourtant ce n’est pas une mauvaise lecture, bien au contraire mais elle ne devient vraiment passionnante qu’au dernier tiers du roman. L’histoire ou plutôt les histoires, et surtout deux d’entre elles, prennent vraiment beaucoup de temps à se mettre en place, construites surtout autour des relations familiales et racontées par petits épisodes peu signifiants sur le moment - le conflit entre un père et son fils, la lente découverte des personnalités de ses enfants pour un autre. Il n’y a que l’histoire de Tao qui dès le début suscite vraiment l’intérêt. Pourtant le roman est très bien documenté, nécessaire et au final un bon texte. Qui ne changera pas grand chose bien sûr, rien ne peux vaincre le pouvoir de l’argent. Cela fait quelques temps déjà que les pare-brises des voitures restent trop propres après une balade à la campagne. Cela fait déjà quelques années qu’un article nous faisait découvrir les butineurs du SIchuan, ces paysans qui pollinisent les arbres fruitiers avec des pinceaux car les abeilles ont disparu. Et pourtant, on en parle si peu... bien trop peu.
            • lettres_et_caracteres Posté le 26 Juillet 2019
              Passionné par le monde des abeilles, William consacre toute son énergie et son temps libre à comprendre leur mode de fonctionnement pour imaginer la ruche de demain. Nous sommes en 1851 en Angleterre… Descendant d'une longue lignée d'apiculteurs, George rêve de transmettre sa passion à son fils. Il développe sa ferme dans l'espoir de la léguer à cet enfant qui semble pourtant tourner le dos à une vie marquée par le labeur et les désillusions. Nous sommes en 2007 dans l'Ohio… Sept jours sur sept, sans répit, Tao grimpe dans les arbres fruitiers, armée de sa plume, pour polliniser à la main chaque fleur. Les hommes n'ont plus d'autre choix que de remplacer les abeilles disparues. Nous sommes en 2098 en Chine… William, George et Tao symbolisent l'histoire des abeilles, depuis leur domestication, l'avènement de l'apiculture moderne, jusqu'à leur disparition et leur remplacement par l'homme. Ce qui s'annonce être la plus grande catastrophe écologique donne ici lieu à une fiction mêlant faits historiques et dystopie. Mieux que tous les discours moralisateurs et culpabilisants qui s'avèrent souvent stériles, ce roman parvient à créer un véritable électrochoc chez le lecteur qui, par l'alternance des époques, prend conscience de la formidable mécanique que représente l'organisation des... Passionné par le monde des abeilles, William consacre toute son énergie et son temps libre à comprendre leur mode de fonctionnement pour imaginer la ruche de demain. Nous sommes en 1851 en Angleterre… Descendant d'une longue lignée d'apiculteurs, George rêve de transmettre sa passion à son fils. Il développe sa ferme dans l'espoir de la léguer à cet enfant qui semble pourtant tourner le dos à une vie marquée par le labeur et les désillusions. Nous sommes en 2007 dans l'Ohio… Sept jours sur sept, sans répit, Tao grimpe dans les arbres fruitiers, armée de sa plume, pour polliniser à la main chaque fleur. Les hommes n'ont plus d'autre choix que de remplacer les abeilles disparues. Nous sommes en 2098 en Chine… William, George et Tao symbolisent l'histoire des abeilles, depuis leur domestication, l'avènement de l'apiculture moderne, jusqu'à leur disparition et leur remplacement par l'homme. Ce qui s'annonce être la plus grande catastrophe écologique donne ici lieu à une fiction mêlant faits historiques et dystopie. Mieux que tous les discours moralisateurs et culpabilisants qui s'avèrent souvent stériles, ce roman parvient à créer un véritable électrochoc chez le lecteur qui, par l'alternance des époques, prend conscience de la formidable mécanique que représente l'organisation des abeilles et de l'irréparable perte qui nous menace. Pour autant, ça n'est pas là la seule vocation de ce roman, ou tout du moins son seul intérêt. Car au-delà du message écologique évident, il y a une vraie trame romanesque et des personnages auxquels on s'attache. La vie de chacun est jalonnée d'épreuves parfois terribles qui font naître tensions et émotions. On suit leur parcours à la recherche d'indices qui viendraient expliquer ce qui les relie : de quelle manière les abeilles sont-elles parvenues à tisser un lien entre trois époques, trois continents et trois destins. Inutile d'avoir une fibre écologique très développée pour apprécier ce roman qui offre une vraie intrigue bien qu'elle mette du temps à s'installer. Le récit de Tao est certainement celui qui retiendra le plus votre attention car il offre un visage sombre et inquiétant de notre avenir. Mais petit à petit vous allez certainement aussi vous intéresser aux découvertes de William et au mal qui va terrasser les ambitions de George. Et l'air de rien, votre regard va changer et vous allez mesure votre chance de croiser encore des abeilles à l'ouvrage dans votre jardin. Alors vous comprendrez qu'avoir croisé la route de ce roman est en soit déjà une chance.
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            • BenedicteEcila Posté le 20 Juillet 2019
              J'ai bien aimé cette lecture qui m'a fait passer d'un personnage à l'autre, d'une époque à une autre... sur fond de valeur écologique avec l'importance de la biodiversité. Une lecture percutante par son thème central.
            • Lunartic Posté le 10 Juillet 2019
              #9835; Allongeons-nous dans l'herbe Et regardons vivre ces drôles de petites abeilles #9835; Tout d'abord, un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour ce premier partenariat avec eux. Cela faisait quelque temps déjà que je brûlais de vous parler de ce roman et le moment propice est enfin arrivé ! Je dois vous avouer que je me surprends moi-même à m'intéresser aux publications de la rentrée littéraire de cette année alors que cela n'a jamais trop été ma tasse de thé. J'ai toujours préféré suivre le gré de mes envies au fil des saisons mais, pour une fois, je me suis dis qu'incorporer un peu de miel à cette mixture ne serait pas trop mal. Qui plus est du nectar en provenance de la Scandinavie, une région de l'Europe qui m'est injustement inconnue. Laissons nous donc conter l'incroyable et intéressante histoire des abeilles, par Maja Lunde, apprenons à connaître ces drôles de petites abeilles, ces petits êtres qui m'ont fait peur d'une manière complètement absurde, voir insultante, un peu mieux que ça... J'ai en effet découvert que les abeilles étaient des créatures magnifiques, qui avaient de la valeur, que l'utilité de leur sauvegarde était cruciale et qu'elles ne méritaient pas d'être traitées... #9835; Allongeons-nous dans l'herbe Et regardons vivre ces drôles de petites abeilles #9835; Tout d'abord, un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour ce premier partenariat avec eux. Cela faisait quelque temps déjà que je brûlais de vous parler de ce roman et le moment propice est enfin arrivé ! Je dois vous avouer que je me surprends moi-même à m'intéresser aux publications de la rentrée littéraire de cette année alors que cela n'a jamais trop été ma tasse de thé. J'ai toujours préféré suivre le gré de mes envies au fil des saisons mais, pour une fois, je me suis dis qu'incorporer un peu de miel à cette mixture ne serait pas trop mal. Qui plus est du nectar en provenance de la Scandinavie, une région de l'Europe qui m'est injustement inconnue. Laissons nous donc conter l'incroyable et intéressante histoire des abeilles, par Maja Lunde, apprenons à connaître ces drôles de petites abeilles, ces petits êtres qui m'ont fait peur d'une manière complètement absurde, voir insultante, un peu mieux que ça... J'ai en effet découvert que les abeilles étaient des créatures magnifiques, qui avaient de la valeur, que l'utilité de leur sauvegarde était cruciale et qu'elles ne méritaient pas d'être traitées avec peu d'importance ou d'être écrasées de façon insignifiante et cruelle. Allons donc à leur rencontre dans ce livre à la couverture et au titre équivoque. Nous allons vite nous rendre compte que cette histoire est intrinsèquement liée à celle des hommes, à travers les relations filiales qui s'entremêlent dans cette odyssée jaune pollen. L'autrice fait ici le pari de nous sensibiliser à l'écologie, avec un message passionnant et précieux, et au destin que ces petites créatures si cruciales au bon fonctionnement de la biodiversité en nous peignant la fresque de trois générations d'êtres humains, étalée sur trois siècles différents et pourtant pas si séparés que cela. Le but : nous montrer que le travail si zélé des abeilles conditionne jusqu'à notre mode d'existence même. Plus d'abeilles équivaut à plus d'agriculture, plus de céréales, plus de fruits,... Il s'agit d'un véritable néant alimentaire en somme et nous sommes bien peu reconnaissants envers ces jolis insectes jaunes striés de noir. Maja Lunde va nous offrir de côtoyer les abeilles le temps d'une lecture, de découvrir comment fut crée leur habitat, comment elles s'organisent, quelle importance elles revêtent pour la Terre et les sept milliards d'âmes qui la peuplent, sans pour autant tomber dans un aspect trop scientifique et moralisateur. Tout se fait naturellement, de manière subtile qui nous donne à réfléchir sur notre comportement au quotidien, nos actions et notre rapport aux abeilles après coup. Le roman apporte une vraie réflexion et on en sort grandi et enrichi, ici sur le sujet des abeilles. Ce roman nous informe, nous éduque et nous alarme sur l'avenir qu'on pourrait se façonner si on ne fait pas plus attention. La première famille dont nous faisons la connaissance au sein de ce triptyque captivant, qui aborde une diversité de sujets, écologiste dans l'âme et visionnaire, est celle des Savage, au alentour des années 1850, soit l'aube de l'apiculture. William, le patriarche, n'est plus que l'ombre de lui-même. Jeune scientifique brillant et dont l'avenir se présentait radieux, illuminé par sa passion dévorante de cet infini de l'univers qui regorge de secrets envers nous, pauvres mortels, William a fini par décevoir amèrement son mentor en se mariant à une gente demoiselle, en faisant une ribambelle d'enfants et en finissant par ouvrir une misérable graineterie, qui a certes connu le succès. Bref, tous les rêves de grandeur de l'Humanité de William se sont retrouvés sacrifiés sur l'autel de la famille nombreuse, des bouches à nourrir et des petites têtes à élever, et ce constat est si désolant que le jeune père en devient vieux avant l'heure, et apathique au point qu'on aurait sérieusement envie de le secouer comme un prunier et de le faire tomber à bas de son lit, sa nouvelle demeure mortuaire, séance tenante. Difficilement appréciable au début, voir antipathique, William va cependant se révéler être un personnage intéressant et qui vaut mieux que qu'on pourrait croire de prime abord. N'empêche, heureusement que sa fille Charlotte était là ! Alors que William ne pense qu'à se rapprocher de et à rendre fier son aîné, Edmund (je pensais à chaque fois à Narnia quand je lisais ce prénom, c'était horrible lol), le soi-disant fils prodige et chouchou de la maisonnée, avec ses projets visionnaires et enthousiasmants de ruches, Charlotte, elle, reste dans l'ombre, discrète et toujours prête à rendre service à son père, à l'épauler, à le délester de n'importe quel poids qui pourrait entraver la bonne marche de ses travaux et le ramener à sa torpeur. Charlotte, c'est la fille que je rêverais d'avoir, je vous le dis. Patiente, dévouée à son paternel, le cœur débordant d'amour et de respect pour ce dernier, auquel elle croit de toutes ses forces, douce, gentille, et à l'intelligence foudroyante dans une société où la femme n'est bonne qu'à être jolie, se taire, se marier le plus vite possible et faire une famille nombreuse. Tandis qu'Edmund va se révéler être une cuisante déception dû à son comportement de débauché, de dépravé, qui n'assume aucune de ses responsabilités alors qu'il est le plus âgé et le seul garçon, héritier donc de la boutique de son père et de tout ce que celui-ci peut lui léguer, que ce soit matériel ou immatériel, alors qu'il devrait donner l'exemple et se forger un meilleur avenir que celui qui l'attend s'il continue dans cette voie, c'est en réalité Charlotte, ce petit bout de femme admirable, qui va être celle pleine de promesses, qui va se montrer forte et époustouflante en toutes circonstances, qui va insuffler à son père la force de croire en ses rêves concernant les abeilles, la sérénité pour mener à bien ses projets, malgré les désillusions qu'il va devoir affronter à mi-parcours. Il faudra du temps à William de se rendre compte de la véritable valeur de sa fille, ce qui a eu tendance à m'agacer une bonne partie du récit, mais cela est représentatif de la mentalité patriarcale de l'époque et n'en souligne donc que d'autant plus le réalisme désolant de cette intrigue sortie de la plume de Maja Lunde. On va dès à présent faire un bond de cent cinquante ans dans le temps grâce à la De Lorean et arriver en 2007, soit il y a dix ans de cela pour nous. Cette période d'industrialisation et de production de ruches à la chaîne en usine, beaucoup plus familière à nos yeux, va être celle dans la fresque de George, apiculteur passionné de père en fils depuis des générations, Dieu seul sait depuis quand. Bref, l'apiculture, ça leur coule dans les veines dans cette famille-là. Sauf que Tom, ça ne le bute-tine (OK, je sors...) pas trop. Tom, c'est le fils unique de George. On repart dans cette idée de fils prodige, d'héritier de la famille sur les épaules duquel reposent de grandes expectations et attentes. Or, Tom est loin d'être un fainéant. Il a toujours travaillé dur afin de faire plaisir à son père, qu'il aime et admire beaucoup, mais il ne s'est jamais senti à sa place au sein de la ferme. Si pour George, cela était l'évidence même de reprendre le flambeau de son père et de ses aïeux et de travailler avec ardeur et fierté, le cœur vibrant de construire des ruches artisanales et de bichonner ses abeilles, pour Tom, son horizon se trouve ailleurs : dans l'écriture. On va ainsi assister à un conflit permanent entre le père et le fils concernant l'avenir de ce dernier, avec l'adorable Emma, la maman poule, la femme vaillante mais aussi fatiguée, qui essaie de faire tampon et d'être le messager de paix. D'une certaine manière, George aussi va être agaçant et avoir un comportement pénible mais il reste attachant, tout comme les autres personnages de cette épopée de l'abeille. Certes, George va pendant une bonne partie du récit refuser de comprendre son fils et ses motivations, de les accepter. Son manque de tolérance et de dialogue est absolument flagrant et révoltant. Tout ce que George voit, c'est son petit garçon adoré si proche de lui autrefois qui s'éloigne, prend de la distance, et baisse les bras, abandonne les abeilles à leur triste sort des Colony Collapse Disorder, le syndrome d'effondrement des abeilles, qui commence alors à apparaître aux États-Unis et à se propager telle la peste. Cependant, George ne pense pas qu'à sa petite personne, au contraire, il veut simplement que l'on se soucie des abeilles, qu'on les aime, qu'on les protège, car il sent la catastrophe qui approche dû au fait de tant de disparitions colossales de niches entières. Ce miel produit, ces ruches fascinantes organisées autour de la reine, travailleuses, enjouées, magnifiques dans leur labeur jusqu'à ce que la dernière petite force dans leur minuscule corps ne s'évapore, voilà le repère dans la vie de George. Que va-t-on devenir sans elles, si l'on se détourne d'elle, si on ne voit pas la beauté suprême de leur courage et de tout ce qu'elles font pour nous ? Vu sous cet angle là, on comprend mieux que George se sente abattu et que ce début d'hécatombe lui donne le sentiment d'être le seul à réaliser la catastrophe, l'impact désastreux que provoquerait cette évanouissement des abeilles dans la nature, alors qu'il est la définition même de l'impuissance, comme tant d'autres apiculteurs à la tête baissée, des larmes perlant au coin des yeux. Cela m'en a serré le cœur. Impossible de ne pas se sentir concerné : nous le sommes tous. Sans les abeilles, nous ne sommes plus rien. Enfin, la De Lorean accepte de faire un dernier bond, encore de cent cinquante ans et plus. Nous rencontrons Tao, une femme chinoise qui sera sûrement le personnage auquel vous vous attacherez le plus, et qui saura vous toucher au plus profond de votre cœur, vous séduire et vous accrocher. Elle vit dans un régime sombre, éreintant, inégalitaire, où la majeure partie des citoyens sont contraints à grimper aux arbres, perchés sur les branches tels des oiseaux hors normes et debout, pour les polliniser à la main toute la sainte journée. Fatigue, courbatures, santé éreintée et espérance de vie raccourcie, voici ce qui résulte de ce mode de vie inhumain et qui nous semble, à nous lecteurs, tout droit sorti d'un cauchemar. Dans un futur qui nous semble presque dystopique, seule une poignée d'élus, une élite, peut accéder à des études, à une vie meilleure loin des champs et du travail physique minutieux et terriblement monotone auxquels les habitants sont condamnés dès leur plus jeune âge. Tao, malgré son amour d'apprendre et de s'enrichir de connaissances, malgré ses capacités intellectuelles qui ont fait d'elle une enfant fière de son savoir et de sa passion, n'a pas réussi à atteindre cet échappatoire doré, qu'elle désire tant pour son fils, un petit bout d'chou vigoureux et plein de vie qui n'aspire qu'à s'amuser et à être heureux. Le roman ne nous donne aucun temps mort avec une alternance constante des trois points de vue qui nous empêche de poser le livre et de souffler. Effectivement, impossible de le lâcher tant on a envie de savoir ce qui va arriver aux trois familles. Au fur et à mesure des pages reliées de miel va se dévoiler un lien entre elles plus fort et marquant qu'on aurait pu le croire. Et oui, les abeilles, qu'elles pullulent, qu'elles soient en danger, ou en totale extinction, ne sont pas les seules à permettre aux trois grands bouts de cette fresque de tenir ensemble et d'être cohérents tous les trois réunis. Ces trois destins bouleversants, profondément touchants, cohérents et réalistes sont en effet intimement liés. La partie de Tao reste la plus mystérieuse, la plus angoissante et la plus effarante et j'avais la sensation que je ne pourrais jamais échapper à cette réalité qui me semblait bien trop crédible et effroyable pour pouvoir la supporter. Mon cœur se gonflait d'amour et de respect pour Tao, cette femme battante, au contraire de son époux aimant mais par trop passif, qui affronte ses peurs et qui est prête à tout pour partir à la recherche de son fils dans ce dédale de modernité abîmée, de pauvreté désarmante de la population, dans ce vide intersidéral d'un monde, anciennement le nôtre, qui est parti en vrille et qui s'est retrouvé en ruines, glacial et qui nous fait véritablement froid dans le dos. Un livre bien particulier écrit par une certaine personne sera la lumière couleur de miel dans sa nuit au noir semblant sans fin. L'amour du savoir, la transmission est éternelle. Je ne veux rien vous dire concernant la quête des retrouvailles avec Wei Wen, juste que ce sera une piqûre d'espoir qui causera beaucoup de souffrance et aussi une piqûre de rappel qu'il faut être solidaires entre êtres humains mais aussi avec la Nature, qui nous entoure et qui nous aime. Ne jamais l'oublier. Pour conclure, je dirais que ce roman, qui nous apporte une nouvelle vision du monde, est une magnifique ode aux abeilles et à la Nature, un plaidoyer écologiste qui nous apprend à écouter cette dernière qui souffre de nos erreurs et maladresses à la chaîne, de notre indifférence qui la tue à petit feu, tout en nous dépeignant un amour filial imparfait mais puissant et essentiel, tout comme les abeilles rassemblées dans la ruche. Cependant, le message de mise en garde de Maja Lunde ne se fait pas fataliste, car la Nature finit toujours par reprendre ses droits, renaître de ses cendres. Il suffit de l'écouter, de lui montrer notre amour et notre reconnaissance et de cohabiter en paix et en harmonie, dans le respect de l'environnement. Je sonne comme un Bisounours en disant cela mais si ça pouvait rentrer dans toutes les caboches, même les plus bornées et stupides, ce serait franchement bien... Mais rappelez-vous juste une chose : quand la Nature subit nos bêtises, nous sommes ceux qui prennent les conséquences en pleine poire, et les générations futures aussi. Nous récoltons ce que nous semons et notre héritage écologique, notre Humanité ne seront pas bien jolis si cela continue ainsi. Je ne peux que vous chanter les louanges de et vous conseiller cette petite merveille de la rentrée littéraire, que je mettrais entre tous les mains, c'est franchement mérité. On en a beaucoup parlé sur la blogo' et j'espère bien que cela continuera, qu'on fasse un tapage silencieux digne du bourdonnement des abeilles, et que cet ouvrage se propage partout. Faisons donc notre propre pollinisation ! Je vous préviens juste que, dans ce superbe livre, ce n'est pas l'enchaînement d'action qui prime, mais le message fondamental, qui dépasse la fiction. Pour ma part, il s'agit d'une lecture qui me restera en tête pendant encore longtemps. COUP DE COEUR #9829; J'ai su être sensible à la plume agréable, lumineuse, belle, douce, simple et piquante comme un dard de Maja Lunde. Le serez-vous aussi ? Saurez-vous prendre le temps d'écouter ce bourdonnement singulier, intelligent, d'écriture et de vérité ? J'espère en tout cas vous avoir donné envie de le lire, c'est là tout ce que je souhaite !
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