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            Jeu blanc

            10/18
            EAN : 9782264072900
            Code sériel : 5400
            Façonnage normé : POCHE
            Nombre de pages : 264
            Format : 108 x 177 mm
            Jeu blanc

            Date de parution : 03/01/2019
            Le poignant récit initiatique d’un garçon amérindien dans un Canada discriminatoire.
            Cloîtré dans un centre de désintoxication, Saul Indian Horse a décidé de raconter son histoire : son enfance au cœur du Canada, rythmée par les légendes ojibwées, la récolte du riz et la pêche ; son exil à huit ans avec sa grand-mère, suite à un hiver particulièrement dur ;... Cloîtré dans un centre de désintoxication, Saul Indian Horse a décidé de raconter son histoire : son enfance au cœur du Canada, rythmée par les légendes ojibwées, la récolte du riz et la pêche ; son exil à huit ans avec sa grand-mère, suite à un hiver particulièrement dur ; son adolescence, passée dans un internat où des Blancs se sont efforcés d’effacer en lui toute trace d’indianité. C’est pourtant au cœur de cet enfer que Saul trouve son salut, grâce au hockey sur glace. Joueur surdoué, il entame une carrière parmi les meilleurs du pays. Mais c’est sans compter le racisme qui règne dans le Canada des années 1970, même au sein du sport national.
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            EAN : 9782264072900
            Code sériel : 5400
            Façonnage normé : POCHE
            Nombre de pages : 264
            Format : 108 x 177 mm
            10/18
            7.50 €
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            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • fannyvincent Posté le 9 Août 2019
              Second livre de Richard Wagamese que je lis cette année, quelques mois après « les étoiles s’éteignent à l’aube »… Voici une histoire bouleversante, celle de Saul Indian Horse, indien ojibwé, qu’il nous conte lui-même depuis le centre de désintoxication où il se trouve. Une histoire jalonnée de moments poignants, comme lorsque, tout petit, il affronte un froid terrible avec sa grand-mère, dont cette dernière, admirable de courage, ne réchappera malheureusement pas. Placé dans une institution, il va y subir une terrible éducation, destinée à extirper toute trace indienne en lui. Seul le hockey représentera alors une échappatoire pour Saul, d’autant qu’il y excelle, gravissant rapidement les échelons jusqu’à avoir sa chance au plus haut niveau. Mais le monde du hockey n’est pas épargné par le racisme. Saul va finir par abandonner, sa vie partant alors à la dérive. Jusqu’à ce que d’abjects détails refoulés finissent par surgir, suscitant stupéfaction et dégoût… Comment ne pas être ému par le parcours de Saul, ce sentiment d’une vie vécue beaucoup trop rapidement, cabossée par la méchanceté, la bêtise et la perversité ? D’autant que Saul n’est finalement qu’un exemple parmi tant d’autres. Des générations entières d’enfants ainsi arrachés à leur famille, leur culture, leur... Second livre de Richard Wagamese que je lis cette année, quelques mois après « les étoiles s’éteignent à l’aube »… Voici une histoire bouleversante, celle de Saul Indian Horse, indien ojibwé, qu’il nous conte lui-même depuis le centre de désintoxication où il se trouve. Une histoire jalonnée de moments poignants, comme lorsque, tout petit, il affronte un froid terrible avec sa grand-mère, dont cette dernière, admirable de courage, ne réchappera malheureusement pas. Placé dans une institution, il va y subir une terrible éducation, destinée à extirper toute trace indienne en lui. Seul le hockey représentera alors une échappatoire pour Saul, d’autant qu’il y excelle, gravissant rapidement les échelons jusqu’à avoir sa chance au plus haut niveau. Mais le monde du hockey n’est pas épargné par le racisme. Saul va finir par abandonner, sa vie partant alors à la dérive. Jusqu’à ce que d’abjects détails refoulés finissent par surgir, suscitant stupéfaction et dégoût… Comment ne pas être ému par le parcours de Saul, ce sentiment d’une vie vécue beaucoup trop rapidement, cabossée par la méchanceté, la bêtise et la perversité ? D’autant que Saul n’est finalement qu’un exemple parmi tant d’autres. Des générations entières d’enfants ainsi arrachés à leur famille, leur culture, leur lieu de vie. Subissant cruauté et humiliation, et même bien pire. Ceux qui arriveront à s’en sortir malgré tout (tous n’y parviendront pas…), à se reconstruire, devront encore ensuite faire face à d’autres épreuves, et notamment le racisme. Tout ceci est triste et révoltant, et donne le sentiment d’immense gâchis. Un récit parfois dur, mais tellement fort et émouvant, où le talent de conteur de Richard Wagamese se révèle une nouvelle fois…
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            • cecilestmartin Posté le 9 Août 2019
              Un coup de cœur énorme pour ce roman, qui s’il n'est pas autobiographique, s'inspire apparemment de la vie de l’auteur. Saul Indian Horse est un jeune indien, de la tribu des Ojibwés. Sa grand-mère tente de perpétuer un mode de vie traditionnel alors que la société canadienne enlève un à un ses petits enfants pour les scolariser et que ses propres enfants sont écartelés entre les deux mondes. Avec elle, Saul apprend la nature, les rites et l’histoire de sa famille, la survie dans un milieu hostile. Aimé et éduqué par cette grand-mère qui semble indéboulonnable, il surmonte les obstacles de l’hiver alors que ses parents les ont abandonnés en pleine forêt. Mais le froid est le plus fort et la grand-mère ne survit pas à la longue marche et à la morsure du gel. A son décès, Saul est placé dans une institution religieuse. Les indiens, comme d’autres peuples autochtones de par le monde, ont aussi eu à subir cette christianisation forcée, ces sévices perpétrés au nom d’un dieu, cette volonté d’annihiler toute culture considérée comme païenne. Saul décrit une violence ordinaire, le viol, la privation, l’horreur d’un quotidien qui n’inflige que corrections et rend fou. L’arrivée d’un... Un coup de cœur énorme pour ce roman, qui s’il n'est pas autobiographique, s'inspire apparemment de la vie de l’auteur. Saul Indian Horse est un jeune indien, de la tribu des Ojibwés. Sa grand-mère tente de perpétuer un mode de vie traditionnel alors que la société canadienne enlève un à un ses petits enfants pour les scolariser et que ses propres enfants sont écartelés entre les deux mondes. Avec elle, Saul apprend la nature, les rites et l’histoire de sa famille, la survie dans un milieu hostile. Aimé et éduqué par cette grand-mère qui semble indéboulonnable, il surmonte les obstacles de l’hiver alors que ses parents les ont abandonnés en pleine forêt. Mais le froid est le plus fort et la grand-mère ne survit pas à la longue marche et à la morsure du gel. A son décès, Saul est placé dans une institution religieuse. Les indiens, comme d’autres peuples autochtones de par le monde, ont aussi eu à subir cette christianisation forcée, ces sévices perpétrés au nom d’un dieu, cette volonté d’annihiler toute culture considérée comme païenne. Saul décrit une violence ordinaire, le viol, la privation, l’horreur d’un quotidien qui n’inflige que corrections et rend fou. L’arrivée d’un jeune prêtre, et avec lui la pratique du hockey, va bousculer cette existence mortifère et Saul va trouver un nouveau sens à sa vie. L’entraînement, l’effort, la performance, l’apprentissage d’une technicité - toutes choses qui vont l’aider à se construire et à se dépasser. On sent la résilience proche (je déteste cette notion/concept mais c’est un peu de cela qu’il s’agit). Je ne connais rien au hockey mais les nombreuses pages qui décrivent matchs et entraînements ne m’ont pas rebutée tant le style de l’auteur est fluide, aérien et que les valeurs sportives exaltées ici sont nobles. L’effort, l’équipe, la chaleur du vestiaire et des retours en camionnette le week-end après les tournois - le dépassement de soi avec la constante préoccupation de l’unité du collectif sont extrêmement bien traités. Saul est bien vite repéré par les blancs : prodige, très talentueux, un avenir en ligue nationale lui est proposé. Il résiste, ne veut pas quitter la famille Kelly qui lui a offert dignité et affection : les tournois tribaux lui suffisent. Mais tout le peuple indien est là qui attend qu’il porte haut ses couleurs et Saul cède et part à Toronto... où l’on découvre le racisme ordinaire, ses qualités sportives (et humaines) ne suffisent pas : il reste l’indien. Essentialisé, sans cesse ramené à ses origines, cible de violences physiques et verbales lors de tous les matchs - on est au Canada dans les années 70 - Saul va se perdre... Ce long récit se lit d’une traite, l’émotion est là derrière chaque page, on souffre pour Saul car jusque dans les derniers chapitres la violence de ce qu’il a à affronter est rien moins qu’insupportable. Ode à la nature et à la culture indienne, dénonciation au combien actuelle des violences religieuses, évocation sans fard du racisme dans le sport (c’est également d’actualité) - c’est un roman magnifique à ne pas louper, un des meilleurs lus ces derniers mois. Merci une nouvelle fois à ma bibliothécaire - dit-on assez comme elles ou ils sont précieux ? - qui m’a mis ce roman dans les mains 😊.
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            • mesechappeeslivresques Posté le 15 Juillet 2019
              Un centre de soins pour alcooliques. Des mots couchés sur le papier pour tenter de panser des cicatrices, mettre en lumière un passé douloureux. Saul Indian Horse a été élevé dans la pure tradition de son clan, des indiens Ojibwé. Une enfance au cœur de la nature entourée par sa famille et de multiples légendes. Tout bascule à l'âge de huit ans suite à des événements dramatiques. Le jeune garçon est  alors interné dans un pensionnat religieux. Un pensionnat pour indiens où l'on endure le pire, où les enfants sont brisés, où l'on veut à tout prix gommer leur identité. Face aux humiliations, à la violence, Saul devra sa survie à la patinoire du pensionnat. Il s'initie au hockey et le don qu'il possède pour ce sport sera sa porte de sortie. Mais Saul est différent. C'est un indien. Et, dans les années 60-70 au Canada, le hockey est un jeu réservé aux blancs.   Il était temps pour moi de découvrir enfin la magnifique plume de Richard Wagamese avec ce récit poignant qui aborde un sujet difficile pour lequel j'ignorais tout jusqu'alors. Car ces pensionnats indiens ne relèvent malheureusement pas de la fiction et avaient pour principal objectif d'assimiler les enfants autochtones par le... Un centre de soins pour alcooliques. Des mots couchés sur le papier pour tenter de panser des cicatrices, mettre en lumière un passé douloureux. Saul Indian Horse a été élevé dans la pure tradition de son clan, des indiens Ojibwé. Une enfance au cœur de la nature entourée par sa famille et de multiples légendes. Tout bascule à l'âge de huit ans suite à des événements dramatiques. Le jeune garçon est  alors interné dans un pensionnat religieux. Un pensionnat pour indiens où l'on endure le pire, où les enfants sont brisés, où l'on veut à tout prix gommer leur identité. Face aux humiliations, à la violence, Saul devra sa survie à la patinoire du pensionnat. Il s'initie au hockey et le don qu'il possède pour ce sport sera sa porte de sortie. Mais Saul est différent. C'est un indien. Et, dans les années 60-70 au Canada, le hockey est un jeu réservé aux blancs.   Il était temps pour moi de découvrir enfin la magnifique plume de Richard Wagamese avec ce récit poignant qui aborde un sujet difficile pour lequel j'ignorais tout jusqu'alors. Car ces pensionnats indiens ne relèvent malheureusement pas de la fiction et avaient pour principal objectif d'assimiler les enfants autochtones par le biais de méthodes cruelles, inhumaines. Quant aux descriptions de parties de hockey, elles sont passionnantes, et pourtant je suis loin d'être une adepte de ce sport. On assiste également, révolté, au racisme qui sévit sur les patinoires à cette époque, un sport où Saul ne trouvera pas sa place.     Un roman fort et important qui met en avant une part sombre de l'Histoire du Canada. À travers le destin bouleversant de cet amérindien, on découvre les souffrances de tout un peuple. Une lecture percutante, qui me marquera longtemps.
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            • maevedefrance Posté le 7 Juillet 2019
              Je vais commencer par une petite présentation de l’auteur : Richard Wagamese est canadien et amérindien né en 1955 en Ontario. Il a été journaliste, mais aussi producteur à la radio et à la télévision. Il est le premier amérindien a obtenir un prix de journalisme. C’est absolument par hasard que j’ai découvert ce livre, au détour d’une déambulation livresque, en septembre dernier. Jeu blanc est son 2e roman, sorti au Canada en 2012 et traduit en français aux éditions Zoé en 2017. Il est fortement inspiré de sa propre histoire. Son premier roman, Les étoiles s’éteignent à l’aube est paru et disponible également chez 10/18. Je viens de le commander car il n’était pas en stock chez le libraire. Un troisième roman sortira à la rentrée littéraire (merci à L’atelier de Ramette de me l’avoir signalé !), posthume. En effet, Richard Wagamese est décédé en 2017 en Colombie Britannique, ce que j’ignorais jusque-là. Il a écrit 13 romans ! Trop peu son encore disponibles en français ! Mais qu’est-ce qu’on attend ? Cet auteur appartient à la nation des Ojiwbé, ceux du nord ouest de l’Ontario, province limitrophe du Québec mais aussi de celle du Manitoba. Je vous renvoie pour plus... Je vais commencer par une petite présentation de l’auteur : Richard Wagamese est canadien et amérindien né en 1955 en Ontario. Il a été journaliste, mais aussi producteur à la radio et à la télévision. Il est le premier amérindien a obtenir un prix de journalisme. C’est absolument par hasard que j’ai découvert ce livre, au détour d’une déambulation livresque, en septembre dernier. Jeu blanc est son 2e roman, sorti au Canada en 2012 et traduit en français aux éditions Zoé en 2017. Il est fortement inspiré de sa propre histoire. Son premier roman, Les étoiles s’éteignent à l’aube est paru et disponible également chez 10/18. Je viens de le commander car il n’était pas en stock chez le libraire. Un troisième roman sortira à la rentrée littéraire (merci à L’atelier de Ramette de me l’avoir signalé !), posthume. En effet, Richard Wagamese est décédé en 2017 en Colombie Britannique, ce que j’ignorais jusque-là. Il a écrit 13 romans ! Trop peu son encore disponibles en français ! Mais qu’est-ce qu’on attend ? Cet auteur appartient à la nation des Ojiwbé, ceux du nord ouest de l’Ontario, province limitrophe du Québec mais aussi de celle du Manitoba. Je vous renvoie pour plus de détails sur le wikipédia en anglais consacré à Richard Wagamese ICI . Ceux qui me suivent depuis longtemps, savent que je ne suis pas insensible à la question amérindienne. Que trop peu d’auteurs arrivent jusqu’à nous, deviennent « visibles » parmi les forêts de livres, pas du tout mis en avant, d’une manière générale (à part les très connus comme Joseph Boyden ou Louise Erdrich – pour cette dernière, je crois que ma dernière tentative m’a fait tomber le livre des mains ; pour le premier, je viens d’acheter celui qui me paraît le meilleur pour une première approche : Les saisons de la solitude. Je l’avais écouté et découvert au Festival America de 2016 où des auteurs amérindiens sont à chaque fois invités. Revenons à Jeu blanc. 4e de couverture : « Il faut que Saul Indian Horse raconte son histoire, qu’il se remémore son enfance dans les montagnes du Canada, bercée par les légendes et les traditions ojibwées ; son exil à huit ans avec sa grand-mère ; son adolescence, passée dans un internat où les Blancs se sont efforcés d’effacer en lui toute trace d’indianité. C’est pourtant au coeur de cet enfer que Saul trouve son salut, grâce au hockey sur glace. Joueur surdoué, il entame une carrière parmi les meilleurs du pays. Mais c’est sans compter le racisme qui règne dans le Canda des années 1970, même au sein du sport national. » La famille de Saul est issue « du Clan des Poissons des Ojibwés du Nord, les Anishinabés« . « Nous avons élu domicile sur les territoires bordant la rivière Winnipeg, là où elle s’élargit avant d’entrer dans le Manitoba (…). On dit que nos pommettes ont été taillées dans ces chaînes granitiques qui s’élèvent au-dessus de notre patrie. On dit que le brun profond de nos yeux a suinté de la terre féconde autour des lacs et des marécages. Les Anciens disent que nos longs cheveux raides viennent des herbes ondulantes qui tapissent les rives des baies. » La plume minérale de Richard Wagamese dans la première partie du roman vous immerge dans la nation Ojiwbée et leur malheur. Nous sommes en 1957 et c’est d’autant plus choquant de voir qu’à cette époque, les « Zhaunagush », c’est-à-dire les Blancs, viennent encore s’en prendre aux Amérindiens ! Je faisais des bons sur mon siège, en lisant qu’ils venaient enlever les enfants, les arracher à leur tribu pour les embarquer de force dans des écoles qui visaient à les couper de leur culture, à les lobotomiser à coups de mauvais traitements, de sévices effroyables, où les morts ne se comptent pas sur les doigts d’une main. Je me suis un peu renseignée : il a fallu attendre 2015 pour que le 1er Ministre canadien, Justin Trudeau, soit le premier à présenter ses excuses aux nations amérindiennes pour le sort réservé aux leurs dans ces écoles qui n’étaient autre que des camps de concentration, finalement. Je ne pense pas que ce soit trop fort de le dire. Ces écoles sont dénoncées en partie Jeu Blanc, quand Benjamin, le frère aîné de Saul, est enlevé à sa famille, se sauve, et sort un jour de la forêt, couverts de piqûres d’insectes mais surtout avec la tuberculose, qui lui sera fatale. Puis, ce sera le tour de Saul. Quelque chose d’imprévu va le sauver : sa découverte du hockey sur glace, grâce à un homme d’église qui a priori a l’air un peu plus humain que tous les sadiques qui sévissent dans cette école. Le hockey deviendra son échappatoire. Mais on va apprendre une vérité tue à la fin du roman . Même sorti de cette école, Saul va découvrir le racisme qui règne dans le milieu du hockey sur glace. Il finit par fuir le milieu : il s’achète une guimbarde et trace la route, et retourne là où tout a commencé : le lac de Gods. Richard Wagamese n’hésite pas à rappeler tous les méfaits qui ont découlé du contact des Ojibwés avec les Blancs, : ce sont eux qui ont apporté l’alcoolisme, avec le whiskey, « la boisson des Zhaunagush » par excellence. « Mes deux parents s’étaient mis à consommer la boisson des Zhaunagush ». Pourtant ces mêmes Zhaunagush ont bien été contents de trouver des Ojibwés, devenus ceux qui exécutaient les travaux qu’aucun blanc ne voulait ou n’était capable de faire. « Nous suivions le whiskey jusqu’au camp provoisoire des sang mêlés qui se rassemblaient sur les terres abandonnées autour des villes d’industrie du sciage, dans l’attente de petits travaux qu’on voulait bien leur concéder. Du travail d’Indien. C’est ainsi que les gens des moulins à papier l’appelaient. » Ces Ojibwés sont devenus « les gens du bois-brisé » Le malheur de la nation objiwbé est dénoncé, entre autres, par la beauté de la mystique indienne qui habite Richard Wagamese et vous enchante, grâce au personnage de la grand-mère de Saul, dernière survivante de la tradition des Anciens, tradition qu’elle inculque à son petit-fils, pendant que la mère se laisse emporter par la dépression. « Nous partîmes à la pagaie jusqu’au lac de Gods, au plus profond de la forêt. Grand-mère connaissait la contrée et elle nous guida (…) ». Elle raconte l’histoire du lieu où ils vont, explique pourquoi ce lieu est le leur. C’est un pur enchantement de lecture ! « Dans le temps d’autrefois, avant les Zhaunagush, un jour de la fin d’automne, un groupe de chasseurs partit en quête d’orignaux. (…) Ils prirent la même voie que celle que nous suivons, et ils n’avaient jamais vu une telle force dans la nature. Les rochers semblaient chanter pour eux. En ce temps-là, notre peuple s’en remettait à l’intuition – le grand pouvoir spirituel de la pensée -, et les chasseurs trouvèrent un portage en un endroit plat, pas très éloigné de là où nous sommes actuellement. Il conduisait à un pays entrecoupé de crêtes. Il était très difficile d’y marcher, mais ils suivirent un petit ruisseau qui s’écoulait dans une brèche jusqu’au moment où ils eurent l’impression que les terres se refermaient derrière eux comme le rabat d’un wigam. Ils sentaient la sérénité dans leurs os, et certains d’entre eux avaient peur. (…) Finalement, le ruisseau les conduisit à un lac caché. La berge était étroite et la courbure de la cuvette du lac était raide, à l’exception d’un section qui descendait en pente douce depuis une tourbière de mélèzes. (…) L’eau de ce lac était noire et calme, pourtant le silence qui les entourait les rendaient nerveux. Les chasseurs éprouvaient la sensation d’être surveillés depuis les arbres. (…) Alors qu’ils commençaient à décharger, les chasseurs entendirent des rires provenant des arbres et le roulement profond de voix s’exprimant dans la Langue ancestrale, la langue des origines, jamais parlée sauf pendant les cérémonies.(…) » Petit extrait 🙂 Un roman instructif, qui dénonce avec force le racisme, le génocide d’une nation par les Blancs, hier et aujourd’hui. Malgré la noirceur du sujet, c’est un roman qui n’est pas dénuée de poésie, d’esprit chamanique. Un bel hommage qui emporte le lecteur dans les temps immémoriaux de la Nature Mère. Seuls les passages consacrés aux techniques du hockey sur glace m’ont un peu ennuyée. Un auteur peu connu à lire, absolument !
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            • ArmelleAlx Posté le 1 Juillet 2019
              Le salut grâce au sport ? C'est ce qu'on espère pour Saul, quand il découvre le hockey sur glace dans lequel il excelle. On l'a suivi à partir de l'âge de six ans, on a appris comment et pourquoi il a dû quitter les montagnes de son enfance, et rejoindre un internat religieux dans lequel l'effacement de son passé indien est entrepris. Après tant d'épreuves et de douleurs on se réjouit que ce sport d'équipe permette à l'adolescent de démarrer une nouvelle vie. Pourtant ce n'est pas si simple. d'autres embûches attendent Saul, et le lecteur. Un roman très fort, digne et terrible. Gros coup au coeur. Découvert grâce à Léa du Picabo River Book Club.
            Lisez inspiré avec 10/18 !
            Voyagez hors des sentiers battus, loin d'une littérature conventionnelle et attendue…