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Te souviendras-tu de demain?

12-21
EAN : 9782823869927
Code sériel : VIRT
Façonnage normé : EPUB3
DRM : DRM Adobe
Te souviendras-tu de demain?

Kamil BARBARSKI (Traducteur)
Date de parution : 05/09/2019
Souhaitons-nous vraiment refaire notre vie ?
Ludwik et Grazyna ont à nouveau trente ans.
Après une rencontre dévorante, plus rien ne peut les séparer. Ou presque.
Car les jeunes amoureux ont également l’expérience d’une vie commune longue d’un demi-siècle.
Jusqu’à hier, ils vivaient en 2013 et approchaient les quatre-vingts ans. Or, pour des raisons obscures, le lendemain du 50e...
Ludwik et Grazyna ont à nouveau trente ans.
Après une rencontre dévorante, plus rien ne peut les séparer. Ou presque.
Car les jeunes amoureux ont également l’expérience d’une vie commune longue d’un demi-siècle.
Jusqu’à hier, ils vivaient en 2013 et approchaient les quatre-vingts ans. Or, pour des raisons obscures, le lendemain du 50e anniversaire de leur rencontre, le couple se réveille en 1963, jeune et beau, avec en prime les souvenirs de leur passé.
Cependant la Pologne dans laquelle ils se trouvent n’est plus celle qu’ils ont connue. La Seconde Guerre mondiale est certes passée par là, mais leur patrie a désormais entamé une union de force… avec la France !
Bien décidés à ne pas tomber dans la routine et commettre les mêmes erreurs, Ludwik et Grazyna s’ouvrent à des aventures nouvelles.
Mais leur amour résistera-t-il à cette seconde vie ?
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EAN : 9782823869927
Code sériel : VIRT
Façonnage normé : EPUB3
DRM : DRM Adobe

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Ysagele Posté le 26 Octobre 2019
    Lecture terminée ! J'ai mis le temps, mais j'ai été bien occupée et il fait un peu plus de 500 pages ce joli pavé 😉 Je m'attendais à autre chose, même si la réflexion principale est : que ferions nous si à 80 ans on nous rendait nos 30 ans avec tous nos souvenirs? Même chemins, même erreurs, même réussites .... Un livre avec des longueurs côté descriptifs. Un nouvelle Pologne, dont les rues et les monuments ont changé. Difficile quand on ne connaît déjà pas bien la Pologne d'aujourd'hui. Puis l'on se demande si tout va s'accélèrer, et bien oui mais un peu tard et du coup la fin arrive en 5 pages et voilà. Je me demande quoi penser, une fin ouverte ou alors je n'ai pas compris où m'emmène l'auteur. De bons moments dans ce livre mais pas un coup de coeur.
  • SZRAMOWO Posté le 17 Octobre 2019
    Avec «Te souviendras-tu de demain ?» (Le titre est «Comme d'habitude», en Polonais), Zygmunt Miloszewski continue de nous étonner et de nous ravir. Les aventures du procureur Teodore Szacki à Varsovie, Sandomierz et Olsztyn nous avaient fait découvrir un jeune auteur amoureux de son pays, de ses errances post communistes, et maîtrisant parfaitement les règles du polar. Inavouable montrait qu'il maîtrisait aussi parfaitement les règles du polar historique, l'action nous emmenait dans les Tatras à la fin de la seconde la guerre mondiale, et différents personnages s'affrontaient pour percer un secret en lien avec la disparition d'un tableau pendant la guerre. Une écriture cinématographique assumée comme par exemple cette poursuite de voitures sur la Mer Baltique gelée !!! A chacun de ses romans, l'auteur scanne la société polonaise avec talent et justesse en l'abordant sous de angles et des points de vue différents mais complémentaires. C'est ce qu'il fait une fois de plus dans «Te souviendras-tu de demain ?» en jouant la carte du voyage dans le temps, ses décalages, ses farces et ses surprises, ses déconvenues. A la différence de nombre de romans de SF, où les voyageurs dans le temps sont volontaires, ses personnages sont des voyageurs dans le temps malgré eux. Ludwik... Avec «Te souviendras-tu de demain ?» (Le titre est «Comme d'habitude», en Polonais), Zygmunt Miloszewski continue de nous étonner et de nous ravir. Les aventures du procureur Teodore Szacki à Varsovie, Sandomierz et Olsztyn nous avaient fait découvrir un jeune auteur amoureux de son pays, de ses errances post communistes, et maîtrisant parfaitement les règles du polar. Inavouable montrait qu'il maîtrisait aussi parfaitement les règles du polar historique, l'action nous emmenait dans les Tatras à la fin de la seconde la guerre mondiale, et différents personnages s'affrontaient pour percer un secret en lien avec la disparition d'un tableau pendant la guerre. Une écriture cinématographique assumée comme par exemple cette poursuite de voitures sur la Mer Baltique gelée !!! A chacun de ses romans, l'auteur scanne la société polonaise avec talent et justesse en l'abordant sous de angles et des points de vue différents mais complémentaires. C'est ce qu'il fait une fois de plus dans «Te souviendras-tu de demain ?» en jouant la carte du voyage dans le temps, ses décalages, ses farces et ses surprises, ses déconvenues. A la différence de nombre de romans de SF, où les voyageurs dans le temps sont volontaires, ses personnages sont des voyageurs dans le temps malgré eux. Ludwik et Gazyna se connaissent depuis cinquante ans. Nous sommes en janvier 2013 et ils veulent revivre l'anniversaire de leur rencontre de façon intense. Ce sont deux octogénaires plein de vie et d'amour, mais cela ne leur évite ni le Viagra pour lui, ni la lingerie coquine pour elle. Milosewski donne une description de la vieillesse très juste et pleine d'humour : « C'est ce qu'il se disait en accomplissant sa toilette matinale qui, ces derniers temps, se rapprochait de la vérification point par point de la check-list du décollage d'une navette spatiale. Uriner – une seule minute. Ah, vraiment, il était rempli de fierté à l'idée qu'à son âge, la prostate lui causait si peu de soucis ; il était persuadé qu'il fallait mettre cette prouesse au crédit de ses rapports sexuels réguliers et de la masturbation qui, dans son cas, l'était encore davantage. La douche – prise. Les dents – brossées. Les fausses dents – extraites du boîtier, lavées, réajustées. La bouche – rincée L'appareil auditif – mis. Il n'en avait pas véritablement besoin, mais ne voulait pas passer pour ce vieillard irritant réclamant sans cesse qu'on lui répétât des phrases. Les yeux – gouttes versées. La crème à paupières – appliquée. Les cheveux – peignés, légèrement aspergés de spray. La barbe et la moustache – taillées. Les lunettes – essuyées. Les genouillères stabilisatrices – enfilées avec moult geignements et difficultés.» Le lendemain au réveil : surprise ! Ludwik et Grazyna se retrouvent dans le Varsovie de 1963, dans leur corps de jeunes gens, mais avec l'expérience de deux octogénaires qui ont vécus la guerre, l'occupation allemande, le régime communiste et la chute du mur. Autant dire qu'ils sont vaccinés contre toutes les idéologies que le monde a connu au XXème siècle, et qu'ils ont subis. Mais voilà, la Varsovie de 1963 dans laquelle ils se retrouvent n'est pas celle qu'ils ont connue. Les mêmes événements ont eu lieu, la guerre notamment, mais leurs conséquences diffèrent. L'URSS n'a pas imposé sa loi à un bloc de l'Est incluant la Pologne. Celle-ci est dirigée par une Union France Allemagne qui veut l'amarrer à l'Europe Occidentale et une Union Slave dans laquelle se retrouve le Communiste Gierek et le Général Jaruzelski lutte pour une Pologne indépendante attachée à ses valeurs traditionnelles. Très vite, Ludwik et Grazyna sont confrontés à des contraintes dont ils ignorent tout. La francisation du pays, le rôle joué par l'armée polonaise dans la guerre d'Algérie et d'autres tout à l'avenant les laissent rêveurs. Ils se retiennent pour ne pas divulguer leurs connaissances de sujets qui n'ont pas encore été abordés par la société de 1963. Ils jouent le jeu, mais étonnent leurs amis, ou parfois les choquent. de plus dans ce Varsovie-là, ils ne sont pas encore mariés. Le tout est traité avec humour, comme cette scène au restaurant : «On leur apporta leurs plats : un tajine aux légumes et un couscous aux saucisses d'agneau. « La Maisonnette blanche » s'avéra une interprétation polonaise du nom Casablanca et on y servait, comme l'annonçait l'enseigne, une «cuisine des pays du Maghreb», ce qui combla Ludwik parce qu'il adorait les mets épicés, or, précisément dans les années où une nourriture relevée avait fait son entrée en Pologne, son gastro-entérologue lui avait interdit de s'en approcher. - Merci, Ahmed, ça semble délicieux, comme toujours, dit Iwona dans un français impeccable. Elle sourit à l'homme qui les avait servis et donnait l'impression d'être le propriétaire de l'établissement. - C'est moi qui vous remercie, répondit-il en polonais, mais avec un fort accent français. Vous être toujours très gentille, chère madame. Moi je préparer la nouveauté à goûter de ça Turquie. Doneh kebab, viande du mouton grillé dans le pain. Nous aller vendre ça de la fenêtre dans la rue, comme chez nous. Ça être… Les mots lui manquaient. - le tube de l'été  ! précisa-t-il en revenant au français. - Un triomphe, Ahmed. Ou une prouesse. Mais ajoute peut-être quelque chose de polonais à ce plat pour que ça se vende ? - Une salade de chou peut-être ? lança Ludwik, sans parvenir à se retenir, songeant aux kebabs polonais du XXIème siècle. Ahmed grimaça. - du chou, mais cher monsieur… Soudain, il devint songeur. Ce n'est pas une idée mauvaise, qui sait. Vous être génial, cher monsieur ! Moi aller goûter ça.» Le roman se lit facilement et sous ses airs de ne pas y toucher traite de sujets contemporains. Dans cette nouvelle réalité de 1963, Ludwik et Grazyna font face à une famille et à des amis engagés dans leur époque comme ils l'étaient eux-même et ne le sont plus. En confrontant les deux réalités vécues par Ludwik et Grazyna, l'auteur revient à l'un de ses sujets de prédilection, l'évolution de la société polonaise et le divorce progressif entre des citoyens qui bénéficient des progrès du capitalisme triomphant dans le pays et ceux qui en sont exclus. A la façon d'un Montesquieu ou d'un Voltaire il nous livre un conte philosophique où cette société imaginaire est en fait pour lui un moyen de critiquer sans le faire directement les travers de nos sociétés, comme l'immigration, mais aussi les tromperies de la démocratie. A lire assurément. Zygmunt MilosZewski n'a pas fini de nous étonner.
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  • Bookliseuse Posté le 8 Octobre 2019
    Année 2013, Ludwik 83 ans, et son épouse Grazyna 78 ans, s’apprêtent à fêter les 50 ans du jour où ils ont fait l’amour pour la première fois. Ludwik décrit parfaitement son corps qui le lâche petit à petit, ce corps qui n’est plus de première jeunesse, expliquant avec beaucoup d’humour les petits tracas de la vie quotidienne que subit celui-ci. Grazyna, quant à elle, a du mal à accepter que son mari soit devenu si “vieux”, la routine ayant tué en quelque sorte cet amour qu’elle ressentait pour lui, lui renvoyant constamment l’image de sa propre vieillesse. Après cette nuit, sortant de leur routine, ils se réveillent en 1963, ayant 50 ans de moins, et après leur première nuit d’amour. Très vite, ils s’aperçoivent que tout a changé, Ludwik est toujours marié avec Iwona. Et bien qu’ils habitent toujours en Pologne, celle-ci n’est pas celle qu’ils ont connue, l’histoire du pays, et du monde n’est pas la même. Chacun de leur côté, ils décident, à leur manière, de profiter de cette deuxième jeunesse, pour essayer de faire mieux, avec les informations qu’ils ont de leur époque, sauf qu’ils oublient qu’ils sont dans une autre Pologne et que par ce fait, les mentalités, ne sont... Année 2013, Ludwik 83 ans, et son épouse Grazyna 78 ans, s’apprêtent à fêter les 50 ans du jour où ils ont fait l’amour pour la première fois. Ludwik décrit parfaitement son corps qui le lâche petit à petit, ce corps qui n’est plus de première jeunesse, expliquant avec beaucoup d’humour les petits tracas de la vie quotidienne que subit celui-ci. Grazyna, quant à elle, a du mal à accepter que son mari soit devenu si “vieux”, la routine ayant tué en quelque sorte cet amour qu’elle ressentait pour lui, lui renvoyant constamment l’image de sa propre vieillesse. Après cette nuit, sortant de leur routine, ils se réveillent en 1963, ayant 50 ans de moins, et après leur première nuit d’amour. Très vite, ils s’aperçoivent que tout a changé, Ludwik est toujours marié avec Iwona. Et bien qu’ils habitent toujours en Pologne, celle-ci n’est pas celle qu’ils ont connue, l’histoire du pays, et du monde n’est pas la même. Chacun de leur côté, ils décident, à leur manière, de profiter de cette deuxième jeunesse, pour essayer de faire mieux, avec les informations qu’ils ont de leur époque, sauf qu’ils oublient qu’ils sont dans une autre Pologne et que par ce fait, les mentalités, ne sont pas les mêmes. Un livre bourré d’humour, qui aborde des sujets sérieux, tel que la vieillesse, et les tracas que cela peut entraîner, avec tendresse et humour. L’auteur décrit avec justesse, les regrets que l’on peut ressentir par rapport à des choix que l’on a fait dans le passé, et combien on aimerait avoir une deuxième chance pour tout recommencer. Avec de nombreux détails, il nous décrit la vie en Pologne dans ce monde qui n’existe pas, peut être trop de détails justement, j’ai parfois eu du mal à rester accrochée à cette lecture et du poser ce roman à maintes reprises pour pourvoir me replonger correctement dedans.
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  • Bill Posté le 30 Septembre 2019
    Alors qu'ils viennent tout juste de fêter leurs 50 ans de vie commune, à Varsovie en 2013,  Grazyna et Ludwik se retrouvent brutalement replongés en 1963, au moment où ils se sont réveillés ensemble pour la première fois !  Ils redécouvrent leurs corps rajeunis et en pleine forme ... au moment où débarque Iwona la première épouse de Ludwik ! Tout irait presque bien dans le meilleur des mondes de leurs jeunesse ... si le passé n'avait pas été modifié ! Le "bloc de l'est " de leur passé n'existe plus, la Pologne a d'autres alliés politiques et leur ville ne ressemble ni à la Varsovie de leur passé ni à celle de leur 2013 !  Bref ... ils vont devoir s'adapter , découvrir dans quel monde ils vivent, quel est exactement l'emploi de Grazyna, quels sont leurs amis et leurs opinions politiques ... Tenter de recréer leur passé commun ne sera pas si facile ... Un roman qui m'a largement déroutée en raison de ma méconnaissance tant de l'histoire polonaise que de la géographie de Varsovie, et je me suis sentie un peu perdue dans les multiples descriptions de l'auteur. Mais j'ai apprécié la manière dont a été traité ce retour dans le passé si... Alors qu'ils viennent tout juste de fêter leurs 50 ans de vie commune, à Varsovie en 2013,  Grazyna et Ludwik se retrouvent brutalement replongés en 1963, au moment où ils se sont réveillés ensemble pour la première fois !  Ils redécouvrent leurs corps rajeunis et en pleine forme ... au moment où débarque Iwona la première épouse de Ludwik ! Tout irait presque bien dans le meilleur des mondes de leurs jeunesse ... si le passé n'avait pas été modifié ! Le "bloc de l'est " de leur passé n'existe plus, la Pologne a d'autres alliés politiques et leur ville ne ressemble ni à la Varsovie de leur passé ni à celle de leur 2013 !  Bref ... ils vont devoir s'adapter , découvrir dans quel monde ils vivent, quel est exactement l'emploi de Grazyna, quels sont leurs amis et leurs opinions politiques ... Tenter de recréer leur passé commun ne sera pas si facile ... Un roman qui m'a largement déroutée en raison de ma méconnaissance tant de l'histoire polonaise que de la géographie de Varsovie, et je me suis sentie un peu perdue dans les multiples descriptions de l'auteur. Mais j'ai apprécié la manière dont a été traité ce retour dans le passé si différent de celui de Marty Mcfly, dans ce roman où la question de 'refaire l'enfant' est assez prégnante.  J'ai été amusée par la tentative de Zygmunt de produire (trop tôt) les best-sellers des années 2000, par ses essais de paris sportifs ... Bref, un roman inégal mais un roman qui m'a plongée dans cette autre version de l'Europe des années 60 !  Rafraichissant  Merci à Babelio et à Fleuve Edittions pour m'avoir adressé ce roman lors de la dernière opération Masse Critique :) 
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  • SagnesSy Posté le 4 Septembre 2019
    Disons le tout net : ce roman n’est pas sans défauts, je l’ai pourtant a-do-ré ! On y rencontre Grazyna et Ludwik à Varsovie au moment de l’anniversaire de ce dernier, il va fêter (à leur manière…) ses quatre-vingt trois ans. Grazyna n’a encore, elle, que soixante-seize ans. Ayant accès à leurs pensées intimes, on voit bien qu’ils ne sont pas autant sur la même longueur d’onde que lui en tout cas semble le penser. Tout à coup (et on ne saura jamais ni pourquoi ni comment) ils se réveillent cinquante ans plus tôt, dans une Pologne colonisée par la France. Rien n’est pareil et eux, surtout, ont leur âge réel dans des corps d’une trentaine d’années… Zygmunt Miloszewski s’amuse beaucoup dans ce roman, et c’est extrêmement communicatif. Il mélange les genres et on a droit à une comédie romantique teintée de SF (avec mon sous-genre préféré, le voyage dans le temps !) sous-tendue par une uchronie permettant de délivrer un solide message politique, le tout nimbé d’observation sociale avec un très amusant jeu de traductions. On y est à fond, tout à tour ému, secoué de gloussements, mal-à-l’aise, mais toujours fermement accroché et intéressé. Ça aide si on connait un peu... Disons le tout net : ce roman n’est pas sans défauts, je l’ai pourtant a-do-ré ! On y rencontre Grazyna et Ludwik à Varsovie au moment de l’anniversaire de ce dernier, il va fêter (à leur manière…) ses quatre-vingt trois ans. Grazyna n’a encore, elle, que soixante-seize ans. Ayant accès à leurs pensées intimes, on voit bien qu’ils ne sont pas autant sur la même longueur d’onde que lui en tout cas semble le penser. Tout à coup (et on ne saura jamais ni pourquoi ni comment) ils se réveillent cinquante ans plus tôt, dans une Pologne colonisée par la France. Rien n’est pareil et eux, surtout, ont leur âge réel dans des corps d’une trentaine d’années… Zygmunt Miloszewski s’amuse beaucoup dans ce roman, et c’est extrêmement communicatif. Il mélange les genres et on a droit à une comédie romantique teintée de SF (avec mon sous-genre préféré, le voyage dans le temps !) sous-tendue par une uchronie permettant de délivrer un solide message politique, le tout nimbé d’observation sociale avec un très amusant jeu de traductions. On y est à fond, tout à tour ému, secoué de gloussements, mal-à-l’aise, mais toujours fermement accroché et intéressé. Ça aide si on connait un peu l’histoire de la Pologne mais ce n’est pas un préalable nécessaire, et on n’en revient pas de la manière si franche dont les sujets dérangeants sont abordés. Il faut voir Ludwik tentant par tous les moyens d’utiliser sa connaissance du futur (mais de « son » futur, qui n’est pas celui de la Pologne où ils se retrouvent…) pour se faire de l’argent ou Grazyna lutter à sa manière contre le sexisme forcené des années 60. C’est très, très drôle et on aurait bien aimé un tout petit peu de notes de bas de page pour quelques points qu’on ne comprend pas toujours (je pense par exemple au passage du restaurant avec les deux visiteurs français). « Bon, je vais être honnête avec vous. – Je n’espère rien d’autre. – Vraiment ? Ça serait une première dans le milieu des belles lettres polonaises. Ce que vous proposez, monsieur, c’est de la mauvaise littérature, vous vous en rendez certainement compte, un orphelin magicien à la Dickens, un Hitler armé d’une baguette magique, un cadavre dans une mare de sang au pied de « La dame à l’hermine » de Vinci et la petite-fille de Jésus qui couche avec un scientifique de Cracovie peu dégourdi. C’est ignoble, mais puisque je dois être honnête, alors je dois avouer que ça recèle aussi une sorte de potentiel pervers de littérature de gare, à condition qu’on aime les voyages dans les wagons à bestiaux, j’entends. Le pire cependant, c’est que vous ne savez pas écrire. – Vous n’êtes pas très sympathique. »
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