Lisez! icon: Search engine
10/18
EAN : 9782264072900
Code sériel : 5400
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 264
Format : 108 x 177 mm

Jeu blanc

Christine RAGUET (Traducteur)
Date de parution : 03/01/2019
Le poignant récit initiatique d’un garçon amérindien dans un Canada discriminatoire.
Cloîtré dans un centre de désintoxication, Saul Indian Horse a décidé de raconter son histoire : son enfance au cœur du Canada, rythmée par les légendes ojibwées, la récolte du riz et la pêche ; son exil à huit ans avec sa grand-mère, suite à un hiver particulièrement dur ;... Cloîtré dans un centre de désintoxication, Saul Indian Horse a décidé de raconter son histoire : son enfance au cœur du Canada, rythmée par les légendes ojibwées, la récolte du riz et la pêche ; son exil à huit ans avec sa grand-mère, suite à un hiver particulièrement dur ; son adolescence, passée dans un internat où des Blancs se sont efforcés d’effacer en lui toute trace d’indianité. C’est pourtant au cœur de cet enfer que Saul trouve son salut, grâce au hockey sur glace. Joueur surdoué, il entame une carrière parmi les meilleurs du pays. Mais c’est sans compter le racisme qui règne dans le Canada des années 1970, même au sein du sport national.
Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782264072900
Code sériel : 5400
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 264
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • DavidG75 Posté le 13 Septembre 2020
    Je m'appelle Saul... Saul Indian Horse, de la tribu Ojibwé... Mon peuple vivait au coeur des forêts enneigées du Canada, quelque part entre les lacs Manitoba et Winnipeg... La terre était notre mémoire et les grands arbres étaient nos esprits... Nous avions appris à vivre avec la nature, à honorer la fertilité du sol qu'elle nous offrait l'été et à suivre le cours tranquille de la rivière lorsque le froid de l'hiver gelait les premières récoltes. Nous avions appris à respecter le loup et l'orignal, pour leurs chairs qui nous nourrissaient et pour leurs peaux qui nous réchauffaient. Nous avions appris à accueillir les âmes errantes de nos ancêtres. Les Anciens nous contaient les rites et légendes de la Mère Terre. Pour ne pas oublier, me disait Grand-Mère. Elle était de ceux chez qui les sillons de la vie profondément gravés sur leur peau forçaient l'écoute et le respect. Elle m'avait transmis le don de vision. Jusqu'à ce que l'homme blanc vienne me chercher. J'avais sept ans. Je m'appelle Saul, de la tribu Ojibwé. Et je me souviens... Je me souviens de ces heures matinales et de ces années passées à déblayer la neige, de la glace crissant sous les lames... Je m'appelle Saul... Saul Indian Horse, de la tribu Ojibwé... Mon peuple vivait au coeur des forêts enneigées du Canada, quelque part entre les lacs Manitoba et Winnipeg... La terre était notre mémoire et les grands arbres étaient nos esprits... Nous avions appris à vivre avec la nature, à honorer la fertilité du sol qu'elle nous offrait l'été et à suivre le cours tranquille de la rivière lorsque le froid de l'hiver gelait les premières récoltes. Nous avions appris à respecter le loup et l'orignal, pour leurs chairs qui nous nourrissaient et pour leurs peaux qui nous réchauffaient. Nous avions appris à accueillir les âmes errantes de nos ancêtres. Les Anciens nous contaient les rites et légendes de la Mère Terre. Pour ne pas oublier, me disait Grand-Mère. Elle était de ceux chez qui les sillons de la vie profondément gravés sur leur peau forçaient l'écoute et le respect. Elle m'avait transmis le don de vision. Jusqu'à ce que l'homme blanc vienne me chercher. J'avais sept ans. Je m'appelle Saul, de la tribu Ojibwé. Et je me souviens... Je me souviens de ces heures matinales et de ces années passées à déblayer la neige, de la glace crissant sous les lames de mes patins, de la crosse prolongeant naturellement ma main, de la musicalité du palet fendant l'air jusqu'aux filets adverses... Tel un danseur étoilé au milieu d'un ballet d'hockeyeurs, je leur imposais mes chorégraphies avec un sens inné du but et du jeu. Je me souviens aussi de ces hommes blancs. de leur jalousie à mon égard, des huées et des coups reçus. Je n'étais pas des leurs et ils n'étaient pas mon peuple. Ils me volèrent mon âme, évanouie dans les vapeurs d'alcool qui devinrent mon refuge, mon puits sans fond. Dont je devais m'extraire par le souvenir... « J'étais un miracle », me disait le Père Leboutillier au pensionnat de St. Jerome's Indian School . Nous étions jeunes... Nous étions innocents... Nous étions des fantômes sous les serres de vautours qui rôdaient. Au nom de Dieu... Je m'appelle Saul... Je me souviens... - - Un premier chapitre magistral pour se mettre dans l'ambiance immersive de ce roman ! Richard Wagamese entraîne son lecteur dans le Canada des années 60-70, durant lesquelles près de 20 000 enfants issus des Premières Nations furent enlevés à leurs familles et placés dans des pensionnats autochtones en vue de les « civiliser ». Plusieurs thèmes y sont abordés, comme la colonisation forcée des amérindiens et l'identification ethnique, l'insertion par le sport, les abus au sein des pensionnats autochtones... Un livre qui m'aura fait penser à Mission, Danse avec les Loups ou The Revenant pour l'imaginaire des paysages ou encore au splendide Sleepers pour cette sombre période au pensionnat. Une part importante du livre est consacrée à la pratique du hockey. Trop importante peut-être. Bien que j'apprécie beaucoup ce sport, je me suis parfois senti comme dans une longue traversée du Groenland en patins à roulettes, perdu quelque part entre une partie de NHL20 et un épisode de Tom et Olive. Une étoile de moins pour cette raison. Merci à toi, Patricia, pour ce beau cadeau et la découverte de ce roman !
    Lire la suite
    En lire moins
  • MarieNebot Posté le 15 Août 2020
    Bon roman et instructif sur le racisme contre les Indiens au Canada dans les années 1960/70 (odieux). J’ai beaucoup aimé. Dommage, car quelques longueurs sur les subtilités du hockey sur glace. Mais il ne faut pas se décourager. L’essentiel est ailleurs. Belle écriture
  • blandine5674 Posté le 9 Août 2020
    Merci à marina53 qui, de par sa critique, m’a donné envie de le lire. Le petit Saul est enlevé de sa famille indienne pour être placé en pensionnat, soit disant pour être scolarisé. Un institut aux mœurs cruels d’où il arrivera, pour un temps à en sortir moralement, grâce à la passion du hockey sur glace. Un roman fort, un petit bonhomme attachant et une bonne analyse et aide pour atténuer les blessures de l’enfance.
  • danielehoslet Posté le 21 Juin 2020
    Ceci n'est pas un résumé du livre ni une critique mais plutôt une réflexion. En ces temps où toute trace de colonialisme est diabolisée - souvent à juste titre- ne serait-il le moment également que les Etats Unis et le Canada se remettent en question face au sort qu'ils ont réservé aux Indiens. Jeu Blanc, roman quasi biographique, est un exemple criant. A tous ceux qui souhaitent s'insurger contre les pratiques odieuses des autorités canadiennes, en l'occurrence, je conseille la lecture de cet ouvrage édifiant. Pour découvrir l'histoire de Saul Indian Horse je vous laisse à cette lecture pour comprendre comment les Zhaunagush (les Blancs) effaçaient toute trace d'indianité chez de jeunes Ojibwés entre autre dans les années 1960 -1970. Le racisme des Blancs au Canada envers les Indiens est moins connu que celui qui règne aux USA mais il existe bel et bien : ségrégation, vexation, conversion religieuse... Pour ce qui est de l'histoire: Saul Indian Horse membre des Ojibwés pense trouver son salut dans la pratique du hockey, sport auquel il a été initié par un prêtre (protecteur) du pensionnat dans lequel il vit et pour lequel il s'est avéré surdoué. Certains passages sur le déroulement des compétition sont un... Ceci n'est pas un résumé du livre ni une critique mais plutôt une réflexion. En ces temps où toute trace de colonialisme est diabolisée - souvent à juste titre- ne serait-il le moment également que les Etats Unis et le Canada se remettent en question face au sort qu'ils ont réservé aux Indiens. Jeu Blanc, roman quasi biographique, est un exemple criant. A tous ceux qui souhaitent s'insurger contre les pratiques odieuses des autorités canadiennes, en l'occurrence, je conseille la lecture de cet ouvrage édifiant. Pour découvrir l'histoire de Saul Indian Horse je vous laisse à cette lecture pour comprendre comment les Zhaunagush (les Blancs) effaçaient toute trace d'indianité chez de jeunes Ojibwés entre autre dans les années 1960 -1970. Le racisme des Blancs au Canada envers les Indiens est moins connu que celui qui règne aux USA mais il existe bel et bien : ségrégation, vexation, conversion religieuse... Pour ce qui est de l'histoire: Saul Indian Horse membre des Ojibwés pense trouver son salut dans la pratique du hockey, sport auquel il a été initié par un prêtre (protecteur) du pensionnat dans lequel il vit et pour lequel il s'est avéré surdoué. Certains passages sur le déroulement des compétition sont un peu trop longs. Mais ce livre fait un grand écart entre le racisme envers les Indiens du Canada et les pratiques pédophiles du prêtre protecteur. Sous une plume qui semble aisée se cache des atrocités au détour d'une phrase. A vous de découvrir cet aspect de l'histoire du Canada. Je n'en dirai pas plus.
    Lire la suite
    En lire moins
  • ABclassics Posté le 17 Juin 2020
    Canada, années 60. Les jeunes Indiens continuent d'être volés à leur famille et envoyés dans des pensionnats pour leur faire connaître Dieu et son « amour ». Saul passe de la vie sauvage à cet espace clos, où la violence verbale et physique est quotidienne. Il réussit à échapper au quotidien en découvrant le hockey. Surdoué pour ce sport, il peut ainsi quitter ce lieu vers un monde plus clément. Mais le hockey est un jeu de blancs, et un Indien, même très doué, y trouve difficilement sa place. De déchéance en alcoolisme, son passé finit par le rattraper pour l'aider à guérir. Brut, poignant, pur.
Lisez inspiré avec 10/18 !
Voyagez hors des sentiers battus, loin d'une littérature conventionnelle et attendue…